Sylvain Fortier - Les projets Équiglobales

Carnet de Bord

30 octobre 2013

Les vents favorisent la remontée, quoi demander de plus, la vie est belle !

Les vents favorisent la remontée, quoi demander de plus, la vie est belle !

Après avoir passé la nuit de dimanche au diable aux vaches, sans même une toute petite dérive associée au courant. Un vent du nord-est soufflait dans nos voiles. Enfin, s'écriait ma petite Loréline. Elle s'élançait tranquillement à travers ces vagues de fond qui s'étaient réveillées durant la nuit. Ces vagues produisaient une mer de toute beauté. Presque lisse, car il n'y avait pas de vent depuis la veille, mais nous glissions sur des houles de deux mètres environ. Une mer d'une lenteur incroyable, après ce que nous venions de vivre pendant quatre semaines, il nous semblait être ailleurs, sur une autre mer complètement. Parfois, lorsque nous redescendions cette mer, nous crûmes être en apensenteur littéralement! Quelle sensation enivrante! Nous progressions bien, mais pas tout à fait dans la bonne direction, un peu vers le sud. Le vent allait tourner plus au nord par la suite. Nous avons pris le temps de faire notre premier pain depuis des mois sur Loréline.

Quelques heures après, durant la journée de lundi, le vent avait eu le temps de hachurer la vague. Malgré sa provenance plus nordique qu'au matin, sa force manquait, et notre vitesse était constamment arrêtée par ces petits pics de mer. Le près serré n'était pas d'adon. Près bon plein oblige. La différence se faisait sentir immédiatement. Le soleil nous éblouissait toute la journée. L'eau devenait de plus en plus claire, d'un turquoise magnifique. Quant aux oiseaux, la bande des Pieds Noirs a définitivement disparu. Il y a quelques jours, au dernier virage je crois. Depuis peu, il y a une autre bande d'oiseau noir aussi. Plus petit cette fois, mais avec des ailes de plus grande envergure proportionnellement à leur corps. Dimanche matin, nous n'avancions pas beaucoup, et il y a eu une bande d'oiseau blanc qui est venu piailler au loin dans le ciel. Je ne l'ai donc pas bien vu. Mais ce bruit avec le silence de la mer me faisant sentir comme si j'étais sur un lac à 6h du matin. Belle sensation.

Malheureusement, ce vent qui semblait s'être bien levé nous a lâchés en fin de journée vers l'heure où le soleil tirait à sa fin. Nous semblions être dans un espace entre l'anticyclone et la dépression qui s'en vient où il y a moins de vent. La dépression tarde à se faire sentir dans nos voiles.

Seulement durant la nuit de lundi. Comme bien des fois, je ne me réveille pas pour rien, il y a quelque chose qui se trame dans l'atmosphère. Le vent gagnait en vigueur et du même coup il tournait légèrement au nord. L'état de la mer me disait d'abattre légèrement, 5 degrés au plus. La vague devient moins dure, et nous progressons mieux. Il a tout de même fallu attendre le lever du soleil avant de commencer à redescendre en latitude. Depuis cette fameuse dépression, nous faisons que descendre et remonter selon l'humeur des éléments. Mais là, après la dépression suivante, un anticyclone prenant tout l'espace nous indiquera le chemin définitif vers le nord, semble-t-il. Toujours en se croisant les doigts. À suivre, dans les prochains jours.
Je n'en peux plus, ça fait trois levers de soleil extraordinaires que je vis successivement...

La journée de mardi se passe en même temps que des formations nuageuses spectaculaires se déroulent devant nos yeux. Je croirais voir des nuages frontaliers. Mais il me semble qu'il soit trop tôt dans la journée. Par la suite je réalise que j'avais effectivement raison. Voilà le front chaud qui s'en vient avec sa pluie toute fine qui se jette sur nous, j'essaie de rincer mes fameux pantalons. Mais une vague vicieuse nous prend par défaut et ils seront salés de nouveau. Le vent fléchit au passage du froid. Comme en théorie. Je commence à comprendre certains concepts. Ça l'air fou un peu par rapport à où je suis rendu. Mais je l'ai toujours dit, je suis vraiment lent pour apprendre les choses. Et un système dépressionnaire en théorie c'est bien beau, mais lorsque l'on commence à l'avoir étudié directement sur le terrain, les trois dimensions commencent à prendre forme. Et c'est vraiment plaisant à réaliser. Par contre, j'ai toujours sur que j'étais un gars de terrain. Peut-être un théoricien aussi, mais j'aime avant tout le terrain.

Mardi se passe donc dans les nuages. C'est gris, mais le soleil est juste derrière. Nous sommes au près bon plein du vent, ce n'est pas très confortable. La vitesse est médiocre, environ 3.5 noeuds. Mais nous savons pertinemment que le front froid s'en vient durant la nuit et que par la suite, la dépression s'éclipsera tranquillement. En fin de journée, Ja,i dû prendre les trois ris, le vent se levait appréciablement. Durant la nuit, j'ai dû enrouler le génois. Le front est passé et notre course devenait de mieux en mieux.

Mercredi matin, le ciel était encore gris, mais beaucoup moins dense comme nuage. Le vent continuait de tourner en notre faveur. En fin de journée mardi, il était du nord. En tournant par l'ouest, il atteindra le sud mercredi en fin de journée. Et voilà, le tour et joué. L'anticyclone promis par les fichiers météo prendra place. Ce système météorologique semble énorme et puissant. Nous pourrons donc convenablement nous sortir de cette zone et prendre la direction désirée avec une vitesse et une allure plus satisfaisantes.



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