Sylvain Fortier - Les projets Équiglobales

Carnet de Bord

17 janvier 2014

Mon séjour sur l'île de Koror

Mon séjour sur l'île de Koror

Mon séjour sur l'île de Koror, dans la République de Palau Cet atoll a toute une histoire que je ne connais pas en détail. Mais il faut imaginer la 2e guerre mondiale avec les évènements qui ont eu lieu dans le pacifique. Selon ce qu'un résidant m'a dit, elle a appartenu aux Allemands, ensuite au Japon et ensuite aux Américains. Elle aura donc servi de base navale pour les Américains lors de la 2e guerre et aussi lors de la guerre du Viet Nam. Chose intéressante à savoir, je ferai des recherches plus approfondies lorsque j'aurai du temps. Lorsque l'on est sur place, Il est facile d'imaginer les gros navires de guerre ancrés un peu partout dans les baies très bien protéger à travers les montagnes. Cette image donne un drôle de sentiment à naviguer dans cet atoll.

Une fois mon entrée dans la république faite. Le lendemain matin, dimanche le 12 janvier, je mis le pied à terre avec mon vélo. Je me trouvais bien ancré où j'étais et avant de déplacer Loréline je préférais aller jeter un oeil par la terre. Les gens de la place me suggéraient de laisser mon annexe là, sur le gazon mon annexe serait en sécurité. C'était le bureau des rangers, je les remerciais fortement et je leur ai expliqué la situation plus en détail. Ils n'étaient pas surpris des autorités. Mais bon, tournons la page. C'est toujours un bonheur d'enfourcher ma monture sur rues. Ça fait du bien aux jambes. En avançant dans les rues, je vis une pancarte, Sam's Tour. J'étais juste à côté. Le Royal Belau Yacht Club fait partie des mêmes installations. Une fois arrivé sur place, l'ambiance est extraordinaire. C'est un centre de plongée. Il y a de la vie par ici. Des préposés partout et des autobus de touristes qui arrivent. Je parle au premier des employés. Il m'indique Sam! Il me dit que je devrais aller lui parler. Wow! Je vais rencontrer le Sam du Sam's Tour. C'est un américain qui est arrivé dans les environs il y a plus de 30 ans. Je saurai plus tard la façon qu'il aura développé son entreprise. Il me suggère fortement de venir ici. Il me propose un corps mort pour rien du tout. Il y en a un pour les invités, gratuit pour trois jours. Difficile à refuser comme invitation. Je peux me procurer de l'eau filtrée. Il y a des douches, l'internet... La grosse affaire, le gros confort à quelques coups de rames en plus. Je décide de ramener Loréline, mais seulement lundi. Aujourd'hui, je voulais découvrir les environs. Je vais en ville. Je pousse sur les pédales. Je me rends compte que tout est proche. Par chance, car j'ai oublié ma trousse de réparation de vélo et c'est toujours dans ces moments là que je fais une crevaison.

Je parcours les rues, je passe d'île en île à l'aide des ponceaux qui surplombant des baies remplies de coraux et de récifs. Les fonds marins sont vraiment extraordinaires. Mais il n'y a pas assez d'eau pour un voilier. Il y a de la mangrove par ici et par là. Quelques restaurants et des épiceries bordent la route. Des stations-services où j'essaie d'avoir un peu d'air pour mes pneus. Mais elles n'ont pas toutes un compresseur. Je continue mon chemin. Une buanderie! Comme chez nous, avec de la monnaie. Je suis devenu habitué de voir des laveries avec des femmes comme préposées. Elles vont jusqu'à plier notre linge, je n'y ai jamais fait affaire, je suis capable de plier mon linge tout seul lorsque je le plie. La dernière fois qu'une machine a laver mon linge en navigation, je ne m'en souviens plus. Un petit restaurant attire mon attention du coin de l'oeil, j'y reviendrai peut-être. Normalement, j'adopte le plus petit de tous, c'est là qu'ils font les meilleures choses sans trop de fla fla.

