Sylvain Fortier - Les projets Équiglobales

Carnet de Bord

6 janvier 2014

Mon séjour près de Bitung

Mon séjour près de Bitung

Sur l'île de Sulawesi, la dernière île où j'ai arrêté en Indonésie.

En arrivant le 24 décembre, j'ai essayé de choisir un bel endroit pour jeter la pioche. Une pluie et un vent d'enfer m'attendaient. J'ai pu prendre ma douche à l'eau douce. Par contre, je me suis ancré un peu trop loin du bord cette fois-ci. Le fond montait très rapidement. J'en ai ramé une méchante chotte pour me rendre à terre. Mon système pour les rames est très médiocre alors lorsqu'il ventait je dérivais jusqu'à l'autre village à côté. Mais avec de la patience, j'arrivais à bout. Je ne voulais pas me retrouver à travers les cargos qui se retrouvent directement à Bitung. Je me situais environ à 8 km du centre-ville. Directement dans un village de pêcheur. Ce village et ses environs semblent plus peuplés que Bitung. À première vue du moins. Les supermarchés s'y trouvent. Et où sont les supermarchés? Où la demande se trouve.

Le 25 décembre, je suis descendu de Loréline. Lors de mon atterrissage, les jeunes étaient présents. Avec toujours ce souci de bien vouloir m'aider, tout en se mettant dans mes jambes et en criant Mister! Mister! Mister... C'était la même chose dans le village. Sans aucune méchanceté, les jeunes courent à côté de mon vélo. Je dois les intriguer j'imagine.

Toute une histoire de trimballer mon vélo sur mon petit annexe. Je commence à savoir bien faire. La journée du 25, j'en profite pour faire le tour des environs de la ville. J'ai retracé le bureau d'immigration. Il était ouvert! J'y ai laissé mes papiers. Ils m'ont dit de revenir lorsque je repartirai pour faire ma sortie du pays. Aussitôt entré dans le bureau, aussitôt reparti... merci beaucoup!

En pédalant, j'ai visité le port de Bitung. Wow! Il y a du monde par ici. Les bateaux de toutes sortes cordés un sur l'autre. Il y a des bateaux taxis, j'imagine qu'ils doivent faire la navette avec d'autres îles. Il y a justement une île juste en face qui semble habitée. Il y a aussi toute une armada de bateaux de pêcheurs. Alors, il n'y a aucune place pour laisser mon annexe dans les parages sans risque. Il y a beaucoup trop de monde. J'ai bien fait de ne pas venir voir avec Loréline. Mais je devais vérifier de mes yeux, au cas où je me serais trompé pour la prochaine fois le savoir. Je me fais une idée.

En marchant sur les quaies de Bitung, j'ai essayé d'aider un bateau à accoster, mais les hommes sont partis à rire. Je ne devais pas bien forcer j'imagine. Je les ai donc laissé faire. Nous nous sommes salués gentiment. Les pêcheurs sont sympathiques. L'un d'entre eux m'offre d'essayer sa formule un. Il y a des petites embarcations toutes petites ici. Avec un moteur en dessous du siège, il les fait planer. Vous devriez voir l'arbre d'entraînement relié à l'hélice, de la façon qu'il l'enligne. Ils ne l'enlignent pratiquement pas. Il y a un joint universel et l'arbre peut s'enlever facilement. Et d'un coup, ils le remettent. Mais la rapidité avec laquelle ces embarcations se déplacent est hallucinante. Des planeurs à fond pratiquement plats. Un système de guidage souvent attacher avec du fil à pêche. Très facile à réparer en cas de bris. Mais moi et la vitesse, nous ne faisons plus bon ménage. J'ai donc refusé l'invitation. Tous les pêcheurs qui me voient me saluent gentiment. Je remarque que la plupart des bateaux de pêche transportent un caisson rempli de roches. Technique de pêche, ils assomment les poissons! Ben non... je crois que c'est pour les faire fuir d'un côté et ils se prennent dans le filet de cette façon.

Je rencontre un policier qui parle anglais. Je lui explique ce que je fais dans la vie. Il est très content, je lui laisse ma carte. C'est un jour de prière, alors il y a une rue de bloquer. J'ai tout mon temps. Je fais aisément le détour, je visite les ruelles en même temps. Je reviens tranquillement au village. Il y a un Poulet Frit Kentucky, je reviendrai pour l'internet! Je rentre chez moi très tôt. Je veux voir à la lumière du jour où je vais dans les ruelles du village, c'est assez sinueux. Je me perds comme de raison. Après quelques détours, je me retrouve. De retour sur Loréline. Je m'assis et je relaxe. Et je regarde les alentours. Un pêcheur a un problème de moteur. Il s'en vient par ici et son moteur a des ratés. J'installe mon moteur hors-bord sur mon annexe. J'attends de voir s'il redémarrera le sien. Et non, je vais donc le remorquer avec plaisir. Il dérive, et le vent n'est pas du bon bord. Il s'en va au large rapidement. Entre temps, il a appelé un de ses amis. Il arrive aussi à la rescousse. À mi-chemin, il le prend en charge.
Il y a des feux d'artifice ce soir aussi. Il y en avait le 24 au soir. La journée que je suis arrivé, je les ai regardés avant de m'endormir à la belle étoile. Ils éclatent d'un bout à l'autre de la côte dans tous les villages. Chacun a son pétard à faire illuminer.

