Sylvain Fortier - Les projets Équiglobales

Carnet de Bord

17 mars 2014

De retour en mer...

De retour en mer...

Je serai resté plus d'un mois au Japon finalement. Une semaine à Komatsushima et les trois autres semaines à Kainan. Je devais commencer à peine à entrevoir la philosophie de la culture japonaise. Il est vrai que j'ai toujours été différent de notre culture nord-américaine dans tous les travaux ou les relations que j'entreprenais. Mais, ici au Japon, il y a quelque chose d'indescriptible qui se passe dans les airs. Ce n'est pas une semaine dans un hôtel et 3 - 4 photos dans les temples qui vous feront découvrir cette culture.

Lorsque je partais du Sénégal en 2009. Après 6 mois passés en terre africaine, je commençais à sentir la culture africaine. Et je me disais qu'il me faudrait vivre au moins un an avec ces gens, à travers eux, pour commencer à comprendre. Même que parfois je me disais qu'il me faudrait avoir leur peau pour me fondre en eux pour vraiment saisir.

En Asie, malgré nos profondes différences, je crois que nos cultures sont moins différentes l'une de l'autre. Bref, j'en aurais long à dire sur le sujet. J'ai même vu des visages qui m'ont fait pensé à des visages de nos premières nations en Amérique. Il faut se rappeler que les peuples qui vivaient avant nous en Amérique proviennent d'Asie, il y a plus de 12 000 ans.

Le Japon a réussi à très bien se développer. Et leur discipline culturelle fait en sorte que rien n'est laissé à peu près... Certains vous diront, ce n'est pas tout le monde qui prend le temps de bien faire. Probablement, car j'ai aussi vu des choses que je ne croyais pas voir ici. Définitivement, la perfection n'est pas de ce monde. Mais en général, ce peuple a réussi à garder sa discipline au fils du temps, et ce, malgré son développement technologique.

Le sentiment avec lequel je repars est un peu mitigé. J'ai fait de très belles rencontres. En très peu de temps, je me suis fait de très bons amis. Les gens sont attentifs aux autres. Et le respect qu'ils dégagent donne le goût de cette paix intérieure.
Ils m'auront fait beaucoup réfléchir sur notre culture, sur le chemin qu'elle emprunte. Nos valeurs culturelles actuelles... Depuis des années que je réfléchis beaucoup là dessus. Mais ici, c'est tout à fait l'opposer de ce que nous voyons chez nous. Malgré les similitudes... Je suis difficile à suivre. Je me comprends un jour, je devrais être en mesure de faire comprendre.

Je sais qu'il ya de belles choses qui m'attendent plus loin sur mon chemin. Viendra le jour où je laisserai les vieilles histoires qui envahissent mon esprit... derrière moi... Mais par contre, sans jamais oublier ce qui m'a fait passer par les chemins empruntés au cours de ma vie.

Je suis donc reparti en mer, comme toujours, je continue d'avancer sur le fils de la continuité.

Les conditions de mer dans lesquelles j'ai levé les voiles sont tout à fait incroyables. Le vent nous pousse tout doucement. C'est tout à fait le contraire des vents qui m'avaient accueilli. Il est juste favorable pour nous faire avancer sans trop de douleur. Tant mieux, car après avoir enlevé le mât, je me sens un peu inquiet du gréement. Je l'ai vérifié une seconde fois après l'avoir remis en place, je ne pouvais pas repartir comme ça, sans avoir une image favorable des pièces du mât une fois en place. J'étais satisfait de la vérification, mais le doute persiste toujours. Ce vent de provenance d'ouest adouci notre retour sur la mer. En plus, il y a la lune la nuit qui éclaire les alentours. Elle me sécurise pour la nuit. Le nombre de cargos est vraiment phénoménal. Il y a des cargos transocéaniques, mais d'autant plus des caboteurs côtiers. Ici, il n'y a pas beaucoup de route facilement praticable étant donné le genre de montagne. Alors, le transport par la mer reste très valoriser. Du moins, c'est mon analyse.
Lors d'une soirée en vélo, je regardais la baie lors de mon retour à la marina en traversant le pont qui me menait sur l'île de la marina. Je comptais 20 cargos à l'ancre, qui attendaient leur passage pour la baie d'Osaka. Le trafic maritime est continuellement intense. En partance du Japon, je suis la côte bien sûr. Mais pas trop. Car sur la côte, tout près. Je peux compter 10 cargos côtiers qui vont et qui viennent en même temps à l'intérieur de mon champ de vision. Je n'avais jamais vu un tel trafic maritime. Et si j'étais sur leur route, ce serait catastrophique. Je me tiens donc assez loin d'eux.

Le vent est tellement doux que je ne fais que 70 miles la première journée. J'ai donc de la misère à quitter la navigation côtière. Mais dès que je décolle de quelques miles de la côte, je sors de la route principale de trafic maritime. La journée suivante, je fais 117 miles nautiques. Incroyable, il y a du courant par ici. Et on n'avance pas si vite pourtant sur l'eau. Je reste très conservateur sur la toile hissée. Mon loch est resté pris et je ne m'inquiète pas. Mon GPS me dit ma vitesse sur le fond et cela me suffit. Je ne suis pas en course, le but est de rentrer chez nous.

Les éléments semblent être de mon côté, du moins pour le moment.
Mes amis avec qui j'ai beaucoup discuté sur différents sujets. Ils m'ont fait goûter aussi les spécialités japonaises. Il y a seulement deux mets que j'ai de la difficulté avec. Si je me souviens bien du nom, le Namabe... c'est un genre de gros verre du fond des mers... coupé je ne sais trop de quelle façon, il est un peu dur sous la dent. Alors, je passe mon tour la prochaine fois... J'ai tout de même goûté plusieurs fois pour être sûr du verdict personnel. Et l'autre spécialité, ce sont des fèves pourries si on peut dire. La première bouchée semblait bonne, mais au fur et à mesure... Je passe mon tour la prochaine fois aussi.

On voit Yuu, à ma droite. C'est le premier employé de la marina qui m'a approché pour aller manger ensemble une bonne soirée. Et Toshi à ma gauche. Pour sa part, il m'a tôt fait de me rappeler que l'important c'était d'être bien avec sa partenaire de vie en premier. J'avais déjà découvert ce fait. Mais de me le faire rappeler, c'est toujours bon. Il m'aura fallu un tour du monde pour la trouver.

Je rentre chez nous avec un sentiment complètement différent de celui avec lequel j'étais parti. Tout comme lors de mon premier tour de l'atlantique nord. C'est à croire que je vais me psychanalyser en mer. Je vous jure que ça fait du bien.
J'espère retourner au Japon un jour... Je suis reconnaissant aux Japonais pour avoir pris le temps de m'accompagner dans ma quête. Merci beaucoup...

C'est tout de même mon 2e arbre qui pousse dans une école à quelque part dans le monde...

Faut que je revienne le voir...



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Imprimé le : 24 novembre 2017