Sylvain Fortier - Les projets Équiglobales

Carnet de Bord

11 février 2018

L'expérience Grecque

L'expérience Grecque

Il y a maintenant trois mois qui se sont écoulés depuis que nous sommes arrivés en Grèce. Nous avions remarqués un voilier sur l'Île de Leros. Mais quel désappointement. 

De retour dans la capitale, Athènes nous a semblée prise au dépourvue. Comme ses ruines de l'Acropole, abandonnée dans le temps... Les rues, les édifices et les infrastructures cruellement laissées à elles-mêmes, se détériorant au fil de l'eau qui s'écoule sur elles... comme un vieux rocher de calcaire ayant pris forme aux abords de la mer...
Parfois, j'ai tout de même vu des gens ramasser quelques déchets jonchés un peu partout... Ces derniers avaient pris place auparavant dans des mains non chalantes qui ne savaient trop quoi faire de ces bouteilles et sacs de plastique, de ces papiers, parfois même de ces vêtements, paquets de cigarettes, bout filtre, vous pouvez imaginer un peu de tout... Ne voyant pas les poubelles brisées, mises parfois sur le côté... et n'avaient d'autre idées et vibrations que de les laisser tomber sur le sol... Ma foi du bon Dieu... Nous voilà dans un pays de l'Europe africaine...
Comme décrit précédemment, le retour était prévu pour la mi-janvier. Nous étions d'autant plus confiant car dans le contrat de vente signé avec le broker il était inscrit que le processus transactionnelle sera terminé au plus tard le 31 décembre 2017...
Mais voilà, nous ne pouvons pas mettre la faute sur qui que ce soit. Nous avions commencé le processus pour obtenir le drapeau canadien à la fin décembre. Et en début janvier, nous avions toujours des délais dans le processus administratif pour sortir le voilier du registre grec. Plus le délai s'allongeait et plus les travaux sur le voilier prenaient de l'ampleur. Comme à tous mes lancements de traversée océanique, nous avions faits une liste des choses à faire qui changeait de forme et de longueur quotidiennement. À tous les quelques jours nous avions des nouvelles sur un renouvellement des délais administratifs. Parfois, il manquait des papiers et parfois il y avait une autre raison. Nous nous retrouvions dans une cavale des douze travaux d'Astérix. Nous développions notre patience au fur et à mesure que les mauvaises nouvelles nous arrivaient. J'étais capable d'occuper nos deux équipiers avec de nouveaux travaux à exécuter. Et ils étaient capables aussi de trouver de nouvelles choses à vérifier...capote de descente rigide

Après un mois de prolongation des délais administratif, nous commencions à trouver le jeu moins intéressant. À la fin janvier, nous avons décidé de se rendre au bureau du registraire grec des embarcations en présence de la notaire que nous avions engagé et du broker. Leur dernière demande avait été une preuve du registre canadien de l'entreprise de notre gîte remplis par le consulat Canadien à Ottawa et le consulat grec à Montréal! C'était pratiquement le dernier des douze travaux d'Astérix. Par chance nous avions le père de Lilas disponible pour ce genre de mission impossible à faire en trois jours... Réussie! Nous voulions aller porter ce document en main propre au registre grec des embarcations... Mais bien sûr, nous n'y avions pas pensé... Nous aurions dû le traduire en grec... La notaire devait aller le faire traduire par un homme de loi... Mais après dîner, les bureaux allaient être fermés. Ainsi, le délai était à chaque fois prolongé. Mais cette fois-ci disaient-ils ; c'est le dernier papier!
Nous avons eu le temps de faire une capote de descente rigide, si bien exécutée par notre maitre ébéniste ; Alan. Refaire à peu près toutes les connections électrique que nous pouvions avoir accès. Refaire une partie du panneau électrique, changer et rajouter certains appareils notamment ceux de communication.
La liste serait longue à énumérer. Mais au début février, je commençais à me rendre compte de ce que signifiait un voilier de charter. C'était un voilier pour faire des sous. Malgré qu'au premier coup d'oeil, nous pensions qu'il avait été traité avec soin ; en fait, il avait été considérablement négligé. La dernière trouvaille a été des champignons. Trouvés par une fin de semaine de pluie, l'eau s'infiltrait considérablement par le pont. Tant qu'à y être, je ne voulais pas partir dans ces conditions-là. Entre deux nuages, nous avons enlevé les panneaux de finition du plafond, les champignons, le bois pourri, le plastique qui cache le hublot de pont et analysé la situation. Après quelques allers-retours de l'intérieur au pont, le trou me sauta aux yeux! Un trou fait par une visse qui retenait le pare-soleil! J'avais mon voyage de terre. Ceux qui entretenait le voilier étaient assez négligeant qu'en changeant le pare-soleil avaient percé le pont avec une visse trop longue! Pendant des années l'eau s'est infiltrée. Ils se demandaient d'où l'eau venait et les champignons poussaient et jamais qu'ils ont investigué plus loin...
Cette situation résume bien l'état des choses en Grèce. Lorsque notre seul but est de faire de l'argent, il manque quelque chose d'essentiel. Il manque l'amour des choses. Le désir de vouloir bien faire les choses car elles le méritent. Cette discussion pourrait faire l'objet de tout un texte à elle seule. Je ne peux pas juger les gens ici, car je ne sais pas ce que c'est de vivre une crise économique nationale. Il y a eu beaucoup de suicide par la suite. Des gens ont tout perdu. Plusieurs bâtisses ont été abandonnées... C'est la désolation partout où nous marchons. Il est difficile de rencontrer des gens heureux et bien dans leur peau, très peu nous salue dans la rue. Et tous ceux qui ont pu nous arnaquer pour un travail quelconque ou en nous vendant quelque chose l'ont fait. Nous étions prisonniers de l'administration grecque. Plus le temps passait et plus nous trouvions des choses à faire... plus les dépenses s'enfilaient une après l'autre... On crée de l'économie locale!
Mais il n'y a pas eu que des bâtons dans les roues et nous avons appris beaucoup. Nous nous sommes faits des amis qui nous ont beaucoup aidés. Les gars de copy cat qui nous chargé à peu près la moitié des photocopies effectuées... Ce cher Augustino qui m'a prêté son vélo complètement les yeux fermés. Je l'ai rencontré sur internet et il m'a filé son vélo à une église sans me poser plus de question. Il organise une manifestation pacifique à vélo tous les mercredis. C'est avec lui que nous avons planté notre arbre en Grèce. Comme toutes les autres choses ici, ce parc manque considérablement d'amour. Nous y avons amené une petite graine.
Finalement, notre départ est prévu pour cette semaine. Nous avons reçu la radiation du registre des navires grec le 6 février et notre immatriculation canadienne le 7. Nous avions besoin de ce dernier papier afin d'obtenir une assurance nécessaire afin d'avoir droit au transit log afin de pouvoir avoir un voilier dans les eaux grecques. En fait, nous le remettrons juste avant notre départ. Quel sarcasme! Quelle aventure... Nous avons passé au travers encore une fois, mais ils ont bien failli venir au bout de ma patience.
Nous devrons retenir le positif de nos apprentissages et se souvenir des gens bien que nous avons rencontrées.
Et lorsque nous regardons au-delà de ce que la première apparence nous transmet à nos yeux. Il y a vraiment une belle architecture en dessous de ce que nous voyons et Patras est l'une des plus anciennes villes de la Grèce. Elle possède des églises vraiment remarquables.

Plafond de la Cathédrale



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Imprimé le : 20 juillet 2018