Sylvain Fortier - Les projets Équiglobales

Carnet de Bord

27 novembre 2013

La ville de Denpasar

La ville de Denpasar

Après avoir passé l'étape du choc de la pollution et du trafic trop intense. Après avoir fait mon entrée au pays, je commence à avoir un peu de temps pour me perdre aussi. Je roule en vélo et j'explore. Il y a certains endroits que je dois rechercher bien sûr, mais j'en profite pour me perdre un peu. Ma caméra vidéo commence à faire défaut et j'aimerais bien trouver un endroit pour réparer mon pilote électrique. J'ai très peu d'espoir, mais j'aime mieux essayer de trouver. Je n'ai pas de carte bien détaillée. Je roule et je m'informe. Certaines personnes ne savent pas lire une carte. Il m'est donc un peu difficile de me repérer. Mais les rues sont tellement belles. La végétation pousse vraiment bien. L'architecture asiatique se retrouve un peu partout. Il y a des petits temples pour prier ici et là. Certaines personnes pratiquent d'autres ne pratiquent pas. Mais on peut voir partout des petites corbeilles de fleurs sur le sol. Il y a aussi des offrandes de riz. Elles se retrouvent dans plusieurs entrées de cour et devant les temples pour prier. Ils en placent à tous les jours avec de l'encens qui brûle. La personne qui dispose de ces objets asperge un peu d'eau en guise de cérémonie.
Les gens sont vraiment ouverts aux étrangers. Where are you from? Je me fais dire par les passants. Même lorsque nous roulons l'un à côté de l'autre. Je suis aussi rapide que le trafic! Parfois plus rapide. Les gens aiment bien essayer de me connaitre. Mais la barrière de la langue est toujours un problème, mais beaucoup de gens parlent anglais, du mieux qu'ils le peuvent du moins. Malgré tout, les sourires et les bonjours prennent le dessus au premier passant qui veut bien prendre le temps. Et les enfants, ils doivent me trouver blanc un peu, ils ont toujours ce point d'interrogation et un sourire au visage.

La marina où je suis se situe un peu au sud de la plus grande ville de l'île de Bali, Denpasar. Du moins à ce que je peux voir, mais je n'ai pas vraiment visité d'autre ville. L'internet est un peu compliqué par ici. Il faut aller dans un restaurant connu, tel que le Poulet Frit Kentucky. Ou bien je viens de trouver un Dunkin Donuts. Mais l'internet arrête quand il le veut bien. Donc, parfois j'ai de la difficulté à faire les recherches souhaitées.

Il y a de grandes artères, où les véhicules sont un flux continuel... Ou bien il y a les plus petites rues plus étroites, où les véhicules produisent un flux presque continuel aussi... Finalement, la circulation n'arrête pas souvent. Malgré que je ne me couche jamais très tard. Je suis incapable de perdre mes habitudes de me lever avant le soleil, vers 5h. C'est très régulier de croiser en sens inverse du mauvais côté de la rue. Il y a trop de trafic, c'est moins dangereux parfois de circuler dans le sens inverse plutôt que de traverser l'autre côté. Mais je viens juste de voir qu'une femme en mobylette a payé un jeune homme avec un drapeau rouge pour qu'il arrête la circulation. Il brandit son drapeau avec plusieurs coups de sifflet... Les voitures arrêtent momentanément pour laisser la mobylette prendre sa place dans le trafic.

Les gens sont très respectueux. Je n'ai jamais vu d'accident. Malgré qu'ils roulent parechoc à parechoc. Et très souvent ils ne respectent pas certains règlements, même les policiers qui les voient faire n'interviennent pas. Mais ils font très attention aux autres qui les entourent. Et ce, dans toutes les circonstances, pas seulement dans le trafic. Par exemple, ils me remercient même si c'est moi qui les remercie. C'est vraiment drôle. Mes amis avec qui je travaillais sur la construction me reprochaient ma façon de toujours remercier. Ici, je me sens parmi des gens semblables.

La ville est vraiment vigoureuse. Je n'ai pas vu beaucoup de gens quêtés de l'argent. Ça donne l'impression d'un pays qui veut se développer. C'est bien évident, tout le monde veut se développer, avoir mieux, faire mieux. Au carrefour où j'ai trouvé le Dunkin, il y a des gros panneaux publicitaires vidéo. Je ne juge pas que c'est mieux, je fais simplement dire qu'il y en a.

