Sylvain Fortier - Les projets Équiglobales

Carnet de Bord

7 mars 2014

Le départ approche

J'ai effectivement reçu mon passeport jeudi. Alors, je n'attends plus après rien pour partir. Sauf qu'il me reste des petites réparations, vérifications et préparatifs avant de lever les voiles. Je fais une petite épicerie tous les jours, je remplis mes sacoches de vélo à chaque fois. Il ne me reste pratiquement que le frais à me procurer à la dernière minute. Afin de me procurer l'alcool pour mon brûleur, il n'y a que de l'alcool pharmaceutique. Très dispendieux, mais j'en ai besoin. Il n'y en a donc pas en quantité industrielle. À chaque fois que je passe à endroit où il peut en avoir, je m'arrête et je vérifie s'ils en ont. Si oui, je prends presque tout ce qu'il y a. Il y en a parfois 3 ou 4. Je laisse une bouteille sur l'étagère par principe. Et je prends le soin de la replacer en avant. Je l'ai assez fait lorsque je travaillais dans un dépanneur que là, je me sens un peu coupable de prendre presque tout. Alors le minimum pour moi c'est de replacer ce qui reste de la ranger comme il faut.

J'ai aussi reçu jeudi après-midi, la visite inattendue de mon ami Tomi. Nous avions regardé ensemble dimanche passé les possibles cartes de la côte ouest américaines que je n'avais pas. Lui et sa femme ont fait tout de même pas mal de millage et ils ont beaucoup de cartes. Après m'avoir invité à dîner dimanche, nous avons étudions ce que je pourrais peut-être avoir besoin. Et Tomi est allé me faire des photocopies. Tiens encore un cadeau... Il aura une surprise, je n'ai pas le choix. Quel beau couple. Ils n'ont l'air de rien, mais ils l'ont fait leur voyage en voilier. Et Yoni semble avoir aimé ça en s'il vous plait...

Ensuite, mon embout de bôme que j'avais envoyée à souder. Je l'ai reçu vendredi. Mon soudeur me dit... It's a present, it's a gift... Décidément, mes réparations ici, ne me coûteront pas tellement cher... Mais je crois qu'il aura une surprise d'ici peu... Au minimum un gilet de mon challenge.

Mon chauffage, je l'ai regardé pour une 3e fois environ, sinon plus. Et j'ai définitivement abandonné le projet. Il est trop compliqué. Il indique un problème électrique, mais j'ai tout vérifié les fils, les branchements... tout tout tout, je l'ai démonté deux fois. Alors, j'ai des choses plus importantes à faire. Le printemps s'en vient. J'ai commencé à réimperméabiliser mes habits de navigation. Je ne les avais pas lavés à la machine depuis mon départ. À la main c'est mieux que rien, mais pas aussi efficace que la machine. Et c'est la première fois que j'ai une machine à la porter de la main. J'en profite un peu. Du linge propre... wow!!

J'ai enlevé ma vieille grand-voile. Il faisait soleil vendredi. Elle était donc sèche après s'être fait rincer par la pluie juste en masse. J'aurais peut-être dû la laver mieux, avec du savon. Mais il n'y a pas d'endroit convenable ici. Le parterre de ciment... ça m'inquièterait un peu de frotter une voile à la brosse sur le ciment.

Je refais mes connexions pour l'antenne HF. Avant un départ pour aussi longtemps, encore bon ou non, je coupe et je refais.

Alors, il me restera à grimper au mât pour vérification. Débloquer le drain du banc bâbord. Faire une vérification des joints d'étanchéité qu'il pourrait rester à faire. Laver différents endroits de Loréline. Il m'en reste à faire. Faire le plein d'eau. Quelques épiceries encore. Mettre en place le fameux yankee, j'espère que ce sera le principal participant pour cette traversée. Et! La grand-voile que je n'ai pas encore ouverte... Je suis bien curieux de voir quel genre de réparations que le monsieur n'est pas très fier de me montrer.

Je commence à comprendre leur fonctionnement, je crois. Je suis arrivé dans un garage pour voiture. J'avais besoin de me procurer un genre de fusible que l'on trouve seulement à cet endroit. Et, il n'y avait pas de 25 amps. Il n'y avait que des 15, dont j'avais besoin d'ailleurs. Des 20 et des 30 amps. Alors, le monsieur ne voulait pas me vendre quelque chose qui ne me convenait pas. Vous savez quoi... J'ai pris celles de 15 amps. Et je me suis dit que je trouverais bien les autres dans un autre magasin. Mais, après avoir payé, je sortais dehors. Le monsieur en question est parti en arrière... Et lorsque je m'apprêtais à enfourcher mon vélo. Il est arrivé avec des fusibles 20 amps comme ça. Il me les donnait... Je comprenais qu'elles faisaient tout de même le travail, mais qu'il ne voulait pas me les vendre. Il me les offrait pour me dépanner. Il devait savoir que même si j'allais dans d'autres magasins, je ne trouverais pas ce dont j'avais besoin. Comme de fait... J'ai fait le tour un peu...

J'ai passé la soirée de jeudi avec des couples de jeunes japonais. Je ne sais plus si je dois me compter parmi les jeunes... Mais ce fut une belle soirée. C'était de toute beauté de voir des jeunes qui se sont engagés, ils sont mariés. Je leur parlais de nos nombreux divorces chez nous... Ils me répliquaient avec le nombre de suicides qu'il y a au Japon. Semble-t-il qu'il y en a plus de 30 000 par année. Alors, la version du bonheur de la population change tout dépend de la personne qui vous parle. Je ne crois pas que le but soit de se comparer, mais simplement d'analyser la situation. Si nous savions la vraie vérité, notre vision du monde changerait.

De mon côté, bref, je me fais de nouveaux amis. Et j'apprécie de plus en plus les Japonais. J'aime l'humanité... Quand est-ce qu'on arrête la guerre??

Je vous envoie deux photos. On peut voir la petite gang lors d'une projection vidéo. À ma droite, M. Hanada, à sa droite, Tomi. À ma gauche, le monsieur qui a réparé mes voiles. On voit sa femme juste en avant de lui. Le manteau bleu, je n'ai pas eu le temps de le connaitre malheureusement, c'est lui qui fournissait le câble pour brancher l'ordinateur au projecteur... Dans la première rangée, le monsieur avec les cheveux longs gris et sa femme enceinte à sa gauche, nos hôtes. Un super beau petit couple, ultra bio, assez hippie! Le monsieur m'a même demandé si ça me dérangeait de manger des pâtes avec des produits chimiques dedans. Vous voyez à quel point ils sont bio. Poulet élevé bio, et légumes qui ont poussé dans le jardin à côté sans engrais chimique, sans émission de CO2. Yoni, la femme à Tomi en arrière de la caméra.
Sur l'autre photo, on me voit dans un port de pêcheur, un peu au nord de Wakayama. La journée où M. Hanada et moi sommes allés nous divertir sur un autre voilier, faire une petite jobine. Essayer de lui rendre l'appareil.



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Imprimé le : 24 juin 2017