Sylvain Fortier - Les projets Équiglobales

Carnet de Bord

15 janvier 2014

Les autorités...

Les autorités...

sympathiques somme toute... Ils m'ont toujours bien offert de me reconduire au guichet automatique après m'avoir facturé près de 300$ de frais de temps de surplus pour avoir entrée dans l'île la fin de semaine... Très sympathique...

Je suis un peu innocent parfois. Je crois que l'humain peut être compréhensible lorsqu'il nous arrive des pépins. Mais ill faut faire attention, car les requins savent toujours profiter de l'occasion. Et l'autorité, il ne faut pas jouer avec ça.

Après mon ancrage de fortune de vendredi, j'ai fait l'erreur de débarquer à terre. Normalement, les gens de la place sont en mesure de me dire où je dois m'adresser pour les formalités. Anciennement sous gouvernement américain, l'autorité ici a gardé sa rigueur américaine. J'aurais dû appeler sur le canal 16 et ils m'auraient répondu normalement. Mais à 95% des places où j'arrête, personne n'est à l'écoute sur le VHF, alors on perd vite l'habitude. Je suis donc débarqué sur l'île pour m'informer comme je fais habituellement.

Et je n'ai pas réussi à savoir comme il faut où je devais aller. Et franchement après avoir vécu mes péripéties j'avais juste envie de ne pas me casser la tête.

Les gens du club de vacance m'ont aid», ils ont appelé les rangers de l'île, un genre de garde côtière. Ils sont venus m'escorter pour m'amener à la marina, Sam's Tour. Mais le navigateur qui m'a reçu à Sam's Tour m'a signifié que je devais avant tout, lever mon drapeau jaune et aller m'accoster au quai de l'autorité portuaire. Et de ne pas mettre le pied à terre avant de voir l'autorité portuaire... Nous étions samedi, nous avons alors essayé d'appeler sur la VHF, mais la fin de semaine personne ne travaille. Pas de réponse. Je me suis dirigé juste en face du quai où j'allais jeter l'ancre. Mais un autre marin m'a indiqué le quai de l'Autorité. Alors, je me suis dirigé pour m'informer. Eh oui! Le préposé assigné au quai a appelé les personnes responsables... Sans trop m'informer de quoi que ce soit...

Les agents étaient déjà en route très rapidement. Il y avait déjà un gros yacht à moteur juste à côté. Sur le coup, je n'ai pas trop compris ce qui se passait.
J'ai vu trois voitures arrivées. Je me suis dit : Ils sont vite!

Ayoye, juste pour moi, tout ce monde-là! Ils étaient six, presque deux pour chaque département, la douane, l'immigration, la quarantaine et un autre que je me souviens plus, car au fond, il est difficile de comprendre pourquoi autant de départements... La bureaucratie...

création d'emploi afin de remplir des papiers... Ils venaient tous chercher leur bout de papier vert... leur overtime du samedi soir...

Au début, je m'excusais de les avoir dérangés. Ça pas d'allure un samedi soir comme ça. Rapidement, le plus imposant de la gang m'a vite fait comprendre que je devais payer chacune des personnes ici présentes... Mon sourire est tout d'un coup tombé. Je la trouvais moins drôle celle-là. Lorsque j'ai vraiment compris ce qui se passait, je leur ai dit, excusez-moi je vais retourner à l'ancre et revenir vous voir lundi matin! Mais rien à faire, j'avais maintenant deux choix: soit payer tout le monde ou bien sortir de l'île. Peu importe ce que j'avais pu vivre pour rentrer dans l'île. Et lorsque j'ai fait la gaffe de leur dire que j'avais mis le pied à terre la journée d'avant.... Je n'ai pas amélioré ma situation. Ces gens-là n'avaient aucune humanité en eux. Mais finalement, ils auraient pu me donner beaucoup plus de problèmes juste à cause que j'avais mis le pied à terre avant de faire mon entrée sur l'île. Ils ont été sympathiques somme toute...

Ils m'ont remis chacun leur facture pour un total de près de 300$. Le patron m'a offert de me reconduire au guichet automatique gratuitement. Nous avons tout de même une certaine hospitalité sur l'île me répliqua-t-il... Je vous jure que le petit québécois avec rien dans ses poches qui essaient de travailler pour l'humanité et que certains loups essaient de lui vider encore plus les poches ne la trouvait pas drôle pantoute. Je ne me suis jamais senti aussi loin de chez nous. Et franchement, ils donnent envie de dire la vérité...

Finalement, j'ai réalisé qu'ils ne venaient même pas pour moi au début. Le gros yacht était là bien avant moi et ils étaient déjà sur la route. Cette soirée-là j'ai fondu. L'humanité parfois, je n'en peux plus.

J'ai tout de même fait de superbes rencontres comme toujours. J'ai eu l'occasion de planter un arbre, de rencontrer mon homologue de l'île de Palau. Ce monsieur plante des arbres et des plantes depuis fort longtemps. Nous avons eu une grosse discussion sur la vie, sur l'humanité... C'est rafraîchissant. Je vous raconte plus en détail la prochaine fois.

Je lève les voiles demain matin! Cap sur Tokyo!



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Imprimé le : 18 août 2017