Les boutiques qui remportent la palme sont décidément les fournisseurs de cellulaires. Il y en a partout, à tous les 100 m au plus. Et bien, les vendeurs de mobylettes viennent juste après, accompagnés des mécaniciens et des vendeurs d'accessoires tels que les casques.

Lundi matin, la génératrice au diesel vient de se taire, il est 5h. Enfin, je pourrais bien dormir. Mais je suis assis dans le cockpit de Loréline, je prends mon café en regardant les petits poissons prendre leur déjeuner. Je les vois sortir de l'eau attraper chacun leur moustique. Ils mesurent pas plus de 6 pouces. Chacun leur tour, ils sautent hors de l'eau le corps au complet. En même temps, le soleil se lève au loin, il est maintenant 6h. J'examine du même coup la marée qui descend. Je prévois faire une mission plantation d'arbres demain matin et je veux savoir jusqu'à qu'elle heure je peux passer avant que les bancs de sable ne prennent la place de l'eau qui coure. Ah tiens voilà un sac de plastique rose qui passe, qu'il est beau! Et celui-ci, le blanc qui vient à sa suite et cette bouteille de plastique qui flotte, ils donnent moins de vie que le rose!
Je remarque que la génératrice est en fait une pompe à eau. Ils pompent la barge qui transporte de ces temps-ci de la terre. Ils construisent une route j'ai l'impression.
Il y a plusieurs voiliers d'oiseau qui passent.

Il y a plusieurs pêcheurs qui viennent tenter leur chance par ici. Ils sont soient à la ligne ou à la traine. Mais la nuit d'hier, j'ai vu un pêcheur étendre son filet. Il avançait en ramant avec son pied dans l'eau pendant que ses mains étaient affairées à étendre le filet. En revenant, il tapait dans l'eau pour faire fuir les poissons vers le filet. Je n'ai malheureusement pas assisté à sa récolte. Il était rendu trop loin.

Je suis allé payer mon agente lundi matin. Je l'ai attendue patiemment. J'ai découvert qu'il y a beaucoup de coraux qui servent de remplissage à certains endroits. C'est un peu spécial. Je me suis fait indiquer un endroit pour me procurer une carte de la ville. J'ai trouvé l'endroit en fin d'après-midi. Auparavant, j'ai fait un voyage d'épicerie au bateau vers midi et je me suis reposé un peu. Le vélo dans cette chaleur c'est vraiment épuisant. Je retournais ensuite en ville découvrir le centre d'achat où me procurer la carte de Denpasar.

Mais je ne découvrais pas seulement une librairie, mais un jeune homme m'a indiqué où je pouvais aller faire réparer ma caméra vidéo. Eh oui, un autre objet de brise. L'air salin sûrement s'est infiltré. La mise au point ne se fait plus. Mais j'ai la chance d'avoir un centre de service Sony en ville.

Première mission mardi matin, trouver Sony! Malgré ma carte, j'ai réussi à tourner en rond! Mais j'ai rencontré de ce fait un policier. On a bien jasé. Je crois que l'être humain comprend la situation mondiale. C'est pareil partout. Tout le monde veut la même chose. J'ai continué mon chemin. J'ai trouvé le centre de service au fond d'une ruelle perdue... Où tout espoir me semblait vain... Et bien à travers la brousse, et ce chemin à moitié asphalté... Il y avait mon Sony! Ils devraient être bons pour réparer ma caméra, j'espère. Sinon, je n'aurai plus d'image pour mon voyage. Je savais bien que j'aurais dû partir avec deux caméras. Mais ça prend les moyens...

Sur le chemin du retour vers midi. J'ai découvert un super restaurant. Pour moins d'un dollar, j'ai mangé comme ça faisait longtemps quelque chose de vraiment bon! Bien sûr du riz! Mais avec une sauce aux arachides... Mmmh!! Il faut que j'arrive à retrouver cet endroit. Mais là j'ai appris à ne pas me fier à mon pif! Mais de vérifier sur la carte plus souvent où je suis rendu, car les rues tournent à gauche et à droite rapidement. Et je ne sais plus le nord où i l se trouve et je me perds!

