Sylvain Fortier - Les projets Équiglobales

Carnet de Bord

31 janvier 2014

Enfin, il fait beau!

Jeudi matin je me lève avec un soleil resplendissant. Il est seul dans le ciel. Aucun nuage pour l'accompagner. Le fond de l'air est frais. Mais je suis toujours bien en tenue très légère. J'ai largué un ris dans la grand-voile ce matin. Le vent diminue lentement, mais sûrement. Il ne restera presque rien d'ici quelques jours, l'anticyclone au nord fait son travail. La dépression au sud semble se pousser vers l'ouest pour le moment.
Nous avons fait presque 90 miles hier. Malgré les quelques heures que j'ai passées à réorganiser le gréement. Je réfléchissais ce matin sur ma journée d'hier. Je dois avouer que j'ai gardé mon calme. Mais intérieurement, si j'avais eu le soudeur entre les mains, il aurait été possible que je lui torde le cou. Mais je dois constamment me dire que la vie est un apprentissage. Je crois que je suis parti relativement bien préparer pour affronter divers problèmes. Mais à un moment donné il y a toujours bien des limites. Je ne sais pas si je vais faire confiance au prochain soudeur ou bien si je vais me débrouiller avec ce que j'ai. Mais j'essaierai d'écrire à la marina où j'étais à Palau, pour leur envoyer une photo en leur expliquant qu'il serait bien que le soudeur sache son erreur. Pour qu'il apprenne.

C'était tout de même bien d'avoir eu une accalmie juste au moment où je découvrais la faille.

Ce matin j'ai abattu, nous ne sommes plus au près serré, mais au près bon plein maintenant. Profitons de ces quelques heures... La vitesse monte plus facilement en haut de 5.0 noeuds, oups, 5.3!! Si je me faisais une ptite journée à 100 miles, ça ferait du bien. En plus, le courant devrait être de notre bord rendu ici. Mais le GPS n'indique pas une si bonne vitesse. Je me fis de plus en plus seulement à la résultante latitude longitude. C'est bien beau d'être contorsionniste, illusionniste ou grand parleur... au finale, ce que tu vois c'est ce que tu as. Mon homologue de la République de Palau me disait si bien, il y a encore trop de gens qui parlent, pas assez qui font. Un jour faut regarder le résultat, arrêter de se faire des illusions.

Ce matin, j'ai lavé mon mouchoir en tissu à l'eau de mer.

Parfois, je vis de drôle de sensation. J'essaie toujours de me recoucher en matinée, afin de rattraper quelques heures de sommeil perdues à travers les journées qui passent. Mais ce matin, coudon, je suis tu pris dans un filet de pêcheur moi là? J'ai l'impression qu'on ne bouge pas. La mer est trop tranquille. Je me lève pour voir le tout. On navigue toujours bien à 4.0-4.5 noeuds. Je larguerai de la toile un peu plus tard. Je retourne au lit. Rien à faire... J'ai perdu l'habitude d'une mer tranquille, environ 2m de creux... Elle réussit à cogner de temps en temps, elle reste surprenante.

Jeudi soir, le vent tombe. Notre vitesse suit la courbe, elle varie entre 1.5 et 2.5 noeuds. Si j'avais plus de toile...

Nous croisons 3 cargos aujourd'hui.

La nuit se passe bien. Avec cette mer tranquille, je me repose bien.

Vendredi matin, j'apprends la formation de la tempête tropicale près des Philippines, nommée Basyang. Normalement, selon certaines sources, elle ne devrait pas venir entraver ma route. Mais on ne sait jamais. Pour le moment elle se contente de tirer du vent. Je ne sens pas beaucoup son effet. Elle devrait continuer son chemin vers l'ouest. Moi je continue vers le nord avec un vent qui varie d'est à nord-est. Il tournera au sud d'ici deux jours. Par la suite, un vent du nord arrivera avec diverses dépressions. Là, je commencerai avoir quelques problèmes à rejoindre Tokyo. Depuis ce matin, j'ai commencé à étudier d'autres possibilités d'atterrissage. Pourvu que je sois capable d'atteindre la grosse île du Japon. Jeter ma pioche quelque part à l'abri. Ensuite, j'attendrai du vent favorable pour rejoindre la capitale.

Je croise mon premier cargo vers 15h. Je m'inquiétais de ne pas en voir aujourd'hui. Hier j'en ai croisé un de vraiment très proche. Si je n'avais pas changé ma route, c'était un face à face. Je le voyais bien s'en venir. Lorsque je lui voyais seulement la passerelle blanche sur l'eau, j'ai commencé à chronométrer. 20 minutes plus tard, nous faisions collision. M'a-t-il vu? Il m'a passé à tribord à environ un demi-mile. J'ai repris ma route par la suite.

Je ne sens pas vraiment de courant favorable, il n'a pas l'air très fort par ici. Mais là, il faut que je vous avoue, la navigation est vraiment trop belle et intense. Le ciel est bleu, la mer est calme... légère vague de un mètre environ. Loréline file son 4.0 noeuds au près du vent pour faire changement. Dire que c'est un voilier de portant... C'est la sensation parfaite de navigation. Une bonne gîte juste comme il faut pour être bien, 200 à peu près. Pratiquement pas d'éclaboussure. On avance paisiblement. On avance vers le Japon en plus, c'est tu assez incroyable. Ça juste pas d'allure! On va l'avoir!



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Imprimé le : 20 août 2017