Sylvain Fortier - Les projets Équiglobales

Carnet de Bord

28 octobre 2013

Moment de détente...

Moment de détente...

Actuellement, je subis le résultat de mes choix antérieurs. Quelle belle continuité! Lorsque j'avais décidé de faire du nord afin de ne pas avoir du vent de front dans les hautes latitudes, près des 40es. Si j'étais resté plus au sud, j'aurais peut-être eu du très mauvais temps. Je préférais donc m'éclipser de ces mauvaises latitudes. Mais je ne pouvais pas aller encore plus bas en latitude, plus près de l'équateur. Sinon, j'aurais écopé de vent dominant d'est. En plus, avec probablement un courant contre moi, j'aurais eu franchement de la difficulté pour me rendre à destination. Je devais donc redescendre un peu plus au sud afin de contourner cette fameuse dépression qui m'a fait quitter les 36es. C'est un peu du jonglage avec les éléments, mais je n'ai pas le choix.

Par contre, si j'étais resté près des 40es. J'avancerais franchement mieux que ce que je fais comme vitesse présentement. Ces jours-ci ma vitesse varie entre 0.5 à 3.0 noeuds, franchement difficile à battre. Samedi, j'ai dû réfléchir longuement avant de me convaincre que ce n'était pas une bonne idée de hisser le spi. Pendant environ 30 minutes, je me voyais hisser le spi. Il fallait que je sois désespéré rare, près de la folie. Ces dernières semaines de navigation, j'ai vu une dépression arrivée 24h plus tôt que selon les prévisions et il me semble avoir assez vécu de ces fameux coups de vent. Malgré que par ici, les coups de vent sont peu probables. Mais, il n'en faut qu'un... je me souviendrai de la nuit passée sous spi lorsque je naviguais vers l'Afrique du Sud. Et je me suis réveillé le spi en brassière et j'avais dû monter au mât... C'est assez pour convaincre son homme.

Donc, j'avance à pas de tortue. Mais j'avance... Rappelons-nous la fable du lièvre et de la tortue. Je pénètre tranquillement dans une zone où la pression est souvent haute. Donc, le vent y est quasiment inexistant. Et en regardant bien les fichiers météo, je subirais périodiquement la même chose si j'étais un peu plus au sud. Alors, il serait peut-être simplement plus difficile de remonter au nord. Je ne suis donc pas si mal positionné. Il suffit d'atteindre la prochaine dépression pour se laisser pousser de l'autre côté de cette zone. Et même que si j'étais plus au sud, le vent viendrait plus du nord lors d'une dépression. Il est serait pour ainsi dire plus compliqué de faire cap au nord. J'avais somme toute fait un choix pas si mal. Il faut bien se consoler.
Je profite du moment de relaxation.

Loréline continue de naviguer au file du vent. Moi, j'ai commencé à faire du ménage. Et... le ciel s'est enfin dégagé, c'était vraiment beau à voir se faire... Le ciel se tissé de ses cheveux d'ange... Sublime! Combien de temps je n'avais pas vu d'aussi beau coucher et lever de soleil! Paradisiaque! Cette énergie que le soleil nous donne, elle me manquait. J'ai troqué pour quelques minutes ma tuque pour mon chapeau qui a malheureusement pris l'humidité lui aussi. Cette chaleur sur la peau fait du bien au cerveau et par la même occasion au corps.

Dimanche, j'en profitais pour développer ma patience. Depuis le temps, je n'ai même plus la tentation de mon petit diable. Malgré que je l'ai démarré samedi afin de m'assurer qu'il ne rouille pas trop vite. Il faut tout de même l'encourager un peu! Très difficile à faire tourner s'il reste embrayer... Il faut savoir ça.

Le vent est tombé presque nul. Je ne dis pas nul, car il ventait tout de même un peu. Mais notre vitesse était nulle. Il soufflait un coup de l'est... un coup de l'ouest... et un coup de l'est... et un autre coup de l'ouest... Les voiles de Loréline jouaient au tennis avec le vent. Je trouvais le tour de rire de la situation. Pas vraiment le choix. Et lorsqu'elle a commencé à faire des ronds dans l'eau sans me demander la permission. J'ai pratiqué la godille avec mon safran. Conclusion, mon système de gouvernail est solide. Rien ne bouge!

D'ici quelques jours, le vent nous sera salutaire.

Le vent est revenu du nord-est lundi matin en me levant au lever du soleil. J'étais assis à la table à carte, j'écrivais sur l'ordinateur... Et qu'est-ce que j'entends... Le ruissellement de l'eau sur la coque... wow... wow... un petit coup de vent qui rentre. Et puis un autre... Loréline commence à giter un peu. Pareil comme aux premières sorties à voile, les premières sensations. C'est vraiment l'extase.

Notre première sortie à voile se faisait sur un lac, au chalet d'un ami. Et vous savez quoi? Le mât de mon dériveur est tombé!! C'était mon premier démâtage, c'était une pratique! Lorsque je pense à toutes mes aventures de navigation, vous n'en savez pas le quart de la moitié. Et c'est mieux comme ça. Un jour peut-être vous saurez une à une...



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Imprimé le : 27 mai 2017