Sylvain Fortier - Les projets Équiglobales

Carnet de Bord

26 mars 2014

Y'a toujours quelque chose à faire

Y'a toujours quelque chose à faire

Durant ma journée de dimanche. J'ai eu le temps de faire des petites choses qui trainaient. Organiser un autre aérien pour le régulateur, j'en avais perdu un en mer. Je lui en ai taillé un d'une meilleure dimension que celui que j'avais pris pour temporaire devenu presque permanent avec le temps. J'ai aussi mieux organisé ma planche pour m'assoir au balcon arrière, il lui manquait quelques cordages pour la stabiliser. J'ai même fait des sommes dans mon lit, mon vrai lit, à travers tout ça. Les voiles en ciseau avec une mer tranquille, je me sentais comme dans un rêve. Très détendu... J'ai vraiment bien dormi. Comme sur un nuage. Jusqu'à un certain moment donné. Ensuite, le vent à changer de provenance et la pluie nous a tombés dessus... Coudon, moi, je suis en navigation... Réveille-toi mon gars et enfile tes culottes, il est temps de te faire arroser un peu. Un peu d'eau de mer... Un peu d'eau du ciel... Je suis mouillé pareil.
Durant la nuit, on croise un cargo. Je vois sa lumière rouge. Et je le vois sur le radar. Il est à 4 miles de nous. Il nous passe au nord. Tranquillement. Je me recouche paisiblement.

Lundi matin, il fait froid. Je me lève 15 minutes avant que le coup de vent nous parvienne. Ce n'était la première fois je me levais durant la nuit. Vers 6h45, il rentre. Je parle du coup de vent. Trois ris et plusieurs tours dans l'enrouleur. on fait de la vitesse, parfois 6.5 noeuds, vent de travers, ça roule en s'il vous plait! Loréline a un peu trop de plaisir... Mais je la laisse faire. Faut bien qu'elle s'amuse de temps en temps. Et puis, tout le monde est heureux. Alors, le capitaine aussi.

En matinée, j'essaie une nouvelle technique. Je lave mes bas à l'eau de mer savonneuse bien sûr. On verra bien ce que ça va donner. Du moins, la senteur va prendre le bord. Le vent faiblit tranquillement, je largue les ris. Toute voile dehors... Après avoir fait 100 miles par la peau des dents hier, les espoirs pour aujourd'hui s'envolent tranquillement. Mais depuis quelques jours c'est comme ça. Le vent va et vient comme bon lui semble. J'ai confiance, il va revenir. Notre vitesse descend à 2.5 noeuds parfois.

Je me suis fait donner tout plein d'oranges par mes amis avant mon départ. Les oranges du Japon sont vraiment bonnes. Il y a des clémentines, mais aussi des oranges grandeur normale. Il semble y avoir deux genres de ces oranges. Une sorte plus dure, l'autre plus tendre. La deuxième, la pelure s'enlève vraiment bien, l'autre je prend la cuillère pour m'aider. Mais leur saveur est aussi succulente l'une que l'autre. Elles ont des pépins, c'est du naturel! Parfois, je ne sais pas pourquoi, je suis porté à même enlever la fine peau des morceaux d'oranges, comme ça, je mange juste la pulpe. C'est un pur hasard qui m'est arrivé un beau jour.

J'écoute beaucoup de Richard Séguin. Un chanteur québécois engagé. J'adore...
T'arrives avec tes voyages... où se trouve le sens du mot sincère... ou ça fini ou ça commence... tu vois la vie t'es sûr de rien... la route ouverte aux quatre vents!!
Il y en a d'autres bien sûr. Merci d'être là et de me porter par le vent. Je le sens, le vent il me pousse...

Nous croisons un autre cargo vers 11h lundi toujours. Il déborde de conteneurs. Il en a partout bien cordé, en avant et en arrière de sa tour de pilotage. Il nous passe au sud. Salut!! Je lui envoie la main, sachant très bien qu'il ne me voit pas. Ce n'est pas grave, j'ai du plaisir à lui dire bonjour. Je suis-tu à virer fou moi-là...

La journée se déroule tranquillement, comme tous les autres jours d'ailleurs. Mais il y a des nuages qui passent. Et eux, ils ne nous laissent pas tranquilles. Alors, je prends des ris et je les largue 30 minutes plus tard, et ce, durant toute l'après-midi. Ensuite, le gros ciel bleu en arrière de ces gros nuages d'orage... Enfin, je vais l'avoir tranquille. Je pourrai dire, une belle journée... Pendant que je suis à l'intérieur, ce n'est pas fini! Un autre bon coup de vent nous tombe dessus... Loréline gîte, elle part au lofe, comme d'habitude. J'enfile mes culottes et je sors sur le pont prendre mon ris, enrouler ce génois. On fait des belles vitesses avec tout ça. Et j'apprends comment manoeuvrer un voilier... hi! hi! hi!

