Sylvain Fortier - Les projets Équiglobales

Carnet de Bord

20 juin 2014

J'avais oublié

J'avais oublié

J'ai pris une dorade sur la route dimanche! J'avançais tranquillement. Je me suis toujours souvenu de mon professeur de pêche en Afrique du Sud. La pêche n'est bonne qu'aux levers et couchers de soleil. Pourquoi pêcherais-je en plein jour... Mais je voyais bien des bateaux de pêcheurs qui faisait leur run de lait. Ils pêchaient à la traîne. Je me suis dit, pas plus fou qu'un autre J'ai mis mes lignes à l'eau, j'vais toujours ben voir qu'est-ce que ça dit!

Je tirais de temps en temps sur les lignes pour vérifier. Un moment donné j'en enlève une pour pouvoir jouer avec le génois. Et... quelques heures après, il y avait quelque chose sur le ligne de bâbord! Oh! ça l'air gros! Une superbe dorade... Ben trop gros pour moi. Elle faisait environ 36 pouces. Je l'ai ramené tranquillement, je l'ai remonté à bord. J'ai pris une paire de pinces pour enlever l'hameçon. Elle était vraiment belle, pleine de couleurs, un arc-en-ciel, très vigoureux! Je l'ai prise par la queue, l'autre main en dessous du corps. Et je l'ai remise à l'eau. Je vous jure qu'elle en ait envie! Elle savait où elle s'en allait! Envoyes à l'eau!

Suite à mon escale à Salina Cruz, mardi matin, un autre départ, le vent est vraiment bon. On fait parfois 6.3 noeuds sur l'eau. Il faut en profiter, car ce ne sera peut-être pas comme ça tout le temps. Nous avons 180 miles à faire pour rejoindre le dernier port du Mexique. Juste en partant, je crois un pétrolier à l'ancre, je passe sous son vent après mûre réflexion. C'est plus sécuritaire, il n'y a pas de chaîne d'ancre à l'arrière. Moins de stress pour le cerveau. Je vois donc de près où tous ces travailleurs habillés orangés vont travailler. Ils travaillent pour la pétrolière du Mexique, Pemex. Il me semblait bien aussi.

Le vent tiendra bon pour les premières 24 heures. Ça fait du bien au moral. Nous avions 180 miles à faire. Ensuite, il n'en restait plus que 80.

J'ai adoré mon escale à Salina Cruz, les gens sont vraiment sympathiques. Autant les autorités que les habitants locaux.

Je prends le temps de me rincer à l'eau de mer, je lave en même temps mes caleçons de la même façon. L'eau douce était compliquée à s'approvisionner, j'ai donc laissé faire. Il m'en reste pour quelques semaines au moins. Il s'agit de lui faire attention. Je n'ai donc pas pu me laver non plus à l'eau douce comme j'en ai envie depuis plus d'une semaine maintenant. J'utilise ma bonne vieille chaudière en fibre de verre!

Mercredi, sur le chemin de Puerto Madero, une marre de plastique... Une vraie dompe... Quelques heures à naviguer à travers ces déchets, je reste bouche bée, je ne prends même pas d'image tellement je reste figer sur place. À travers tout ça, quelques tortues prennent leur respire. Moi je me paye une gastro depuis cette nuit, j'ai mangé une soupe expirée date. Elle semblait douteuse, mais le goût y était encore, alors je ne me suis pas méfié. Un peu de bizmuth... Quelques gorgées, et voilà après 24h le tour est joué. Mais pendant ces 24h, la journée a été longue. Coucher sur le dos... Par chance, je n'étais pas dans une tempête.

Il y aura une brise durant la nuit de mercredi. J'envoie les voiles. Ça fait du bien. Mais je ne pourrai pas plus dormir, il reste à peine 30 miles à faire. Nous sommes proches du bord. Il ne suffirait que d'un léger changement de provenance du vent et nous pourrions nous échouer sur la plage rapidement. Je ne peux donc pas dormir. Ce sera pour un autre moment.

Au lever de soleil, plus de 8 miles à faire. Je suis un peu inquiet, car le soleil plombe directement à l'endroit de mon amerrissage, je ne vois rien en avant. J'espère qu'en m'approchant le soleil sera un peu plus haut. Il sera bon avec moi effectivement. Je crois un pêcheur, il dort pendant qu'il fait travailler deux de ses bouées de pêche. Est-ce un filet? Sont-elles prises l'une sur l'autre... je ne sais pas, ce n'est pas clair. Mais je ne prendrai pas de chance, je fais le détour. J'aperçois le brise-lame. Il semble différent que ce que j'ai sur les cartes. Je me méfie, j'avance tranquillement... Et je vois des pêcheurs, ils sortent du port, ils passent du bon côté, alors je me dirige enfin comme il convient.

Je rentre dans le havre. Un autre que j'atteins sans faille... Je tourne à tribord pour rejoindre ce qui semblait être une marina. Je vois les autorités venir à ma rencontre sur un quai public. Je me dirige donc vers eux. Ils me font signe. J'allais dans la bonne direction. Un beau petit chenal verdoyant qui semble naturel, de toute beauté. Il me mène droit à bien plus qu'une simple marina. Un sympathique administrateur qui parle français, anglais et bien sûr sa langue maternelle. Il est mexicain, mais il pourrait venir de n'importe où dans le monde. Il me signale que j'ai fait une erreur lors de mon entrée au Mexique... Encore une fois... Je n'en peux plus! Mais il me dit, patience, nous allons t'arranger ça. Il téléphone la marina de Puerto Vallarta ainsi que l'autorité portuaire de Vallarta. Il discute un peu. Le tout sera réglé au pire vendredi matin pour ton départ me dit-il...

Je prends une bonne douche, enfin rincer avec de l'eau douce... Mon spi mérite la même chose, il n'avait pas reçu de faveur suite à sa chute dans l'eau il y a de cela au moins une bonne semaine ou deux... J'en profite pour rincer d'autres pièces de linges et quelques serviettes qui me servent lorsque je transpire trop!

Je ferai donc ma sortie du Mexique au bon endroit. L'administratrice de la marina à Puerto Vallarta m'avait dit, tu sais, il n'arrive rien pour rien... Je savais déjà. Mais de se le faire rappeler c'est toujours bien.

Pour ma part, j'espère revenir un jour par ici. Je crois que toutes les places sont intéressantes à prendre le temps. Malheureusement, ma mission cette année n'était pas de prendre le temps. Mais depuis combien d'années je me dis la même chose, un jour, je le prendrai... le temps...

Merci beaucoup au Mexique, ses habitants et ses autorités...

Prochaine destination encore incertaine, on verra où la vie nous mènera. Quelques destinations sont à l'étude.



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Imprimé le : 23 juillet 2017