Sylvain Fortier - Les projets Équiglobales

Carnet de Bord

9 avril 2014

J'ai frappé quelque chose...

J'ai frappé quelque chose...

Dimanche la journée était vraiment extraordinaire. des éclaircies, de superbes nuages avec des couleurs ramagées incroyables en fin de journée. J'envoyais mon carnet de bord tout en jetant un coup d'oeil sur le paysage de temps à autre. J'entends quelque chose cogner la coque, deux coups... Mais ça fait tellement longtemps qu'on navigue, combien de vagues ont cogné la coque. Et toutes les vagues font un bruit différent. Plusieurs fois, j'ai eu l'impression que c'était un objet. Je jetais un oeil dehors pour voir si je ne voyais pas quelque chose dans le sillage... Mais jamais je n'ai vu quoi que ce soit. Mais cette fois-là, le bruit était un peu spécial. Le son n'était pas plus fort que les vagues, juste une résonance différente des autres. Comme un tong! Alors, je me suis sorti la tête dehors, en montant l'escalier... j'ai regardé par dessus le balcon arrière... Et j'ai vu un genre de corps foncé... Ça aurait pu être une bouée. Mais, la circonférence avait l'air vraiment gros. Je ne l'ai vu qu'une seule fois, ensuite elle s'est renfoncée dans l'eau. Elle devait être entre deux eaux. Une baleine qui dormait?? je ne sais pas. Mais si je l'avais réveillé.... Je ne suis pas vraiment inquiet, mais j'aimerais savoir.

La journée de lundi. Parsemées de rafales. La matinée avait commencé assez costaud. J'ai hissé le yankee. Un moment donné j'ai complètement affaler la grand-voile. On en avait trop sur le dos. Mais la vitesse est descendue près du 3 noeuds. J'ai réfléchi quelques minutes, et j'ai hissé la grand-voile de nouveau avec 3 ris. On fait de la belle vitesse, on passe proche de surfer. J'ai vu jusqu'à 6.2 passer sur le loch. On mange des miles. 6 miles par heure en moyenne. J'ai essayé de faire une sieste tout habiller sur la banquette, au cas où le vent surgirait. Le courant nous aide bien. Le vent devait augmenter tranquillement. Mais il diminue en fin de journée à la place. On garde la même moyenne sur le fond. Le coucher de soleil est aussi magnifique, derrière les nuages. Des cirro-cumulus entre autres. Les nouveaux fichiers météo nous disent que les 25 noeuds arriveront 12 h plus tard, donc demain matin. J'en ai donc profité pour faire une vraie sieste dans mon lit. Le vent diminue vraiment en fin de journée.
La mer a été costaud aussi ce matin, on s'est fait mouillé en allant manoeuvrer. J'adore mes poches en minou dans mon manteau, surtout quand la vague rentre à l'intérieur, c'est très pratique.

Loréline avance vraiment bien, on a une belle sensation. Le vent vient du sud, nous sommes de travers à lui. Je me sens comme sur le chemin du retour. C'est un peu spécial comme sensation. Il me reste du chemin à faire, je sais. Mais ma mission est comme terminée pour cette fois-ci. Je rentre chez nous tranquillement. La mer est douce. La lune est à moitié. On la voit avant que kle soleil se couche, elle est presque au zénith. L'humidité est tellement intense que les bancs extérieurs en bois sont humides. Ils ont été secs presque toute la journée. Quelques vagues viennent perdent leur dernière énergie à essayer de nous mouiller, mais elles ont le souffle court. Ce sera pour une autre fois, nous repasserons, désolé... Quelques oiseaux sont toujours à planer au grès des vagues, des albatros. Ils viennent frôler les ailes de Loréline, ils passent très proche. Il y a un trou dans les nuages où le ciel est bleu.
Que nous réserve cette atmosphère céleste...

Et bien c'est cela... Une petite journée de rodéo! Pour résumé la journée de mardi. Monte la vague, descend l'autre, gîte, contre-gîte, envoyes en haut, en bas... saute la prochaine, descend la suivante! un petit coup à gauche, l'autre à droite... Les vents ont soufflé leur 25 noeuds avec rafales par endroits à 30 probablement. La mer s'est creusée entre 3 et parfois 4 m. Le pont s'est fait balayé à sa mesure. Les coups n'étaient pas si mal tout de même. Quelques-uns surprenaient, mais sans plus. Le ciel nuageux, couvert complètement. Loréline ne cesse de tracer sa route. Durant la journée, nous faisons encore 6 miles par heure. Pourtant, le loch n'indique pas plus que 4.5 à 5.0 noeuds. Certains maximums à 5.5, mais sans plus. Nous sommes vraiment chanceux, les éléments sont vraiment de notre côté, pour le moment... Le yankee est à poste, toujours avec la grand-voile est ses 3 ris. Dire que cette nuit, le vent nous lâchera presque complètement si la météo sévère bonne, pour un moment, le temps que le vent vire je crois.

Et moi, je ne peux m'empêcher de rire. Ce n'est pas un manège qui dure deux minutes, mais une douzaine d'heures... Et depuis le temps que je suis en mer. Ce qui me fait rire le plus, c'est lorsque la mer passe par dessus la cabine et vient atterrir dans le cockpit. Le pont se fait balayer au complet par la même occasion c'est sûr, toute une vague... La mer sait que je ne ris pas d'elle. Je trouve ça juste complètement fou de voir les éléments aussi en vie que ça! Car, au milieu d'un océan, je suis tout petit. La mer décide de me retourner quand elle veut. Et de toute façon, que sommes-nous dans le monde... dans l'univers... une partie d'un tout... un rien dans une immensité...



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Imprimé le : 27 mai 2017