Sylvain Fortier - Les projets Équiglobales

Carnet de Bord

5 mars 2014

Les montagnes nipponnes

Les montagnes nipponnes

Je n'ai pas perdu mes bonnes habitudes. Je me lève souvent avant le soleil. Je travaille donc lundi matin très tôt sur mon système de chauffage. Il pleuvait. Température idéale pour travailler à l'intérieur. Finalement, j'y passe la journée. Je l'ai démonté au complet. Il avait eu une infiltration d'eau. L'intérieur était tout rouillé. Je l'ai nettoyé au complet. Et je l'ai remonté précautionneusement sans oublier aucune pièce. Mais je n'ai pas réussi à la faire fonctionner. Il indiquait un problème électrique en l'allumant. Donc, je dois avoir un fil corroder ou sectionner quelque part. J'ai regardé la situation en le démontant au complet de nouveau. Le soleil s'est couché, il faisait froid. Je n'ai pas réussi à trouver le problème. J'en avais assez pour cette journée. J'ai tout refermé et je le regarderai probablement une autre journée.

Mardi matin, le soleil était au rendez-vous avec un gros ciel bleu. Je n'avais pas le choix. C'était la journée idéale pour faire les joints d'étanchéité. Les endroits étaient déjà presque prêts, sauf un petit nettoyage et l'application du primer. Il n'aura fallu que quelques heures pour faire le tour des principaux endroits. Mais lorsque j'en mets un peu trop partout, il arrive ce qui doit arriver. Un cordage se prend dans un joint, ma ligne de vie dans un autre... Alors à ce moment-là, il est temps d'arrêter l'opération. Je recommencerai une autre journée.

Ensuite, je m'apprêtais à rejoindre mon réparateur de voile. Il m'avait amené un voyage de mazout. Je préparais mes sacoches de vélo à recevoir les trois bidons. Lorsque monsieur arriva sur le fait. Il me proposa de m'amener dans une autre marina, il avait un travail à faire sur un voilier. J'allais pouvoir l'aider. En même temps, il me faisait visiter un bout de la région plus au nord. Ensuite, il voulait aller passer la soirée dans son camp dans la montagne Oshi. Où l'un de ses amis attendait notre possible venue. Il m'était difficile de refuser ses propositions. En même temps que je lui ai donné l'argent pour le mazout, il lui a été difficile de refuser la différence sur mon 100$ pour le travail sur mes voiles. Sous prétexte que je n'avais pas de change. Je dois dire que 40$ ne paie même pas le matériel qu'il a utilisé. Et son prétexte à lui, c'est que les réparations ne sont pas à son goût. C'est son ami qui aurait fait les coutures. Il est un peu gêné de ça. Alors, on finit par bien s'entendre. Avec mes quelques petites heures où je l'ai aidé sur le petit voilier de 27 pieds. Des gros travaux... Très éreintant... J'essaie de lui signifier que je suis disponible pour d'autres jours s'il a besoin. Mais on verra bien, il semble habituer de faire son travail seul.

Ensuite, on prend la route pour la montagne Oshi. C'est un parc. Donc les arbres n'ont pratiquement jamais été coupés sauf tout en haut. Probablement pour profiter de la vue. L'air dans les montagnes, dans la forêt, est tellement pur. Je prenais de grandes respirations. Je me débouchais les narines à respirer à fond. Avec l'humidité qu'il y a en plus. Extraordinaire! Les deux amis, m'ont amené ensuite dans un bain vapeur se source naturelle. C'était donc mon deuxième par ici. Dans son véhicule, il n'y a que deux places. Je m'assis donc dans la boite arrière. Un genre de petit 4X4, 600 cc, un utilitaire, très pratique finalement. Il roulait un peu vite, mais l'air était tellement bon. Je respirais à fond et mon nez débouchait tranquillement. Nous avons mangé un repas typique d'ici. Au fond, c'est exactement comme une fondue chinoise. Mais, ils y mettent toute sorte de choses. Des légumes, de la viande, du poisson, des moules et même des pâtes. Tout ça avec des baguettes. Je commence à être pas si mal. Mais après 30 minutes de manipulation des baguettes, je commence à avoir les mains pleines de pouces... Alors, ensuite j'utilise la fourchette. Mais mon ami, lui, il mange son oeuf avec des baguettes... Un oeuf bien baveux! Nous avons bien jasé et j'apprends de plus en plus sur le Japon. La population vieillit et il y a de moins en moins de jeunes. Les naissances sont de l'ordre d'environ 1.2 enfant par couple. Mon comparse dit que nous ne pouvons que voir dans les rues des petits vieux tout recroquevillés. Malgré les montagnes très escarpées, autrefois les gens montaient tout leur marchandise ou matériau sur leur dos. Ces gens-là aussi ont travaillé très fort pour arriver à leur niveau de développement.

Mercredi matin, la marche en montagne est annulée, il pleut. Et je dois vous dire que j'ai affaire à un monsieur très en forme du coeur. Les petites marches que nous avons prises ensemble, les petites butes gravis, les escaliers montés au même rythme l'un de l'autre. Il n'avait aucune envie d'avoir le souffle court. Il en redemandait encore. C'est un homme de montagne. Il en a fait quelques-unes dans sa vie. Il passe les 70 ans, je crois.

Au retour, nous avons vu un cerf. Les montagnes sont absolument magnifiques, découpées au couteau, sauf celle du parc où se trouve la cabane de mon ami. Elle semble avoir été grugée par le temps. Sinon, il y a des montagnes escarpées à perte de vue. À travers desquelles, il y a parfois des rivières bien sûr. Juste à côté de Oishi yama, la montagne de Oishi, il y a une superbe rivière d'un bleu azure. Sur le chemin du bain vapeur. Je n'avais pas amené ma caméra. J'aurai au moins pris l'air comme il faut.

Ici, on peut voir qu'ils ont bien su amener les montagnes avec ce type de rizière.
Étant donné la pluie, je me suis cherché quelque chose à faire au sec. Ce n'est pas comme si je manquais d'ouvrage à faire. Mon vieux sac de couchage, il méritait de l'attention. Je lui ai cousu un nouveau tissu intérieur à la main. Il était complètement usé, je ne voyais plus que le rembourrage. Vous allez dire que j'étire la sauce. Le sujet mériterait une discussion.

Je pense que j'ai trouvé une solution à mon incapacité à planter des arbres n'importe où comme ça sans me sentir coupable d'affronter un règlement que je ne connaitrais pas...



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Imprimé le : 20 août 2017