Sylvain Fortier - Les projets Équiglobales

Carnet de Bord

2 mai 2014

Au menu, Spi et brouillard

Au menu, Spi et brouillard

Mardi en fin de journée, finalement le brouillard semble vouloir se lever... Il semblait se lever toute la journée en fait. Parfois la visibilité s'en venait bonne, parfois le brouillard reprenait sa place. Le vent a augmenté, je peux abattre un peu. Le barreur écoute au doigt et à l'oeil.

J'avais oublié de mentionner le cargo rencontré dans le brouillard mardi matin. Je me suis donc questionné sur la définition exacte de brouillard versus brume. Car le cargo était à plus d'un kilomètre. Mais je ne l'ai pas vu vraiment, j'ai vu sa silhouette simplement. Alors probablement que j'étais dans la brume, qui elle, permet une visibilité plus grande qu'un kilomètre. Peut-être que mon cerveau commence à être dans la brume aussi... À force de trop réfléchir, il doit surchauffer...

Je réfléchi beaucoup avant d'aller au lit sur le choix de laisser Spi à poste mardi soir. Nous faisons 2.0 noeuds sur l'eau. Le vent reste faible encore, peut-être 5-6 noeuds, provenant toujours du nord. Il augmentera durant la nuit. Je suis un peu inquiet de laisser cette voile seule dehors si en plus je veux dormir. Mais si je l'affale, je risque de perdre un noeud de vitesse aussi. On avance bien. J'en conclus que je me ferai réveiller dès qu'un léger changement se produira. Il ne devrait pas y avoir de gros coup de vent dans ces conditions. Je vérifie quelquefois l'atmosphère dehors. Le brouillard est définitivement levé. Il y a des étoiles. Mais l'humidité reste de 100%. Il y a une bruine sur la cabine et je respire l'humidité, elle se dépose même sur mes vêtements. Il ne pleut pas. Spi sera mouillé, je peux rien n'y faire. Je vais au lit avec mes pantalons et mes bas. Mes espadrilles sont prêtes à recevoir mes pieds en cas d'urgence.

Je dors vraiment bien, pas d'éolienne, je la ferme. Il y aura du vent aussi demain matin. C'est plus silencieux et je dors mieux. Sommeil profond... ouf... c'est bon! Le nerf sensitif toujours en fonction. Quelques heures plus tard. Je me lève d'un coup, je saute dans mes espadrilles et me voilà sur le pont. Je tire sur la barre. Le vent a augmenté, Loréline lofait sérieusement. Je réfléchis et je me pose la question de l'utilité du spi à ce moment-ci. Je me dis que je dois essayer le génois pour le savoir. Quitte à perdre quelques miles si je perdais de la vitesse, je dormirais mieux par contre. Eh bien, l'échange de voile a été un succès. La vitesse a augmenté légèrement. Et le voilier prend mieux le génois avec ce vent. C'est un vent réel de travers, comme résultat un vent apparent pratiquement au près. Je retourne au lit pour une deuxième nuit de sommeil profond.

Je me réveillerai quelques heures plus tard, un peu après le lever du soleil, mercredi matin. Nous avons parcouru plus de 5 miles par heure durant la nuit. Je n'ai pas vu le loch à plus de 3.5 noeuds pourtant. Y'a du courant favorable dans le coin. Les nuages sont très haut dans le ciel, des cirrus, des trainées d'avion... La mer est devenue un peu plus folle. Pas plus d'un mètre par contre.

Le vent nous tournera dans la face durant la nuit de mercredi. Durant la journée nous sommes donc toujours au près avec un vent du nord-est. Spi est à se faire sécher la couenne un peu dans le cockpit, un peu sur le pont, il prend de la place. Le vent passera au sud suite à son passage à l'ouest. Tout cela en l'espace de quelques heures, par chance. Nous ne ferons pas fausse route trop longtemps.

Une baleine vient nous saluer par l'arrière. Elle sort deux fois en s'avançant à 50 pieds. Je ne vois pas son souffle. Elle rebrousse chemin. Je la verrai quelques minutes plus tard beaucoup plus en arrière, un demi-kilomètre environ. En après-midi, je vois une patte sortie de l'eau. Une patte de phoque j'imagine! Il est sur le côté, je ne vois rien d'autre... Comique! Les hirondelles sont toujours pas loin. Elles s'amusent.

Fin de journée finalement, le vent ne tournera pas, il tombe tout simplement. Pétole. Après avoir fait un tour sur nous même, j'affale les voiles simplement. Superbe coucher de soleil! J'irai au lit sans me poser de question, je dois dormir pour être en forme lorsque le vent nous parviendra.

L'éolienne fait du bruit environ deux heures avant le lever du soleil. Nous avons tout de même avancé de plus de 10 miles, incroyable. Le courant nous pousse un peu vers le nord aussi. Je croyais pourtant être arrivé où le courant pousse vers le sud... Le soleil est éblouissant, lunettes de soleil au visage, j'envoie les voiles faire leur travail. Le vent fait de drôle de simagrées. Il a une tendance à aller au nord, j'hésite pour le spi. On fait cap au 600, au près du vent, tribord amures. Le spi nous enverrait beaucoup trop au nord pour rien. Environ une heure plus tard, la brume se met de la partie. J'abandonne l'idée du spi jusqu'à ce que la visibilité revienne. Mais là, le vent a tourné au sud... Spi grafigne un peu... Mais la visibilité n'est pas d'adon pour s'amuser au spi présentement... C'est comme ça! Le loch indique 0.8 noeud!! youhou!!

Durant la journée de jeudi, je succombe. Le vent tourne plus au sud, j'envoie Spi! Le vent est faible, mais on avance. Jusqu'à ce que le vent soit à l'ouest. Le spi tombe. Je l'affale complètement et prépare l'empannage pour recevoir le vent lorsqu'il arrivera plus du nord. Quelques heures de pétole. La vague devient nulle. En fin de journée seulement, le vent nous parvient enfin. J'envoie Spi de nouveau. Nous voilà repartis, cette fois-ci c'est le dernier bord, je crois... Un peu plus de cent miles à faire.



« Retour

Sylvain Fortier - Les projets Équiglobales
2591, boulevard du Versant Nord
Québec, Québec, Canada
G1V 1A3
Téléphone : 418 928-8378
Courriel :

Imprimé le : 20 octobre 2017