Sylvain Fortier - Les projets Équiglobales

Carnet de Bord

18 août 2014

Et voilà, la boucle est bouclée

Et voilà, la boucle est bouclée

Ça fait maintenant quelques fois que je vais en mer. La première en 2008. Et toujours, mon point de départ et d'arrivée a été aux Îles, à Havre-Aubert. Ça fait bien plus longtemps que je fréquente le coin. La première fois, nous l'avions fait sur le pouce en camping. Nous campions sur les plages, là où les Madelinots nous indiquaient les possibilités. Je crois qu'il y a 15 ou 16 ans de cela. Encore aujourd'hui, j'y arrive et j'ai toujours la même impression que rien n'a changé. Toujours la même simplicité des gens, cette humanité... J'ai encore une fois pris mon premier petit déjeuner depuis longtemps au Four à pain, avec la même serveuse dont je me souvenais. Seul sur ma table, quatre hommes sont entrés. Je suis donc allé m'informer à deux femmes qui étaient sur une table de 6 si je pouvais déjeuner avec elles et ainsi laisser la table aux messieurs. Et bien, c'est aux îles que j'ai appris à faire ça. Que de belles rencontres et de belles discussions enrichissantes. Ensuite ce fut le tour de cinq retraités provenant du Nord de l'Ontario, ils parlent français. Et oui, lors de la colonisation, la diaspora canadienne française s'est étendue à travers le pays plutôt par le nord. Sans compter ceux qui sont allés en aux États-Unis dont en Louisiane. Il y a donc des villes entières qui parlent français dans le Nord de l'Ontario et dans les autres provinces canadiennes aussi.

Bref, je suis revenu à mon point de départ. Tout ça, après deux ans d'absence. Difficile de me remémorer toutes les péripéties que j'ai passées au travers... Mais tranquillement en avançant sur les pontons de la marina rencontre après rencontre, les gens me parlent de certaines anecdotes que j'ai vécues. Alors, je leur raconte plus en détail les circonstances. Ou bien parfois, je rencontre de nouvelles personnes, souvent des marins. Et on discute à propos d'un paquet de sujet. Mes sujets de discussion, vous commencez à les connaitre! Et je croise des amis, au fur et à mesure que le temps passe. Eh oui, j'ai réussi, je suis revenu. Après tout ça, après tout ce temps... Plein de choses à dire, par où commencer... Je raconte une affaire à l'un et une autre à l'autre. À travers aussi, leur histoire de vie, leur anecdote, qu'est-ce que les gens sont devenus, que se passe-t-il par ici...

Départ de Port Hawkesbury vendredi matin. La météo me donnait du vent du sud secteur est peut-être, entre 15 et 20 noeuds. Parfaites conditions atmosphériques pour me pousser aux îles de la Madeleine!! Environ 90 miles à faire pour boucler la boucle. Une affaire de rien, en plus les éléments de mon bord. Quoi demander de mieux... Je suis aux oiseaux! Je file mes 6 noeuds régulièrement, le vent devient de plus en plus de travers en plus. Ça roule en s'il vous plait. Le ciel est couvert, très gris. Les nuages défilent au-dessus de nous. On ne sait trop comment la journée se déroulera, le vent devrait augmenter au cours de la journée. On avance très rapidement et, drôle de sensation, j'ai l'impression dès le matin que le lègue est presque déjà terminé. Les heures de la journée s'envolent au vent. Quelques grains de pluie, rien de . Je suis habillé cette fois-ci! Parfois j'enlève une pelure, il fait quand même chaud.

Bizarrement, le vent se calme au cours de la journée. J'envoie alors ma grand-voile. Le vent nous parvient de travers, il devait pourtant tourner plus au sud. Les prédictions n'étaient pas exactes, je ne m'en fais pas. Le ciel se dégage et montre un coin de ciel bleu en après-midi. Notre vitesse diminue, j'envoie plus de toile. Je vois les miles défiler, nous sommes presque rendus, je trouve ça assez incroyable. Ce doit être la plus petite route que j'ai faite depuis deux ans. Je serai rendu un peu trop tôt, même durant la nuit. Je me demande si je rentrerai à la marina si tel est le cas.

Comme mon cap s'enligne, je décide de faire le tour de l'Île d'entrée. Juste 2 miles de plus au compteur et ça retarde mon arrivée. Mais à réfléchir, je me souviens le nombre de bouées de pêcheur rencontrées lors de mon départ de ce côté. Et m'enlève l'envie de rester pris comme ça, en pleine nuit. Je me réenligne donc vers le chenal de la passe. Un peu inquiet tout de même, il n'est pas large. J'espère que les bouées sont bien en fonction et facile à voir. Effectivement, tout se déroule très bien. Le vent a aussi tourné au sud, ce qui me permet d'empanner mon génois, ça me facilite son enroulement. Le vent forcit. Je démarre tout de même le moteur. Afin de m'assurer qu'il démarrera si le besoin s'en fait sentir.

Je passe les bouées une après l'autre facilement. Bifurque vers Havre-Aubert. Je me demande bien si j'entre à la marina de nuit. Il est une heure du matin. Le vent souffle du sud et mon entrée peut devenir rocambolesque, en solo et je ne sais même pas s'il y a de la place. Je vois bien un feu vert au loin près d'où le chenal devrait être. Quelques secondes plus tard, je ne le vois plus, il y a un feu blanc à la place... Quelques minutes plus tard, il y a un feu rouge... Je suis un peu mélangé par ce que je vois et la couleur qui semble avoir changé. Je décide de jeter la pioche juste au large de Sandy Hook. De cette façon, je ne prends pas de chance. Et je suis bien à l'ancre, sans cassage de tête. Je dors profondément.

Au matin, il ne me reste que deux miles à faire pour rejoindre le chenal de la marina. Plusieurs voiliers sortent naviguer, ils lèvent les voiles. Il semble se préparer une course. J'aurai de la place alors! En masse! Je me rends compte que le feu d'alignement a été remplacé par un feu sectoriel. Avoir su... Mais je n'aurais pas pénétré dans le chenal, je préférais user de prudence quand même.

Me voilà aux îles pour deux semaines, je crois. J'avoue que samedi soir je suis tombé raide mort à 22h30. Je me suis réveillé à 7h30, qui est inhabituel pour moi. Je me lève habituellement avant le soleil. La fatigue sort.

J'ai pris une marche, comme d'habitude, jusqu'au quai des pêcheurs. Ensuite, j'ai fait un peu de vélo pour rejoindre la petite épicerie de l'île. Question de mieux manger un peu, je n'en peux plus des cannes... Une crème glacée en passant. Mes jambes sont très faibles, je vais me remettre tranquillement en forme. Comptez sur moi!

Je ne sais pas pourquoi, je n'ai comme pas envie de grand-chose ces jours-ci. Juste être...

Mais dimanche matin, je commence à regarder ce que je dois faire sur Loréline. Des petits travaux et du ménage s'imposent.

J'essaie de faire du vélo tous les jours. Mais aujourd'hui, lundi, il pleut et il vente vraiment fort. Il semble y avoir une dépression qui passe. Je vais rester tranquille.

La boucle est bouclée, je peux relaxer enfin.

 



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Imprimé le : 24 novembre 2017