Sylvain Fortier - Les projets Équiglobales

Carnet de Bord

4 juillet 2014

Attention aux cargos, mais aussi aux marinas...

Attention aux cargos, mais aussi aux marinas...

Lundi matin, je me suis réveillé bien avant le soleil. Un peu de rangement. Un bon déjeuner, café. J'envoie quelques messages. Et j'étais prêt très tôt pour mon approche à la marina. J'ai pris la première du bord, celle juste en face de moi, pour une journée ou deux. Les gens sont vraiment sympathiques. Je me range à côté d'un voilier de plus de cent pieds. Je vais tout de suite dans le bureau de quelqu'un qui travaille sur place. Il est courtier de voilier. On discute, il veut savoir sur mon périple, comment le voyage s'est-il passé? Il me livre toute l'information pour faire mon entrée dans le pays, c'est facile! ll y a trois bureaux. L'immigration, la capitainerie du port et la douane. L'ordre, je le saurai sur place, ils vont me le dire. Tout se passe bien, surtout que l'immigration est habituée. Elle me fait des photocopies pour chacun des endroits que je vais visiter pour faire mon entrée au pays en règle. Je n'avais jamais vu une telle facilité. Bien sûr, il fallait que je m'y attende, un des bureaux est fermé. Je devrai retourner à la douane mardi. Le village de Golfito est petit alors ça va. Je reviens au bateau tranquillement et je rencontre un monsieur retraité qui navigue les eaux environnantes depuis plus de douze ans. Je marcherai avec lui. Il m'amènera dans les endroits où il y a possibilité que je trouve ce dont j'ai besoin. Bah! Je trouverai au moins quelques items, mais pas une pompe pour mon huile.

Nous mangeons ensemble dans un petit restaurant. De la nourriture locale s'il vous plait, c'est bon à se mettre sous la dent. Au retour, il me montre le petit club de marin où selon lui, le prix est beaucoup moins dispendieux. J'y rencontrerai une Québécoise, Sylvie! J'ai dû rester pris dans le cadre de porte quelques heures. Je retourne à la marina. En croisant un monsieur de ce matin, il m'attrape en me disant qu'il a peut-être quelque chose pour moi, une pompe! Je vidange mon huile, après une course à la quincaillerie pour trouver un tuyau de la bonne grosseur, le trou est vraiment très petit. Comme toujours, j'ai beaucoup de plaisir à extraire ce liquide et je termine beurrer noir un peu partout, en sueur de la tête au pied. Une bonne douche à l'eau fraîche... Tiens, il y a de l'eau chaude.

Je sors pour souper ce soir. À pied, je m'arrête au premier petit restau du coin. Il y a quelques personnes. La nourriture est vraiment bonne. Un peu normal après avoir manger autant de cannes de conserve et de pâte... Je rentre il fait noir, mais je me sens bien dans la rue.

L'immense voilier qui ne sort qu'une fois par deux ans environ fait tourner ses moteurs. Plusieurs heures... J'ai de la difficulté à dormir un peu, en plus de ses lumières de pont.
Surprise le lendemain matin, je vais payer ma nuitée et probablement la suivante. Lorsque la réceptionniste me dit 220$ et des poussières... Je dis quoi?! C'est trois dollars du pied... Je n'ai jamais payé ça de toute ma vie, alors ça va aller pour la nuit dernière, je n'ai pas le choix. Mais aujourd'hui, je risque de changer d'endroit.
Je retourne au petit club d'à côté. Tim est le propriétaire. Il est arrivé ici, il y a 20 ans de cela avec son petit voilier. Un bon bonhomme barbu à souhait. Il aime bien les voyageurs aux petits voiliers. Nous sommes plus le même genre. Il a quelque chose comme 3 chiens, quelques chats... Une petite maison flottante, son voilier l'attend toujours amarré juste à son bord. Il a construit de ses mains ce petit bâtiment qui ressemble à un petit hôtel pour jeune, tout en bois. Il loue des appartements de l'autre côté de la rue. Il me suggère le corps mort le plus proche. Pour douze dollars, j'ai accès au service du petit club qu'il appelle. Je vais faire le plein de carburant et je reviens passer la nuit, demain je sors du Costa Rica pour rejoindre Panama. Sois-le bienvenu me dit-il. Je laisse mon vélo à l'intérieur de la cour qui est clôturée.

Chose dite, chose faite. Je reviens en fin de journée. J'ai internet sur le bateau, quelle occasion. Le signal de l'internet du voisin me parvient encore plus fort. Il fallait bien que je m'en doute. La nuit sera bonne, sans le bruit des moteurs.

Mardi matin, je suis debout très tôt, comme toujours. J'ai le temps de faire du rangement un peu, j'avais fait une petite épicerie hier. Nous serons prêts à partir tout de suite en revenant des bureaux. Chose étrange, je passe au bureau de l'immigration vers 7h30, il est ouvert. Tant mieux pour moi. Ils sont très efficaces et procèdent de la même manière qu'à l'arrivée. Les deux autres bureaux se feront aussi rapidement. Je déjeune au premier petit restau que je rencontre. Un couple de San Jose me traduit le menu. Un ami rencontré dans la rue y travaille, il parle bien anglais, on discute un peu. Je ne ferai pas d'autre arrêt, direction Loréline, nous sommes partis. Je prends un bouquin chez Tim, il m'aurait bien tout donné le baril, mais je n'ai pas de place. Sa tortue vient manger sa banane. Il la nourrit depuis 5 ans maintenant. Elle est plus grosse que celles que je rencontrais en mer, elle est énorme.

En moins de quelques coups de rames je suis à bord de ma maison. Je laisse l'annexe sécher à l'envers sur le pont bien attacher. Et nous larguons l'amarre! Une fois sorti de la baie, un vent de l'ouest nous parvient. Je range l'annexe. Je hisse les voiles, nous voilà partis pour environ 400 miles nautiques. La soirée de déroule bien, on avance, 3 noeuds environ. Beau coucher de soleil. Je dors bien cette nuit-là.

Mercredi matin, le ciel a changé. Des nuages gris et noirs, ce n'est pas beau. J'ai peur du coup de vent. J'enlève le tangon du génois. Tout d'un coup, je me dis. Par chance. Le coup de vent se met à rentrer tranquillement. Je ramènerai de la toile progressivement. J'avais vu juste. Les trois ris sur la grand-voile et plusieurs tours sur le génois nous font faire 4.5 noeuds. Nous sommes de travers au vent, la mer se gonfle. Quelques vagues veulent embarquer avec nous. Une bonne pluie s'abat sur nous, tandis que le ciel se déchire d'éclairs d'un bout à l'autre sans arrêt. J'avais vu un cargo avant de rentrer dans le nuage. J'allume le radar. Oh! Il y en a deux autour de nous. Ils nous passent par le sud à trois miles de distance, ils nous voient alors. Ou bien je reste près des îles pour m'écarter de leur possible route.

Le nuage passera et le vent aussi. Pas le choix faut que j'avance. Des cargos encore en vue. Depuis que j'ai tourné le dernier coin, c'est un peu une autoroute par ici, je m'en doutais bien. Et je ne suis pas dans la pire saison. Toute la nuit de jeudi, je croise des cargos qui vont dans un sens comme dans l'autre. J'ai mon radar en veille. Je les vois, ils me voient aussi.



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