Sylvain Fortier - Les projets Équiglobales

Carnet de Bord

25 novembre 2013

La première chose que j'ai faite

La première chose que j'ai faite

La première chose que j'ai faite en arrivant Quel désastre environnemental. Ces déchets partout. Ils flottent même dans la marina. Sous n'importe quel format. J'ai ramassé une gougoune avec des algues dessus. L'humanité... Il faut arrêter tout ça. Ici, c'est décourageant.

En arrivant, les monsieurs de la marina de Benoa à Bali, étaient là pour recevoir mes amarres. Je n'avais pas le temps de souffler, prendre une douche ou quoi que ce soit. Je devais me régulariser avec les autorités. J'ai eu le plaisir de sortir mon vélo, un peu rouillé d'ailleurs. Mais je n'avais pas le temps de le mettre en ordre, un peu de lubrifiant par ci et par là. Et je saute dessus à la recherche des 56 bureaux qu'il faut que je fasse le tour. Mais comme un peu partout ailleurs, personne ne sait exactement où se trouvent les bureaux. Il m'a été difficile aussi de savoir l'ordre que je devais les visiter. Finalement, j'ai fait plaisir à mes jambes, j'ai fait du kilométrage en masse. Mon vélo était aux oiseaux malgré qu'il criait un peu de partout.

La première chose que j'ai faite en sortant de la marina... J'ai aidé à pousser une voiture. Je me sens comme au Sénégal! Ils ont les mêmes principes. On pousse les voitures pour les démarrer et les déchets se retrouvent partout. Et le trafic... C'est l'enfer, les gens en mobylette se promènent avec des masques chirurgicaux tellement la poussière et les émanations vous coupent le souffle. Il y a beaucoup trop de véhicules partout, j'ai même de la misère à m'infiltrer quelque part, à prendre ma place dans le trafic. C'est la course contre la montre. J'ai l'impression que l'humanité a hâte de s'exterminer. Il n'y a presque pas de vélo, j'en ai vu 4 ou 5. En vélo, je vais aussi vite que le trafic. Pourquoi, ne prendrions-nous pas le temps. Le temps de réfléchir sur notre situation, la situation de l'humanité. Il faut y arriver. Et prendre les moyens. Les moyens sont là, accessibles, mais nous préférons la faciliter... Cette facilité qui nous détruit présentement.

Sortir des bureaux et se rendre compte de ce qui se passe dans la rue. Et ce qui se passe dans la rue, ce n'est pas beau pantoute. Si nous arrêtions de nous battre pour notre petit pouvoir pendant que le peuple reste dans la misère. Arrêter de perdre de l'énergie du côté négatif pour notre célébrité personnelle. Lorsque je vois des gens ici et ailleurs, à l'air climatisé, regardant la télévision ou bien leur I-phone ou leur cellulaire... lisant le journal pendant que le peuple dehors a soif et a faim... se construire des jobs et ensuite s'assoir sur nos lauriers pour pelleter la première pelleter de terre d'un chantier de construction pour bien paraitre dans le journal... je m'excuse vraiment de dire la vérité sur l'humanité. Mais ici, le choc est incroyable. Et le peuple doit savoir, sinon l'humanité est perdue pour de bon. Et moi je m'excuse, mais je ne baisserai pas les bras devant cette catastrophe. Tout est possible, mais il faut arrêter de divertir le peuple juste pour le divertir et l'informer de la situation. Travailler pour l'humanité... pas juste pour se faire une job.

Après deux jours de va-et-vient dans la ville de tout bord tout côté, je n'ai pas été capable de me régulariser. Mais j'y arriverai. J'ai eu le temps de laver mon linge jeudi matin. Et ensuite, il n'a pas arrêté pas de mouiller de la journée, il tombe des cordes en plus. Mon linge ne sera pas sec avant longtemps. Il sera bien rincé en tout cas.
Jeudi après midi finalement, j'ai réussi à remplir les papiers afin de me régulariser au pays. Il n'y avait que 6 bureaux à faire. Mais j'avais besoin d'un agent, car je ne rentrais pas avec mon permis de navigation. J'aurais dû en faire la demande plus d'un mois avant d'arriver. Mais comme je ne prévoyais pas arrêter ici. Je rentrais pour des raisons d'urgence pour fins de réparations, c'est une façon de s'en sortir. En fait, mon pilote automatique électrique est brisé depuis longtemps. Mais là, j'en ai vraiment besoin dans les îles que s'en viennent. Alors, je devrai en faire venir un. J'attends des nouvelles. Mon pilote brisé me sert de raison pour entrer au pays. Et c'est le premier pays qu'un agent officiel du gouvernement vient voir sur mon bateau pour me vérifier. Alors, ce n'est pas le temps de faire des folies par ici.

