Sylvain Fortier - Les projets Équiglobales

Carnet de Bord

28 février 2014

Mon deuxième arbre au Japon

Mon deuxième arbre au Japon

Malgré toutes les difficultés de la solitude physique, je dois avouer que ce qui m'arrive à travers tout ça, je dois le reconnaitre. Je fais de belles rencontres. J'ai de belles discussions sur le monde avec les gens que je rencontre et je réalise beaucoup de choses. Ce voyage m'aide à voir plus clair à travers tout ce que nous pouvons penser et véhiculer comme stéréotype et modèle social chez nous. Et je crois que nous devons réagir. En fait, depuis que j'ai commencé à voyager à travers le monde. Bien sûr, je fais des rencontres, j'étudie le monde et les interactions entre les êtres humains. À travers tout cela, je commence à mieux me connaitre et à savoir qui nous sommes. D'où je viens.

J'ai été vraiment très chanceux en arrivant ici. J'ai rencontré une mère de famille. Elle a trois enfants. Elle s'appelle Tomoko. Elle travaille à la marina. Elle doit avoir lu mon site internet de long en large j'imagine. Son plus vieux garçon a 12 ans. Donc l'an prochain, il passe à l'école secondaire. J'ai donc rencontré son professeur de 6e année. Un homme vraiment allumé, il a de la vie dans les yeux. Il parle l'anglais, un peu de français, le thaïlandais et je ne sais plus trop quelle autre langue... Il m'a invité dans sa classe. Ce fut tout un honneur. Des jeunes de douze ans vraiment allumés eux aussi. Tranquille, calme, attentif... intéressés!! Je leur ai parlé environ 25 minutes de mon expérience de vie, mes études, mes réflexions sur le monde, pourquoi je voyage, pour quoi je plante des arbres, un peu de tout quoi... Ensuite, 25 autres minutes de présentation vidéo avec encore un peu d'explication sur mon voyage, les raisons, des photos des arbres que j'ai planté dans les différents pays, la mer, les dauphins, les poissons que j'ai pris, des images de la neige au Canada, le premier arbre que j'ai planté au Sénégal... des jeunes très intéressés et très attentifs, aucun mot dans la classe... un professeur qui traduisait ce que je disais... je parlais tranquillement et un certain moment donné je lui ai demandé s'il comprenait ce que je disais... il m'a dit 75% oui... Ce fut très drôle! Mais je crois que l'essentiel est transmis. Et par la suite, les jeunes avaient plein de questions. J'étais vraiment impressionné par ces jeunes. Et ensuite, j'avais envie de prendre une photo de groupe. Vous auriez dû les voir déplacer leur bureau lorsque le professeur a donné son approbation. Ce n'était pas la première fois, ils savaient comment faire. Pratiquement en silence, sans confusion, les bureaux déplacer bien droit un en arrière de l'autre... Malheureusement, mon appareil photo n'a pas fonctionner. Après la séance de photo, ils voulaient tous me toucher la main. Alors, j'ai serré et saluer une trentaine de fois en ligne... Et par la suite, l'un d'entre eux a eu l'idée d'un autographe... J'ai donc pratiqué ma signature sur 30 bouts de papier...

Leur méthode, leur enseignement, leur respect me font beaucoup réfléchir. Je m'en retournerai complètement avec une autre vision du monde que celle avec laquelle je suis arrivé. Il ne faut pas venir ici une semaine, dans les hôtels passer vite, vite prendre quelques photos... ça n'a rien à voir avec la réalité qui est vécue au fond de la population japonaise.

Alors, la cerise sur le sundae. Le directeur qui était présent m'a invité à planter un arbre dans la cour d'école. Nous sommes donc retourné le lendemain pour commettre la plantation d'un sakura. En anglais, ils l'appellent un cherry blossom. C'est l'arbre qui durant la guerre semait l'espoir de la paix... Nous l'avons tous planté ensemble avec les élèves de la classe de 6e. Quelle expérience! Ils y avaient plusieurs petites pelles pour creuser et chacun passait son tour à l'autre après un certain temps. Avec la chanson du sakura pour la mise en terre. C'est le 2e arbre de ma vie que je participe à la plantation dans une école à l'internationale. Si on ne compte pas les 200 plants que nous avions plantés à l'université de Dakar à la faculté des lettres. Je commence à trouver qu'il y a des racines qui poussent un peu partout dans le monde. Et je suis pas mal heureux de ça.

Je reçois des dons via mon site internet. Je dois vous dire. Jusqu'à maintenant j'avais rempli mes contrats avec chacun. Je n'ai pas eu le temps d'envoyer les photos de l'Indonésie, je m'excuse, je le ferai bien vite.

Mais au Japon, étant donné ce que je vois, ce que je vis, le respect qu'ils ont envers les règlements, les gens, la nature... Il me sera difficile de remplir mon contrat avec ceux qui me laissent des dons. J'aimerais bien que vous en teniez compte si jamais vous aviez envie de me laisser un don. Il est difficile de comprendre vraiment ce qui se passe ici. De mon côté, je commence à comprendre de plus en plus le monde. Pour faire changement, je réfléchis beaucoup. Je suis certain que je serais très bien reçu et accepté ici. Mais, il y a un trésor qui m'attend chez nous. Alors, je suis sur le chemin du retour. Je dois repartir avant de prendre racine.

Te rends-tu comptes Philippe... tes gilets vont avoir fait le tour du monde mon gars!!
Merci mon vieux!

Voilà mon 5e arbre, le 5e continent...

Mais, sait-on jamais, il pourrait y avoir d'autres surprises. Je travaille là dessus...



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