Sylvain Fortier - Les projets Équiglobales

Carnet de Bord

23 juin 2014

Sortie du Mexique

Sortie du Mexique

Une fois les papiers finaliser au bureau de la marina, l'administrateur et moi allions au bureau de la capitainerie du Port de Chiapas. Le capitaine était en réunion avec les pêcheurs locaux... Nous avons dû l'attendre. Il ne manquait plus que sa signature sur mes documents de sortie officielle du port et du pays. La journée avançait à grands pas. Je croyais partir tôt en matinée, mais j'étais passé à côté. Mais si nous réussissions à me faire sortir avant la fin de semaine, c'était déjà très bien! Alors, patience mon jeune! C'était plutôt le monsieur de la marina qui semblait s'impatienter, mais j'en profitais pour en retirer quelques leçons d'histoire du Mexique. Ce monsieur a du sang de français! Je trouvais qu'il avait la peau blanche aussi. Il est très cultivé alors, nous avons bien discuté sur le monde. Ça passe bien le temps, et moi je suis comme une éponge, je veux tout savoir.

Enfin la réunion terminée, nous étions plusieurs à attendre nos papiers, dont la plupart des locaux. Probablement qu'ils allaient pêcher outre-mer va savoir. Depuis le matin que nous attendions mes papiers, il me passa en premier, le secrétaire nous donna mes papiers. Let's go à la marina! Une fois la marina réglée, il y avait une dernière formalité, dernière inspection du navire par un agent de la garde-côte. Une inspection, un peu vite dit... Je crois qu'il vient plutôt voir si je pars vraiment seul. C'est le premier pays que je fais dont la liste d'équipage est vraiment nécessaire pour naviguer dans les eaux intérieures. Ils suivent certains règlements au pied de la lettre. Et c'est très bien comme ça, une fois pour toutes je saurai les vraies procédures.

La marée est maintenant basse. Il y semble avoir un bon vent. Je sors de la marina il est 16h30. Le vent vient de l'ouest. Pour ne pas me faire prendre, je longe les bouées au vent. Pour sortir, ça va bien, la vague n'est pas si méchante. On progresse sans trop se faire déporter. J'envoie le génois rapidement. Et la grand-voile suit rapidement. J'espère une belle nuit de navigation. Je quitte le bord le plus possible. À plus de 7 miles, je me sens mieux. Un bateau de pêcheur nous passe à toute vitesse, il va étendre son filet plus loin. Je le rencontre 30 minutes plus tard. À la dernière minute j'aperçois la bouée qui indique la fin de son filet. Je détourne ma route, tout va bien. Par la suite, je vois un de ces nuages noirs inquiétants. Je filme le nuage tranquillement et d'un coup je me rends compte qu'un coup de vent est fort possible. Je range le tout et je prends un ris. Je m'installe en dessous de ma cabine. Pour moi, ça va. Mais le pêcheur va se faire rincer solidement. Je ne suis pas dans ses shorts, je préfère les miennes aussi.

Je prendrai les trois ris finalement avec juste un mouchoir en avant et on roule en ti-Jésus. On dépasse 5 noeuds parfois. Ça fait tellement du bien de sentir Loréline en vie. On monte jusqu'à 6 noeuds!! Pauvre pêcheur... Il doit être humide à l'heure qu'il est. Pour ne pas dire trempe à lavette. Salé même je dirai, pourvu qu'il a une bonne écope. Moi je fais des miles, on aime ça. Le nuage passe, il y a des éclairs partout. Moi je suis encore et toujours chanceux, ça commence à sentir le fumier par ici. Pour rester poli. Une fois le nuage passé complètement, le vent diminue. Je ne sais pas ce qui m'a pris. J'ai envoyé plus de toile pour reprendre de la vitesse. Je le voyais l'autre nuage qui s'en venait. Mais je me suis dit, je reprendrai de la toile. Ben oui, cinq minutes plus tard... Vlang!! Solide, Loréline gîte par coup. On avance de nouveau, je dois rentrer de la toile au plus vite. Le coup de vent durera presque une heure. Ensuite, il laisse un vent pour la nuit. C'est mieux que rien.

