Sylvain Fortier - Les projets Équiglobales

Carnet de Bord

3 mars 2014

Les travaux sur Loréline

Ils avancent bien. Quoi dire d'autre... Les voiles sont recousues. Je ne les ai pas installées. J'attends un peu avant le départ. De toute façon, il pleut ces jours-ci. Mais j'ai commencé à faire du ménage en profondeur. Wow, il me semble que ça fait du ménage dans l'esprit aussi. On voit plus clair dans le bateau en enlevant une couche de poussière. Ensuite, il y a des soudures à faire qui sont rendues à la bonne place. Je lui ai laissé un casse-tête. Mais je suis sûr qu'il fera un superbe travail, je lui ai bien expliqué et il a bien compris. J'ai commencé à enlever certains joints d'étanchéité. De toute façon, ils avaient pratiquement tous craqué, je dois les refaire. De l'eau de mer avait pénétré le réservoir à diesel. Le ménage est fait. Je vais changer de filtre aussi. J'attendais d'avoir extrait le mélange eau-diesel. Je vous jure que du sel, ça bouche des filtres. Je ne me souviens plus si je vous avais dit que j'ai ressuscité mon très très vieux GPS. Son fil coaxial, il était complètement oxydé. Je vais donc repartir avec lui. Les points géographiques de notre future route sont déjà enregistrés.

Effectivement, je commence à regarder mon prochain parcours. Ça me met dans le bain. J'ai une sensation spéciale, comme si je n'avais pas pris la mer il y a longtemps. Il n'y en aura pas de facile. En écrivant ça, j'entends la cloche. Il est 17h. Je crois que tous les jours, il y a une cloche à cette heure. Une personne dit quelque chose, je crois que c'est la fin de la journée de travail. Il y a un haut-parleur quelque part que je ne sais pas. Ce n'est pas agressant du tout. Il y a une musique qui joue ensuite. Une musique douce pour les oreilles.

En parlant de musique, les femmes qui sont aux caisses enregistreuses dans les épiceries ou les pharmacies, peu importe, l'endroit en fait. Lorsqu'elle balaye un article sur le lecteur de code-barre, elles disent quelque chose en même temps, à tous les articles. Et l'intonation produit comme une mélodie. Au bout de la ligne, ça produit comme une chanson, une mélodie... C'est très beau à entendre et ça me fait sourire à chaque fois. La délicatesse avec laquelle elles manipulent chaque article est déconcertante. J'arrive avec mon panier, dans lequel j'ai fait attention de ne rien écraser, bien empiler. Et elles prennent les articles directement dans le panier pour les mettre dans un autre panier à peu près dans l'ordre que je les avais mis. Elles les rangent donc à côté du panier pour les empiler par la suite dans l'autre panier afin de ne rien écraser, tout ça dans un ordre soigneux. Tout ça en chantant leur chanson... J'adore! Ensuite, je prends mon panier et je vais à une table faite pour que j'emballe mes articles comme je veux. C'est une très bonne méthode pour moi, car normalement je bloque la file. Je suis toujours un peu compliqué dans mon emballage, car je mets tout dans mes sacoches à vélo. Mais là, je ne dérange personne, je mets mon panier sur la table, je vais chercher mes sacoches sur mon vélo et je prends le temps.

Alors, de ces temps-ci, je regarde mon prochain parcours. Finalement, j'espère me rendre d'une traite au canal de Panama. Il y a plusieurs autres options envisageables, car il est possible que le temps se gâte de temps en temps, surtout à l'approche des côtes du Mexique. Selon le GPS, la trajectoire orthodromique me fait faire un cap de 560 pour rejoindre le Mexique. Mais je crois essayer de rester près du 35e parallèle, selon ce que la météo va m'offrir. Je dois avouer que si jamais j'ai du vent de front, je risque de perdre de l'eau parcourue un peu. Je vais essayer de ne plus faire face au vent comme j'ai fait pour arriver au Japon. C'était vraiment très dur comme condition de navigation, plutôt pour le matériel, mais il faut que j'y pense, c'est lui qui me tient au-dessus des flots. Et j'ai beaucoup de millage à faire pour rejoindre le canal. Environ 8 000 miles nautiques, sans compter les détours que je risque de faire.

Parlant de matériel, le monsieur qui m'a réparé mes voiles n'a pas voulu parler de prix pour les réparations... La situation est un peu gênante. Je lui ai demandé deux fois, et il a évité le sujet. Je crois qu'il comprend bien ce que je fais et mes conditions dans lesquelles je le fais. Il m'a donc invité une première fois dans une soirée avec des amis pour que l'on parle de navigation. Que de belles rencontres. Dont un couple qui a fait le tour du pacifique nord il y a dix ans. Je n'ai pas pensé apporter mes images. Nous avons très bien mangé et surtout bien discuté. C'est la femme qui parle le mieux anglais. Je vous jure qu'elle sait de quoi elle parle lorsqu'elle parle de navigation. Le couple est revenu me chercher à la marina pour me faire visiter la ville. Le nom de la ville est Kainan. C'est le nom de l'ancienne petite ville qui fait maintenant partie de Wakayama. Nous avons visité des temples l'un bouddhiste et l'autre japonais. Les deux types de temples se ressemblent beaucoup. À travers les petites ruelles à l'ancienne... Mais je n'ai pas pu prendre de photo, ce n'était pas prévu comme ça. Alors, je n'ai pas amené mon appareil.

Mais nous avons passé une autre soirée ensemble avec d'autres personnes. C'est un jeune couple qui nous a reçus. Ils avaient un projecteur. Le but de la soirée était de voir des images de mon projet. Il y avait quelques personnes invitées et tout le monde était intéressé par mes histoires et mes réflexions sur le monde. Belle soirée!

Avec tout ça, de moins en moins je risque d'aller à Kyoto. M. Hanada, le monsieur qui a réparé mes voiles est débordé à son atelier. J'aimerais lui donner un coup de main. Je commence à trouver qu'il fait beaucoup pour moi. J'essaierai de passer le voir cette semaine pour lui rendre l'appareil du mieux que je peux. Il a du retard et il travaillait dimanche passé durant que nous sommes allés nous promener. Il a un très grand coeur. Mais ça doit lui revenir de temps en temps.

Tandis que le couple de marins. Ils m'ont sorti toutes leurs cartes de leur 4 ans de navigation. Et Tomi photocopiera toutes celles dont j'ai besoin. Nous les avons limités à quelques une seulement. Car si je rentre sur la côte avant le canal c'est qu'il y a un problème.

Ça sent le départ... Mais j'attends mon passeport toujours... et je prends le temps aussi d'essayer d'être fin prêt pour une fois... Je vais finir par réussir...



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