Sylvain Fortier - Les projets Équiglobales

Carnet de Bord

11 juillet 2014

Tout se passe bien

Tout se passe bien

Je suis arrivé dimanche soir en espérant pouvoir traverser le canal avant le 10. Je ne savais pas dans quelle histoire je m'embarquais.

Lundi, l'immigration rapidement conclut. J'ai eu tôt fait de rencontrer deux agents par hasard. L'un m'indiquait où se trouvait la capitainerie. Un petit tour au guichet automatique me permettait de payer les frais administratifs et de faire le dépôt pour la clé de la douche à la marina. L'autre agent rencontré à l'abri lors de l'orage de l'après-midi m'indiquait la facilité de trouver le bureau administratif du canal. J'ai aussi trouvé l'endroit pour me procurer différentes pièces qui me manquait. Un peu d'internet dans un restaurant-bar. Je reviens au bateau pour faire mon changement d'huile et des petites vérifications au niveau du moteur. Je conclus ma journée avec une petite douche, ma première d'eau fraîche depuis le Costa Rica. Je dors bien cette nuit.
Mardi matin, mission trouver les bureaux du canal. Petit tour en vélo. Je m'informais régulièrement aux passants. Ils me conduisirent en moins d'une demie-heure à l'endroit. J'ai eu une bonne discussion avec Marvin, le gardien de sécurité. En moins de 15 minutes, la procédure administrative commençait pour me faire passer le canal. Je dois aller faire mesurer mon voilier. Premier rendez-vous possible jeudi. Alors, ce sera jeudi matin entre 9h et midi. Je dois me rendre entre la bouée 2 et 4, en face de la marina Flamenco. Je fais un peu de vélo afin de me trouver un café pour faire un peu d'internet. Mais c'est très difficile d'en trouver un à l'extérieur de l'endroit touristique. Je retourne bredouille chez moi. Je passe par le petit chantier naval où ils sortent les bateaux de l'eau pour différents travaux sur le bord d'où je suis amarré au Balboa Yacht Club. Je rencontre une Québécoise de Montréal. On jase beaucoup, malheureusement je ne rencontrerai pas son mari. Ils partent naviguer, je ne sais trop où autour du monde je crois. Je fais aussi la rencontre de Louis, un Panaméen. Il me procurera les amarres et les pneus nécessaires au passage du canal. Et peut-être aussi les équipiers, il faut que j'y pense. Ça finit par faire beaucoup d'argent. Mais j'ai besoin de quatre hommes pour tenir les amarres.

Mercredi, je fais une mission au centre-ville. Le but est de découvrir un supermarché. Je pars très tôt. Et j'arrive trop tôt en ville, tout est fermé. Pratiquement personne dans les rues. Mais ça me permet de découvrir la ville de Panama avant qu'elle se réveille. Je longererai une de ses rues principales. Juste avant de retourner, une épicerie est ouverte. Je fais le plein. En retournant à la maison, toutes les boutiques sont ouvertes. La ville ne se ressemble plus. Je rencontre des agents de sécurité en vélo. Ils m'indiquent l'endroit pour me procurer des pièces pour le vélo, ils m'y conduiront finalement. Retour à la maison très tôt, j'aime rentrer tôt et me coucher tôt. Louis m'aide à apporter les cordages et les pneus sur Loréline.

Jeudi matin, je dois téléphoner avant de me rendre pour le mesurage. J'appelle avec skype à 8h en me rendant sur le ponton de la marina. L'internet fonctionne mieux, sur le bateau le signal est pauvre. L'inspection aura lieu entre 9h et 12h. Je suis parti aussi tôt. Sur place, il y a confusion entre les indications. La marina Flamenco est plutôt en face de la bouée 6. Je jette l'ancre quand même et j'espère qu'il me verra en arrivant, ma coque est orange. Mais à 10h, il n'est pas encore arrivé. Je rentre à la marina pour appeler le bureau. C'est confirmer je suis au bon endroit, je retourne jeter l'ancre à la même place. Le mesureur arrive 15 minutes plus tard. Probablement qu'il a eu un appel du bureau. Dès qu'il arrive sur Loréline, il est pressé de partir. Il mesure la longueur, remplis les papiers rapidement. Et hop! Il saute sur son bateau pilote en me faisant signer ici et là. Je passe les détails. Pour ma part, je suis bien content. Tout le monde sait que mon voilier ne fait pas la vitesse minimale requise et personne ne m'a rien dit. Ma vitesse est écrite sur les papiers. Mon stress est passé et en plus j'ai dit la vérité. Je suis autorisé à passer dans le canal. Je retourne conclure avec Louis pour mon besoin d'équipiers. Car mes amis rencontrés au Costa Rica, un petit couple qui descend l'Amérique en vélo. Ils ne pourront pas venir avec moi dans le canal. Ils ont un bateau à prendre le 14 juillet et je ne serai pas rendu pour cette journée à destination. J'ai donc besoin de 4 équipiers. Louis me fait un bon prix. J'accepte volontier, je trouve même que ce n'est pas cher, si j'avais plus d'argent je les payerais plus. Je crois que j'aurai une discussion avec lui pour savoir quel est leur salaire habituel quotidien. Louis est grand-père et fier de l'être à 36 ans. Il a 7 enfants. Son petit enfant vient d'avoir une semaine. Par chance, il parle un peu anglais, mais j'aimerais tellement savoir l'espagnol. Un jour...

Je me rends jeudi après-midi à la banque pour payer mon passage du canal. Je vais dîner dans un restaurant-café local. Je rencontre un groupe de locaux, des gens de mon âge. On essaie de discuter, mais le blocage de la langue me frustre un peu. Je crois qu'ils m'auront saisi un peu. Mais j'aimerais les comprendre à mon tour.
Par la suite, je me rends au bureau administratif pour leur signifier l'erreur d'indication sur les papiers. Je leur dis simplement que c'est pour l'amélioration du système. Je ne sais bien pas ce qu'ils en feront, je leur aurai dit du moins. Le garde de sécurité, Marvin, en fait, c'est un ingénieur électrique. Nous avons eu une grosse discussion à propos de l'énergie que nous utilisons actuellement et celle que nous devrions utiliser. Je trouve que ça n'a pas de bon sens, un ingénieur électrique derrière un bureau d'agent de sécurité.

Je pense qu'actuellement l'humanité dort sur la switch. Il doit y avoir trop de CO2 dans l'air.



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Imprimé le : 24 juin 2017