Sylvain Fortier - Les projets Équiglobales

Carnet de Bord

4 avril 2014

On franchit très bientôt...

On franchit très bientôt...

On franchit la ligne de changement de date très bientôt Il n'y a rien d'extraordinaire, c'est vrai. Mais je me demande tout de même qu'est-ce qui se passe lorsqu'on la traverse. Il reste environ 100 miles. On la franchit cette fin de semaine.

Suite au défilé de dépressions, une vague impression que le temps change tranquillement traverse l'atmosphère. Mercredi soir, le nouveau quartier de lune montrait sa lueur. Enfin, un beau coucher de soleil. Les cirro-cumulus semblent me dire que le beau temps s'en vient. Le soleil laissait ses rayons passés à travers les nuages par endroits. Trop fins pour les voir sur les photos. Ils étaient juste pour moi cette fois-là. Il y a un anticyclone juste après la dépression. Il prend son temps, il prend la place que la dépression lui laisse prendre. Il retarde un peu d'ailleurs. Le vent ne change pas aussi vite que sur les fichiers météo. Il devait être à l'ouest en fin de soirée, mais en allant au lit j'ai toujours du sud. Je ne m'en plains, on fait de la belle vitesse, jusqu'à 5.2 sur l'eau et 6.5 noeuds sur le fond. Lorsque le vent changera de direction, les voiles seront plus difficiles à se tenir au vent.

Alors, je m'organise pour aller au lit. Facile à faire, mais ce n'est pas aussi facile à fermer l'oeil. Lorsque je sais que le vent va changer, comment puis-je être tranquille? En plus, il devrait augmenter peut-être jusqu'à 28 noeuds. Si c'est le cas, c'est presque le branle-bas de combat. Difficile de dormir l'esprit tranquille, je tourne d'un bord et tourne de l'autre. Le vent augmente un peu, je me lève et je prends un ris. J'attends un peu, il ne change pas vraiment de direction. Après quelques fois, il y a trois ris dans la grand-voile bien sûr. Le vent tend à ralentir. Maudite marde... Je m'excuse, mais je ne larguerai pas de ris. Je dois dormir au moins un peu.

Soit patient mon jeune blanc-bec... Tu n'as donc rien appris jusqu'à maintenant...
Je me recouche lentement. Que puis-je faire d'autre, dormir et je verrai plus tard. Dormir?! Pas mal comique... je me relève quelque trente minutes plus tard. Ça y est, je le sens, c'est clair! Loréline est au diable aux vaches. Le compas indique que l'on va au sud. Le vent souffle en ti-père. J'enfile mes culottes, nu-pied sur le pont, pourquoi pas. La mer n'est pas si mal. Le vent ne fait que commencer. Je reste donc au sec. Je rétablis la situation. Et je retourne au lit. La mer et sa vague nous soulevant tranquillement par en arrière... que c'est donc paisible... Je dors... bon... pas toute la nuit, comme d'habitude... hi! hi! Il faut veiller au grain!

Jeudi matin, vent d'ouest-nord-ouest environ 15-20 noeuds, j'enroule un peu de génois. Loréline ne se tenait pas très bien. Comme ça, elle est mieux. Nous ne ferons pas de vitesse à cette allure là aujourd'hui, environ 4.0 noeuds sur le loch, parfois 3.0. Il y a toujours des rafales et on part au lofe, alors je tiens les voiles un peu tranquille. Mais, en échange, il y a un bon petit courant. Nous faisons donc du 6 miles nautique à l'heure au total. Le courant se met de la partie, on aime ça. Merci!

La mer est calme, elle ne creusera pas plus de trois mètres. Ça reste nuageux, malgré que l'on voit des rayons de soleil par-ci par-là. Il y a des oiseaux qui viennent s'amuser. J'en ai vu quatre ensemble. Deux gros spécimens avec deux petites hirondelles. Assez spécial à voir, ils se suivaient...

En fin de journée, je vois des creux de quatre mètres. Je termine la journée seulement avec le génois à poste. Je vois à 300 mètres des souffles de baleines... Ils sont trop loin pour que je voie quoi que ce soit d'autre que leur jet. Mais je vois un dos de dauphin dans les environs des baleines.

Superbe coucher de soleil.

La nuit de jeudi se déroule comme régulièrement, il faut que je me lève. Le vent disparait pratiquement au complet, je largue toute la voile. On fait 2.5 noeuds sur l'eau, nous sommes de travers au vent. Vent du nord. Je veille un peu question de m'assurer que ce n'est pas seulement pour un moment. Au bout d'une heure, je retourne me coucher. Je me lève quelques heures plus tard, nous allons au nord, Loréline est surtoilée, elle est partie au lofe. J'affale le tout. Je laisse 2 ris et plusieurs tours sur l'enrouleur. La nuit n'aura pas été payante en millage. Nous avions fait 70 miles en 12 heures le jour. Mais avec une nuit comme ça, nous allons avoir de la difficulté à atteindre les 110 miles en 24h. C'est comme ça. Il est pratiquement impossible d'avoir une journée exceptionnelle d'un bout à l'autre.

Le matin de vendredi est vraiment très beau. Il fait très froid aussi, 13.5 0C à l'intérieur. Le temps d'ajuster mieux les voiles et le barreur. Nous sommes repartis avec une bonne vitesse. J'essaie de faire du nord pour laisser passer le prochain anticyclone à notre sud. C'est pratiquement impossible d'y arriver, mais il a une tendance à faire du sud. Alors, je me croise les doigts. J'ai probablement le temps de me rendre au 36e parallèle. Reste à savoir si le centre de l'anticyclone descendra assez au sud. Les vents devaient se calmer. Mais il y a toujours de rafales. Nous gardons 3 ris dans la grand-voile avec la moitié du génois pratiquement toute la journée. Malgré notre bonne vitesse, notre progression est un peu ordinaire.

J'ai l'impression que le courant est plus fort en bas du 35e parallèle pour le moment. Toutes les fois que j'ai essayé d'aller plus au nord, notre distance parcourue diminue.
La journée est ensoleillée, le gros ciel bleu, il n'y a que des gros nuages qui passent en matinée. Nous aurons un autre très beau coucher de soleil pour vendredi.



« Retour

Sylvain Fortier - Les projets Équiglobales
2591, boulevard du Versant Nord
Québec, Québec, Canada
G1V 1A3
Téléphone : 418 928-8378
Courriel :

Imprimé le : 24 juin 2017