Sylvain Fortier - Les projets Équiglobales

Carnet de Bord

13 novembre 2013

Journées tripantes...

Journées tripantes...

Je ne voulais pas trop jouer les météorologistes avec mes prédictions. Mais lundi matin, il y avait des cirrocumulus dans le ciel. Ils étaient placés avec un certain alignement qui pouvait me faire dire que j'aurais du vent, un vent léger, mais un vent d'est. J'avais vu juste. En fin de journée, le vent s'est levé légèrement, il y avait d'autres petits nuages qui passaient en même temps que le soleil se couchait. En allant à l'extérieur, j'entendais une vibration. Je tendais l'oreille en me demandant si ça ne venait pas d'ici, en espérant que non. En scrutant l'horizon, c'était un petit bateau au loin, à peine visible à travers la petite houle d'un mètre parfois deux. Il semblait transporter des passagers vers l'Australie.

Lundi soir le courant avait l'air vraiment puissant, on avance sur l'eau à 4.0 noeuds, mais on a fait 6 miles dans une heure... Incroyable!

La nuit de lundi est plutôt tranquille. Le vent se calme. La vitesse diminue à 2.0 noeuds, on fait tout de même des miles, le courant garde sa force de 2 noeuds. En sortant sur le pont, j'aperçois une luminosité à l'ouest au niveau de l'horizon. Un peu semblable à une ville lorsque l'on s'en approche. Mais ce ne peut pas être une ville, c'est définitivement un navire. Je décide de rester un peu afin de vérifier s'il progresse. Le ciel est rempli d'étoiles. Et je me couche à l'extérieur simplement pour les admirer. C'est la soirée des étoiles filantes. J'en ai vu 6 ou 7 en 15 minutes juste dans mon champ de vision. Le navire ne semble pas progresser. À l'extérieur c'est très humide, je retourne me coucher à l'intérieur.

Mardi matin, le ciel est rempli de cumulus. Pratiquement un stratocumulus, mais pas complètement. Ce sont des cumulus de basse altitude, donc très gros. Ils sont presque collés l'un sur l'autre. Lorsque l'on regarde à l'horizon, on a l'impression de voir une strate de basse altitude. Mais plus près de nous, on voit de grands espaces bleus qui les séparent. Ils sont aplatis et sombre en dessous. De toute beauté. Le soleil se lève à travers tout ça... Le vent est pratiquement nul, je vois parfois notre vitesse descendre à 0 noeud. Les voiles ont de la difficulté à se tenir debout. Patience mon jeune blanc bec. De l'intérieur, j'entends le léger ruissellement de l'eau sur la coque.

Je n'ai pas le choix, c'est la journée spi aujourd'hui. Je l'envoie donc se faire sécher dans les airs! Et hop! La vitesse n'est pas guère mieux. Elle varie entre 1.5 et 3.5 noeuds. Mais au moins, les voiles se tiennent mieux. Et le courant est toujours bon par ici, je ne sais pas ce qui se passe. On réussit encore à faire parfois 5 miles dans une heure. Ill faut être attentif malgré tout, car le manque de vent rend le régulateur distrait un peu. Mais au moins, il y a de quoi à faire! En même temps, je refais mes connexions de panneaux solaires, les fils avaient sectionné par la corrosion due au sel. Le vent de provenance sud-est est pratiquement nul et varie entre 3 et 5 noeuds peut-être. Avec un spi dans les airs, ça rend la navigation complètement différente. Je ne me trouve pas encore bien bon avec cette voile, mais j'ai justement envie de l'apprendre mieux. En espérant que je dise la même chose lorsqu'il sera venu le temps de l'affaler... Une poulie coincée, c'est si vite arrivé... Il faut comprendre que le matériel se fait tordre pendant des heures, pas seulement le temps de tirer un bord entre deux bouées. Mais c'est sûr que je n'ai pas encore hissé mon spi dans des conditions très venteuses, et ce ne sera pas pour cette année non plus.

Il y a des petits poissons bleus pâles rayés noirs qui viennent chercher l'ombre que fait notre Loréline dans l'eau. Je ne sais pas combien ils peuvent être, peut-être seulement qu'un d'ailleurs. Mais je le vois sortir de temps en temps lorsqu'il voit de la nourriture flottée pas trop loin, oups... il sort de l'ombre pour saisir la particule que je ne vois même pas et rapidement il nage de retour à l'eau fraîche de Loréline.

Vers midi, je grimpe au mât de nouveau pour prendre des images. Je m'aperçois que la drisse de spi est encore prise dans la poulie. J'aurais dû la changer. Mais j'ai été un peu paresseux. Je me dis pour me consoler que si la drisse a fini par redescendre la dernière fois, j'imagine qu'elle ne peut pas avoir régressé... Je me croise les doigts. Mais j'attendrais en fin de journée pour affaler le tout. Profiter au moins de la vitesse que nous fait faire cette voile. On avance parfois jusqu'à 4.0 noeuds sur l'eau. Et le courant nous pousse jusqu'à 6.5 noeuds sur le fond. Très intéressant!

Je décide d'affaler le spi quelques heures avant la fin de la journée, car le vent forcit légèrement et j'aime mieux ne pas attendre. La drisse est coincée, mais elle répond à la force. Je range le tout et déroule le génois. La vitesse descend à 2.0 noeuds... Bon...
La nuit de mardi est tout aussi merveilleuse que les précédentes. Quelques nuages passent. Le ciel rempli d'étoiles. J'ai de la difficulté à aller au lit. Je commence à être bien dehors même la nuit. Mais le vent nous laisse sur notre appétit. Les voiles tiennent de justesse. On avance à peine entre 1.0 et 2.0 noeuds. Quelque 12 miles sont parcourus en six heures.

Mercredi matin, aussi la lueur du soleil à l'horizon, je grimpe au mât changer ma poulie de drisse se spi. Vivement le spi gagne sa place. Décidément, cette zone de haute pression ne nous laisse pas beaucoup de vent. Mais avec le spi en place aujourd'hui nous arrivons à faire 2.0 à 3.5 noeuds sur l'eau et 4.5 noeuds avec le courant. Alors, tout va bien!

Il nous reste environ 250 miles nautiques à faire. On s'enligne pour terminer la journée d'aujourd'hui avec 70 miles en poche. Il doit nous rester donc 3 ou 4 jours pour arriver à destination. Et cette fois-ci, pas question de faire une approche de nuit. J'arrive dans un endroit très difficile à naviguer. Il y a des obstacles partout tels que des coraux et récifs. Je devrai être vigilant.



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Imprimé le : 24 novembre 2017