Il y a deux gros édifices, un de chaque côté de la rue, l'un en face de l'autre. Ils renferment à peu près les mêmes boutiques. Chacun une épicerie, un magasin de vêtements avec toute sorte d'autres choses à l'intérieur. De l'informatique, des articles de sport, de cuisine... tout! Il fait vraiment très chaud. J'arrêterai dans un petit café internet, ils font de la crème glacée. Je savourerai un mélange de yogourt et de crème glacée tout en me connectant sur le monde de chez nous. Par la suite, j'irai dîner au petit restaurant. C'est toujours bon bien manger, d'autre chose que du spaghetti et du cannage. Ensuite, je ferai un brin d'épicerie et je pédalerai de retour. Un bout du moins, car mon pneu s'est dégonflé, une crevaison, je m'en doutais. Je prendrai une longue marche finalement. À une station-service j'en profite pour prendre de l'air, le temps qu'elle reste dans le pneu je peux pédaler un peu. C'est une vraie ville, avec son école primaire et une autre secondaire, sa bibliothèque, son gymnase, son hôtel de ville et tous les autres services. Les gens sont vraiment très sympathiques et souriants. Ils prennent le temps avec les gens. J'ai marché longuement avec un monsieur d'ailleurs, nous avons beaucoup jasé. Je m'amuse parfois à dire aux gens que j'ai connu Dakar à force de marcher la ville. C'est un vieux qui m'avait dit ça. Si tu marches, tu connaitras. Je l'ai marché de long en large, tellement que je crois connaitre mieux Dakar que Montréal. Je me répète, je crois. Mais lorsqu'on prend le temps notre vision est différente que lorsqu'on court ou que l'on passe en voiture les vitres teintées...

Au retour, je vais faire un tour dans un restaurant inscrit wi-fi, je me renseigne. Et je rencontre une employée de Sam's Tour, une Américaine atterrit ici en voilier il y a un an. Je lui raconte un peu mon histoire. Elle s'empresse de me prêter un livre avec tous les points GPS des deux entrées pour l'île, l'entrée côté ouest par où je suis arrivé et celle du côté est. Je ferai des photocopies dès que je pourrai. Je laisse mon vélo chez Sam's Tour et je marche à Loréline, quoi de mieux que de prendre le temps.
Le lendemain matin, je suis très tôt sur mon câblot d'ancrage. Je lève encore l'ancre pour une vie meilleure. Il vente, je déroule le génois. Sam' tour est juste de l'autre côté de la butte. J'arrive rapidement. Première chose, j'affale mon génois. Je veux voir mon enrouleur pour savoir la réparation à effectuer. Bon d'accord. Il commence à fendre à un endroit. Je serai donc à la recherche d'un tube d'aluminium pour réparer le tout. Je répare ma crevaison pour aller en ville. J'ai fait pas mal toutes les places possibles pour trouver une pièce d'aluminium convenable. C'est seulement en fin de journée, tout près de la marina, il y a un endroit où ils soudent l'aluminium. Mais je ne voulais pas avoir à tout défaire mon enrouleur. Mais c'est la meilleure solution. Je dois le faire. Je retourne au voilier pour démonter l'enrouleur. La dernière pièce, celle de résistance que je n'avais jamais défaite auparavant. Je dois percer certains endroits, les écrous sont pris dans le sel bien sûr. Le lendemain matin, mardi, je reconduis ma tubulure chez le soudeur. J'irai la rechercher en après-midi. Quel beau travail, ça valait la peine. Pendant ce moment d'attente, je retourne en ville faire un bout d'épicerie, traîner dans un magasin ou l'autre pour chercher des objets nécessaires à la bonne marche du voyage. Je trouve un endroit pour changer ma batterie de montre, changer le bracelet de l'autre, mon câble USB pour winlink, j'en prends deux. C'est un arrêt où je ne perds pas mon temps. J'ai rarement perdu mon temps d'ailleurs.