Malgré que dans le bureau de la quarantaine, tout le monde lit son journal. Personne ne travaille. Et l'agent me dit qu'il n'a pas le temps de venir voir sur mon bateau. Il voudrait bien. Mais il me fait confiance. Il est très occupé. On fait dur.
C'est vraiment drôle, il y a des appels à la prière. On les entend au moins le soir et le matin. Donc, il y a des musulmans quelque part. Mais les chants sont moins forts et plus mélodieux que ceux au Sénégal. Mais ils me réveillent quand même à 4h du matin.
Le site d'enfouissement ne suffit pas à la demande. Je l'ai vu, je suis passé à côté. Il y a une rivière qui baigne à côté du site. Elle se jette directement dans la mer. L'eau est noire et elle pue le diable. Pas très loin sur la rue adjacente, il y avait un monsieur plutôt très réaliste. Visiblement, il avait un sac à la main pour ramasser les ordures jucher sur le sol un peu partout. Et au lieu de mettre les déchets dans son sac. Il utilisait son balai pour les envoyer directement dans le fossé.

Il faudra réfléchir sérieusement à notre avenir sur terre. Si on donne le choix aux gens. Il est plus payant de produire du plastique et des bébelles qui ne servent qu'une fois. Qu'est-ce que les gens font? Et qui va payer pour la facture environnementale. Et qui ramassera les déchets... les plus pauvres? Nous créons les différences sociales malgré nos belles valeurs d'égalité. Je dois mettre des pastilles de chlore dans mon eau avant de la boire. Je me demande bien ce qu'elle produit cette eau lorsqu'on la consomme à long terme? Ah! Comme disait un monsieur au Brésil, ils sont faits fort! Capable d'en prendre.

Nous créons la demande de tous ces déchets. En les produisant et en les consommant.
Vous auriez dû voir le troupeau de vache affairé sur la montagne de déchets. Elles devaient trouver leur compte j'imagine. La vie est belle!

Les gens fument en conduisant leur mobylette. J'ai tu l'air décourager moi là?
Peut-être bien, mais je n'ai pas dit mon dernier mot.

J'oubliais, il y a du positif. Le gouvernement a lancé une plantation de 1 000 000 d'arbres pour aider l'environnement. Une petite tape dans le dos, ça fait toujours du bien. Parce que sinon, il y a des coupes irresponsables partout ailleurs sur les autres îles semble-t-il. En particulier sur l'île de Kalimantan.

Aussi, 95 % des bancs de coraux auraient été détruits. Ce sont les pêcheurs locaux qui ont pêché en mettant littéralement des bombes dans l'eau, tuant ainsi beaucoup de poissons, mais pratiquement tout le corail par la même occasion. C'est un chercheur sur les coraux qui m'a fait part de ses études. En l'espace de 20 ans, il n'y a presque plus de poisson dans les environs de l'Indonésie.

Faut se le rappeler le but de l'humain ce n'est plus de manger aujourd'hui et de laisser l'espoir pour les générations futures, mais de faire de l'argent rapidement, divertir les gens, dépasser tout le monde...

Et bien moi, je ralenti de plus en plus. Parfois, je marche à côté de mon vélo. Pour prendre le temps de voir tout, de saluer tout le monde... pourquoi est-ce que le plus petit d'entre eux ne mériterait pas autant que le plus grand d'entre nous...
J'espère que les photos vont se rendre... vous devriez voir le trafic en action, c'est complètement fou. Même la nuit, à tout heure du jour, c'est sans arrêt.



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