Samedi au moteur, j'envoie mes lignes à pêche. Je dirais une heure après, je sens quelque chose sur la ligne bâbord. Je remonte tranquillement, ça ressemble à un thon. Pas un gros, juste qu'est-ce que j'ai besoin. Effectivement, je le remonte à bord rapidement, il n'offre pas tellement de résistance. Avant que le soleil ne soit trop haut, j'ai le temps de le dépecer en entier. Des beaux morceaux rouges, comme de la viande de boeuf. J'en mange tout de suite en filet dans la poêle. Je n'ai jamais mangé de l'aussi bonne chair que ça. Aussi tendre, impossible. Merci! J'en aurai pour deux jours. Le soir je me fais des pâtes sauce béchamelle avec du thon... Mmh....

Un oiseau passe la journée jucher sur le balcon avant. J'essaie de lui offrir du thon. Mais il ne sait pas ce que sait un quartier de chair sans vie qui ne bouge pas, il lève le bec! Il en profite pour peinturer un peu partout, je ne lui en veux pas, je l'accepte quand même. Je l'examine parfois de très près, il s'envolera et reviendra la suite. Il semble vouloir passer la nuit avec nous. Des tortues flottent par ici et là. Des dauphins viennent s'amuser avec Loréline au coucher du soleil.

Mêm scénario pour la nuit de samedi, coup de vent. Je vois le nuage s'en venir, je prends mon premier ris. Notre copain oiseau s'accroche, il a les pattes palmées, très impressionnant comme il s'agrippe sur ma voile ferlée sur la filière. Il tient toujours lorsque le vent nous parvient. Il s'accroupit. Je prendrai le 2e ris avec un mouchoir en avant. Je crois que j'ai trop de grand-voile, mais la mer est déchaînée, je n'ai pas envie de me saler le corps. Comme la veille, il y aura deux coups de vent. Le 2e fera fuir notre ami palmé. Moi je ne dormirai pas nécessairement bien. Lorsqu'il y a un coup de vent, je veille.

Le coup de vent nous laisse un peu de vent par la suite, je prends ce qu'il m'offre. On fait deux noeuds. L'éolienne peine à charger les batteries, mais je l'entends.
Pour déjeuner, omelette au thon avec des oignons! Quel délice! La journée se déroule tranquillement. Des dauphins plus fous les uns que les autres font toutes les pirouettes possibles et inimaginables. Je réussis à prendre un groupe en vidéo à la fin de la journée! Comme toujours je croise quelques tortues. Allô!!

Pour dîner, je mangerai du thon simplement dans la poêle, comme ça avec des oignons.

Depuis que j'ai changé ma course, je me rapproche tranquillement du bord. À vingt miles il y avait le courant qui va vers le nord, il me ralentissait de un noeud. Pour moi, c'est beaucoup. Maintenant je suis dans le contre-courant qui descend dans la petite baie vers le sud. Parfois il me pousse jusqu'à 1.5 noeud. C'est à ne pas négliger.
En soirée, le ciel se couvre comme les nuits précédentes. Il y a des éclairs. Mais le ciel semble moins sombre, je ne me méfie pas trop. J'ai tout de même pris un ris et demi dans la grand-voile. Le coup de vent nous parvient sans avertir. J'envoie un peu de Génois et nous filons nos 5 noeuds. Il y a sûrement une explication. Pourquoi c'est le soir que les coups de vent sont plus propices, pourtant, le pêcheur me disait aller à la mer la nuit. Donc, c'est sûr qu'actuellement je ne suis pas dans le même type d'atmosphère. La question reste tout entière.

Au matin de lundi, j'aperçois au loin des volcans. Malgré que nous avons fait fausse route. Nous sommes à plus de 60 miles de la rive maintenant. Ce qui me semble être le plus gros volcan des environs, le volcan San Miguel au El Salvador atteint des sommets de presque 7 000 pieds. Le volcan Viego au Nicaragua fait 5840 pieds. Le Honduras semble caché derrière d'autres volcans et pics appartenant à ces deux voisins.



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Imprimé le : 20 août 2017