Sylvain Fortier - Les projets Équiglobales

Carnet de Bord

10 janvier 2014

Ensuite au programme,

Faire de l'est c'est bien beau, mais ce n'était pas tout. Il y avait une dépression au programme. Elle est apparue depuis une semaine environ. En soi, elle n'est pas si mal. Mais sachant très bien que tous les facteurs sont réunis dans les parages pour lui donner la possibilité de devenir un typhon, il n'y a pas de folie à faire avec cette dépression. De plus, elle a tendance, selon les prédictions, à faire une trace un peu particulière, elle revient directement au centre de la mer, laquelle je veux traverser. Au début, je voyais bien le vent qui me faisait facilement faire du nord. Mais par la suite, je me suis fait ramener à l'ordre par un ami. Son chemin est sur mon chemin... et son développement est plus qu'incertain.

Au cours des derniers jours, son centre semble se creuser. Ce qui n'indique pas nécessairement quoi que ce soit. Mais c'est bon pour moi, je fais route pour essayer de me mettre à l'abri, si le temps le permet. Il y a un bel ancrage à l'intérieur d'un atoll. Pratiquement sur mon chemin, je fais juste un peu plus de sud. Je perds du temps? Pas vraiment. Je me sauve la peau pour commencer. Si ce devenait un typhon. De toute façon, en revenant sur mon chemin, elle me lève du vent contraire. Alors, toutes les raisons sont bonnes pour me trouver un petit nid pour attendre quelques jours et repartir une fois la dépression estompée.

J'en profiterai pour vérifier deux ou trois petites choses. Il y a des bruits un peu suspects sur Loréline, j'ai ma petite idée là dessus. Je partirai d'autant plus l'esprit tranquille. Et le gros avantage dans cette histoire. J'aurai fait de l'est plus que je pensais. Je partirai avantager pourvu que le vent adonne un peu au moins.

En me dirigeant vers l'atoll pour m'ancrer. Jeudi matin, j'ai croisé tout un grain. 25-30 noeuds avec des rafales à 35 environ. J'avançais à 2.5 noeuds avec à peine 2m de toile. Il pleuvait des clous. J'en ai profité pour me laver, savon, shampoing. J'ai commencé par me laver à l'eau de mer. De cette façon, j'étais certain de ne pas manquer d'eau. Parfois, j'ai peur de manquer d'eau de pluie alors je ne sors pas le savon. Mais là j'étais vraiment dû. J'ai rincé aussi toutes sortes de serviettes et sous-vêtements.

J'ai ralenti ma vitesse. Sinon, j'arrive la nuit sur l'atoll. La passe n'est pas très large. Elle semble balisée, mais après le balisage que j'ai vu en Indonésie, ou plutôt que je n'ai pas vu... Je suis mieux d'arriver en plein jour. Et si c'est la tempête, je ne rentre pas là. Je reprends le large.

Finalement, je me suis ancré. Tant bien que mal. Je suis vraiment brûlé. Je vous raconte les détails de mon entrée lundi prochain. Pour le moment, il faut que je dorme. Merci...



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Imprimé le : 24 juin 2017