Ah oui, j'ai planté des arbres lundi après midi. La marée était haute, j'ai traversé sur la berge opposée. Et j'ai planté deux arbres. C'est un endroit où il y a eu du remplissage avec du corail. Un résidant m'a accompagné pour ma mission. Il arrivait par la route avec sa mobylette. Nous nous sommes croisés lorsque je suis arrivé sur le site de prédilection. Il me regardait faire, il m'a pris en photo. Il devait bien se demander ce que je faisais. Je crois qu'il a compris, malgré la barrière de la langue. Il parlait un peu anglais. Mission accomplie, mais je vais essayer d'en planter d'autre. Je ne connais pas l'essence des arbres, ce sont des orphelins, trouver comme ça dans la rue. Personne ne s'en occupait.

J'ai même trouvé un endroit pour machiner mes poulies d'écoute de génois. Le coulisseau en acier inoxydable qui tient sur le rail se cassait progressivement. Je crois avoir trouvé la bonne place. J'ai aussi trouvé des pièces électroniques, des transistors. C'était comme trouver une aiguille dans une balle de foin. Mais les gens sont tellement sympathiques, ils prennent le temps de nous informer. Et à force de zigzaguer dans les rues, j'ai trouvé les endroits indiqués. Je suis retourné au bateau avec une autre épicerie dans mes sacs. Tranquillement pas vite, je fais mon ravitaillement. Je serai prêt. Si tout va bien la semaine prochaine.

Mercredi matin, j'ai fait une autre mission plantation d'arbre. Mes 3e et 4e sont plantés à la même place que mes deux premiers. Ensuite, je récupère ma caméra vidéo. Décidément, l'eau salée avait fait son effet. Mais, le technicien a réussi à faire quelque chose avec. Elle fonctionne de nouveau! Et en plus, je retourne demain pour voir s'il ne pourrait pas trouver le problème avec mon pilote automatique. Il a l'air motivé pour trouver le problème, mais c'est un gros contrat alors on verra bien.

Effectivement, c'est la saison des pluies qui a commencé. Je roule en vélo sans imperméable. Je suis mouillé de la tête au pied. Mais l'eau c'est la vie! Et puis ça ravigote.

Je n'en reviens pas de voir les gens sur leur mobylette avec le manteau sur les épaules. Il fait tellement chaud, comment ils font? Lorsque la pluie commence, on les voit tous s'arrêter. Lorsqu'ils le peuvent en dessous d'un pont. Et ils revêtissent leur imperméable. Ils sont tous équipés d'un!

Ça ressemble beaucoup à l'Afrique. Certaines personnes chargent leur mobylette comme des mulets. Ou bien j'en ai vu d'autres pousser des charrettes. Ils transportent n'importe quoi de n'importe quelle façon. Une femme avait un gros panier sur sa tête. Certains transportent des déchets, à moto avec une remorque attachée avec les moyens du bord. Ou bien ils poussent leur charrette de déchets. Certains autres transportent leur restaurant mobile. La même chose, soit par mobylette ou bien à pied. Tout est possible ici! Un peu comme en Afrique. Tiens, j'en vois un transporter ses fleurs en mobylette. Toutes une par-dessus l'autre empilée sur son siège en arrière. L'autre des bonbonnes de propane Par contre, les gens utilisent leur criard très souvent. Et moi, ça m'agresse... Surtout lorsqu'ils le font juste à côté de moi. Je ne comprends pas ce phénomène du tout. Il me semble que ce son n'est pas du tout harmonieux. Et je me demande toujours pourquoi lui, il vaut plus la peine que les autres d'aller plus vite, de prendre plus de place sur le chemin...

J'ai dit à une madame ce matin, Why? Elle est revenue s'excuser. Elle m'a dit être en retard. Je lui ai dit que peut-être qu'il faudra ralentir notre cadence justement. Mais qui sommes-nous les Américains pour montrer aux autres comment prendre le temps sans bousculer tout le monde...

Et moi, je continue sur mon vélo. J'appuie sur les pédales une après l'autre et parfois je me trouve trop vite, je marche à côté. Toujours à essayer de saisir le sens de l'humanité.

Il y a beaucoup de temples bouddhistes. Sous toutes leurs formes. Il y a vraiment une belle énergie lorsque l'on prend le temps de s'arrêter. Malheureusement, je n'ai pu prendre de photo de l'intérieur du plus grand que j'ai visité. Les sculptures sont vraiment fascinantes. Vous pouvez voir en bas de la statuette, le genre d'offrande qui sont faites dans un petit panier. Ils empilent souvent 3 ou 4 petits paniers un par dessus l'autre.



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