Le 26 décembre, je me lève tôt. Ainsi, je peux partir tôt et il vente en ciboulot. J'y goutte, je me rends presque au village d'à côté, mais je me rends où mon vélo de trouve. Je fais encore un peu d'épicerie. Je commence à me demander quand je pourrai partir. Je calcule peut-être samedi le 28 si tout va bien.

Il n'y a pas d'internet au Poulet Frit, finalement. Je visite tout de même les environs du village de pêcheur. Et cette agglomération est plus vigoureuse que Bitung lui-même. Il y a un marché local où on trouve toute sorte de légumes locaux. Il y a aussi deux supermarchés. Je fais le tour des deux pour voir si je ne trouverais pas quelque chose qui peut m'intéresser. J'y trouve des fèves en canne. Elles sont vieilles. Ce sont les dernières, je les prends. Je n'ai pas vu de fèves fraîches par ici que j'aurais pu me cuisiner. Par chance, je n'ai plus de propane d'ailleurs. Je me prendrai quelques cannes de poulet pour y goûter. Elles sont pas mal du tout finalement, il y a des pommes de terre aussi à l'intérieur, mais elles sont petites. C'était juste un essai.

Le 26 au midi, le pêcheur qui est venu dépanner son ami, celui que j'ai remorqué, il est venu me vendre un calmar. Un de ces gros calmars, il devait faire 30 pouces de long avec ses tentacules. J'en ai eu pour deux repas, je me suis bourré la fraise. Je suis retourné à terre en après-midi. Je dois faire le plein d'eau. Je fais des voyages de 20 litres à la fois. Il y a une entreprise de filtration d'eau dans le village. Il y en a un peu partout en Indonésie. J'ai su qu'il ne buvait pas l'eau à cause du sulfure provenant des volcans. Le plus long du travail est de ramer jusqu'à Loréline. J'ai dû faire quelques voyages.

À la fin de la journée, je rentre à la maison toujours avant le coucher du soleil. Le temps de déballer mes provisions, relaxer, manger...

Le 27 je vais faire ma sortie du pays. Le monsieur du bureau du port est vraiment sympathique. On discute beaucoup. Il me souhaite bonne chance, j'en aurai besoin. Je crois que j'ai fait le tour de ce dont j'avais besoin avant mon départ de l'Indonésie. Je n'ai pas pu faire d'internet. Mais c'est comme ça. La seule île que j'ai trouvée de l'internet était à Bali. Je fais encore un tour à l'épicerie. Je discute longuement sur différents sujets avec la gérante de l'épicerie. Je rencontre aussi un caissier qui étudie la sociologie. Il voudrait bien que je l'aide pour un de ses travaux, mais je pars demain matin pour le Japon et j'ai du boulot à faire avant d'être vraiment prêt, j'espère qu'il m'écrira un message via internet.

Le soir venu, mon ami pêcheur est venu me rendre visite. Rien à faire, on ne pouvait pas se comprendre. Je lui ai donc montré des vidéos pour lui montrer ce que je fais actuellement. Je lui ai laissé ma carte de l'île de Sulawesi. Elle est écrite dans la langue locale, alors je ne peux pas comprendre les détails. Lorsque je reviendrai, je m'organiserai pour en avoir une en anglais. Il m'a demandé quelque chose pour le mal de dos. J'ai essayé de lui montrer quelques positions de yoga. Je n'ai pas vraiment de pilule pour les douleurs de cette sorte. Je crois qu'il a compris. Il faut l'entretenir ce corps-là, s'il ne bouge pas, il s'encrasse.

La discussion la plus intéressante que j'ai eue fut avec un retraité. Je l'ai rencontré une fois que j'étais perdu dans les rues. C'était le 25 je crois. Un résidant m'appelle à venir chez lui. Je reviens donc sur mes pas. Je m'assis avec lui et ses invités. Il ne parle pas vraiment bien l'anglais, mais on se comprend un peu. Il m'offre de goûter un fruit. Je ne le connais pas, un arbre local. Il en a un dans sa cour. Le fruit est vraiment très bon, mais je viens juste de manger. Ce fameux retraité passe dans la rue et vient s'assoir avec nous. Il a travaillé 30 ans sur les bateaux étrangés de toute sorte, il parle bien anglais. Il m'invite à revenir le voir chez lui, juste à côté. Je suis retourné la journée avant mon départ. Il avait un dictionnaire anglais, pour nous faciliter certains mots un peu plus complexes. Nous avons échangé sur les politiques de nos politiciens et entreprises de nos pays respectifs. Très intéressant...

La journée avant mon départ, le 27 décembre. J'ai semé 5 graines de papaye en dessous d'un arbre près de la plage ou je mettais le pied à terre dans le village de pêcheur.

Le sol était humide, il devrait y en avoir au moins un qui pousse... Les graines viennent d'une femme à Bali. J'allais mangé à son restaurant, nous avons discuté d'un peu n'importe quoi et aussi que je plantais des arbres à travers la planète. Elle m'a fait goûter au fruit d'un de ses arbres à la maison, j'ai gardé les pépins. C'était la première fois que je goûtais de la papaye fraîche, c'est vraiment très bon.

Mon ami pêcheur se nomme Swardi, si je l'écris bien. Lui ne sait pas écrire, il me l'a fait écrire. Mais, je ne suis même pas sûr de l'épellation. Je suis parti de ce petit coin de paradis samedi le 28 décembre. J'ai levé l'ancre sous voile!



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Imprimé le : 22 novembre 2017