Une baleine vient nager avec Loréline en fin de journée. Elle est parallèle à nous, à 20 pieds de distance. Ce doit être une bleue. Je ne la vois pas au complet. Mais il me semble que cette image ne trompe pas. Je n'aurais pas dû courir à l'intérieur chercher mon appareil. C'est toujours une dure décision, car je sais que le temps que je cours à l'intérieur, la bête risque d'être partie. Tout comme la tortue que j'avais pêchée, je ne me souviens plus dans quelle mer. Faudra que je revoie mes notes. Et d'autres fois, je prends simplement le temps d'admirer la nature. Et après 15 minutes je me rends compte que j'aurais pu faire un super beau film avec tout ça. Alors, je me dis, profites du moment, et les images, et bien j'en ai en masse pour faire quelques films qui ne seront jamais produits alors... profites du temps un peu!

La nuit de lundi se déroule un peu de la même manière. Je me lève plusieurs fois pour des coups de vent. Et finalement, je décide de laisser un ris dans la grand-voile. Question d'espérer que le vent me laissera tranquille de cette façon. Cette manigance a bien fonctionné. J'ai pu dormir un peu. En me levant au matin de mardi. Le vent avait tourné, nous faisions cap au 30. L'anticyclone s'approche.

Mardi le vent très faible est de l'ouest, à peine 10 noeuds. Les voiles sont en ciseau. On fait 2.5 noeuds sur l'eau. Pas beaucoup de millage prévu pour aujourd'hui. Le vent tournera vers la fin de la journée.

Il y a tout plein d'oiseau qui vient s'amuser avec nous. Lundi soir c'était le gros party. Il y en avait une centaine au plus loin que je pouvais voir. La plupart étaient de taille moyenne, certains avec des tâches blanches en dessous des ailes. Au moins un albatros à travers tout ça. Si je peux leur servir d'attrait touristique, ils m'amusent bien eux aussi!

Mardi, c'était un albatros.

Il fait vraiment beau, le soleil nous chauffe la couenne. Nu pied, je sens le pont chaud. J'ai donc utilisé les dernières gouttes de sikaflex pour essayer d'étanchéifier mieux, il y avait au moins un écrou d'un hublot que je croyais avoir travaillé, mais où l'eau parvenait encore à s'infiltrer.

En après-midi, je ne sais pas ce qui ne va pas. Mais il m'est impossible d'organiser le cap de Loréline comme il faut. Et en plus, malgré que nous faisons parfois jusqu'à 5 noeuds. Nous ne faisons pas plus de 2.5 miles par heure. J'ai l'impression d'être à contre-courant. La mer n'est pas plus grosse que 3 m. Les vents soufflent environ à 20 noeuds. Ils vont augmenter après le coucher de soleil . Auparavant, j'avais mis à poste mon yankee. Question de l'utiliser un peu et par le fait même économiser mon enrouleur et le génois qui vient avec. J'ai remarqué une faille sur ce dernier lundi. Une toute petite entaille. Il faisait assez beau, du moins, la mer me laissait aller travailler en avant. Le génois était enroulé juste à la bonne place pour que je puisse y apposer un collant de chaque côté, avec couture rapide. Décidément, mes voiles auront eu de la misère à finir le trajet.

Comme de fait, le vent prend de la force. Je prendrai mon dernier ris. Mais juste avant de me mettre au lit, le vent est tel pour que je juge mieux d'affaler la grand-voile au complet. Le vent est de travers et on roule bien, jusqu'à 5.4 noeuds.

Mercredi matin, je constate que malgré notre vitesse le millage parcouru est médiocre. 75 miles les derniers 24h. Pourtant, la vitesse sur l'ùeau était bonne toute la nuit et notre cap pas si mal. J'ai arrêté de faire du nord par contre. Selon le GPS, notre route orthodromique devrait être de 80 degrés environ. Mais si je continue sur cette route, je passerai du mauvais côté des prochaines dépressions qui s'en viennent. Et j'aurai du vent d'est. Alors, il m'est probablement préférable de faire moins de miles ces jours-ci, que de me donner du mal dans quelques jours.

Je hisserai de nouveau la grand-voile mercredi midi. Je laisse 3 ris. On roule en s'il vous plait. Loréline part au lofe. Je vois passer des 6.5 noeuds. Il y a des rafales bien sûr. Des vagues du nord nous parviennent. La mer devient croisée. Elle fait n'importe quoi, sauf être régulière. Il y a des brins de pluie. Le vent du sud, tournera à l'ouest et perdre des on souffle avant le passage de la prochaine dépression.

On avance....

Une autre photo de Wakayama vu du pont suspendu qui mène à l'île où se trouve la marina. Je réfléchis encore beaucoup sur tout ce qui s'est passé au Japon. Je me devais bien de rejoindre cette culture. Et surtout de la façon que je voyage. Je suis vraiment privilégié. J'ai tellement vécu de beaux moments. Ils ont été trop courts, je suis parti trop vite.



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Imprimé le : 25 juin 2017