Pour dîner, je retourne au petit restaurant. Je rencontre un monsieur qui me suggère de planter un arbre en dessous du pont suspendu offert par le Japon. La question est toujours : mais où est-ce que je vais me procurer mon arbre? En fin de journée, je vais voir un monsieur juste à côté de la marina, il semble entretenir des arbres. Je lui en parle sans trop pousser l'affaire. Je ne veux pas l'embêter avec mes histoires. Il me dit qu'il prend ses arbres dans la jungle. Je lui en aurais bien acheté un, mais il ne semble pas vouloir. Par contre, il aurait bien voulu que je vienne chez lui en planter un samedi. Mais je crois que je serai parti avant la fin de la semaine. Il faut que je trouve mon alternative. Je décide donc de partir en expédition à vélo mercredi matin voir un peu plus loin dans l'île, voir le pont que le monsieur m'a parlé.

Mercredi matin, je pousse sur mes pédales lentement mais sûrement. J'ai mis ma trousse de premiers soins à vélo dans mes sacoches, ça fait longtemps. J'ai apporté ma pelle aussi au cas où j'aurais l'occasion de commettre la plantation d'un arbre. En haut de la montagne, je rencontre un touriste qui prend la photo 'une maison, je m'arrête en même temps pour prendre de l'eau. Nous parlons un peu, il me parle de l'architecture de la maison, sa provenance. Après son départ, je contemple la vue derrière une maison en ruine qui donne sur un lagon. C'est vraiment très beau. Je remarque la végétation luxuriante. Je sors ma pelle. Je me rends en arrière de la maison et je prends quelques semis définitivement en compétition les uns aux autres. Je vais les semer à un endroit plus propice pour leur développement. Je continue à pédaler. Je me rends au pont, dont le monsieur me parlait hier. Je cherche une cabine téléphonique pour l'appeler, je parle à son ami. Ils ne viendront pas avec moi aujourd'hui. La femme du dépanneur me suggère de les planter ni vu ni connu, je n'aurai pas de problème, tout le monde ici est ouvert à ça. En retournant près du pont, je croise des cocotiers. Il y a des noix de coco par terre, dont une où il y a déjà un semi qui pousse. Je la ramasse et la mets dans mon sac, ce sera mon arbre pour cette fois-ci.

J'ai donc planté mon arbre sur un atoll que je m'attendais même pas arrêter. Mais si j'oublie les autorités, les locaux sont vraiment très sympathiques. Le lendemain, je me devais de retourner au Pacific Palau Resort afin de remercier mon ami Travis. Lorsque j'étais ancré devant le resort c'est lui, préposé à l'accueil et un de ses collègues qui m'ont aidé et appeler les rangers pour qu'ils m'escortent. Je suis retourné au resort, mais il n'y était pas. Je me suis rendu à l'école primaire où il travaille la semaine. Sur le chemin j'ai croisé mon homologue qui plante des arbres depuis maintenant très longtemps. C'est lui d'ailleurs qui a planté tous les arbres dans la rue où nous nous sommes rencontrés. Ils étaient très heureux de me voir d'ailleurs, enfin quelqu'un qui comprend exactement ce que nous comprenons mutuellement. Ce n'est pas parce qu'il n'est pas éduqué qu'il n'a pas pu constater que les marées hautes étaient plus hautes, l'érosion qui s'ensuit... Il faut faire attention à notre nature, nous dépendons d'elle. Notre vie sur terre dépend de la façon dont nous sommes capables à entretenir la planète, notre jardin de vie. Je ne me souviens plus de son nom, si je suis chanceux je l'ai pris sur vidéo. Ils parlaient le même langage que moi. Je n'en revenais justement pas. Un autre terrien de l'autre côté de la planète...

Si je reviens ici, ce ne sera pas à cause de l'autorité. Les humains ici sont vraiment formidables. Et j'ai parlé avec quelqu'un qui fait de la plongée. Il m'a dit que les sites de plongée sont vraiment exceptionnels. Le seul problème c'est qu'il faut acheter un permis à chaque fois que l'on veut changer d'état. Une journée de plongée peut coûter 160$, l'hôtel n'est pas compris, ni le transport.



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Imprimé le : 25 juin 2017