Sylvain Fortier - Les projets Équiglobales

Carnet de Bord

22 avril 2014

C'est comme ça !

C'est comme ça !

Naviguer en solitaire, c'est naviguer en solitaire... Il n'y a pas de méthode miracle. On veut avancer. Il faut donner de la toile. Mais il faut dormir aussi. On n'est pas à l'abri des rafales. Il faut se lever et prendre de la toile.

En équipage avec un équipier en veille. Il voit le nuage s'en venir. C'est plus facile de se préparer et d'éviter les tracas. L'autre peut mieux dormir.

J'ai passé la fin de semaine avec des rafales. Je n'ai pas dormi beaucoup. Les fichiers météo prétendent une tendance pour le vent. Mais les rafales peuvent être beaucoup plus fortes. Et de toute façon, elles sont passagères. Entre chacune d'elles, le vent peut être très faible. On ne peut pas faire route à 2.5 noeuds, on envoie de la toile. Et on se fait toujours prendre.

Alors, c'est pour résumer ma fin de semaine. Sinon, j'avais écrit des pages et des pages sans m'en rendre compte, afin de décrire l'activité qui se passait à bord. Le sommeil a été difficile à trouver. Je faisais des siestes régulièrement le jour, sans vraiment dormir, mais au moins pour reposer le corps.

Ce qui est désagréable. C'est lorsqu'on vient de se faire un café. La tasse est pleine. Et une solide rafale nous saute dessus. Assez difficile de garder le café intact.
Et combien de fois aussi, je prends mon temps. Je regarde le ciel. Il est beau. Pas de nuage à l'horizon, des étoiles, la lune... La navigation rêvée quoi! Mes voiles sont en place pour la nuit, du moins une partie, je crois. Je vais au lit, mon vrai lit, avec presque aucun vêtement sur le corps. Je rentre dans mes sacs de couchage. Je sens la chaleur. Je suis bien. Enfin, je vais dormir. Mais oublies ça, y'a une rafale qui cogne à porte. Coucou! C'est moi... Des fois je me fais accroire que je peux continuer à dormir. Mais je n'ai pas raison, je me lève. Parfois en petite tenue, gougoune sur le pont. Je trouve le moyen de sourire à la mer, un petit sourire en coin. Elle m'aime bien, elle me taquine. On s'aime bien finalement! Le nuage passe, j'envoie de la toile de nouveau. C'est comme ça!

La fin de semaine au complet. Vous ne pouvez pas voir tous les zigzags que je fais sur ma route. Elle n'est pas aussi droite qu'elle en a l'air sur le tracé. Je me suis fait un peu avoir en descendant un peu trop au sud, mon 70 miles de samedi est dû cela. Je préfère me dire que c'est de l'expérience dans mon sac. J'ai joué un peu trop de prudence et en même temps je me suis laissé un peu trop aller où le vent me portait. On apprend toujours.

Cette fin de semaine, la mer se creusait de 1 à 2 mètres, parfois j'ai vu des murs de 4m. Ces derniers provenant des forts vents qui sévissaient plus au nord. Donc, il y a eu de la mer croisée juste en masse, très inconfortable bien sûr. Sinon, quelques beaux couchers de soleil. Des étoiles par endroits, avec des gros nuages qui venaient les couvrir de temps à autre, les rafales.

Quelques bouts de plastique flottants sur notre route, j'en vois tous les jours.
Quelques hirondelles!! Toujours aussi comique à voir s'amuser dans les vaguelettes. Et quelques gros spécimens bruns de la taille de l'albatros, son cousin probablement.
Après 33 jours de navigation, je décide de me tailler la barbe. Je me sens plus léger.



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Imprimé le : 20 août 2017