Sylvain Fortier - Les projets Équiglobales

Carnet de Bord

15 octobre 2013

Suite à cette nuit des plus humides...

Suite à cette nuit des plus humides...

Laquelle j'avais marché dans la mer... Au matin du vendredi, je voyais l'état de la mer... Splendide! Les vagues croisées dont certaines avaient des hauteurs entre 3 et 4 mètres affichaient toutes des déferlantes... Leurs crêtes blanches s'étendaient à perte de vue. Elles étaient soufflées par le vent d'une façon anarchique, le chaos complet régnait sur l'océan. Exactement comme le lendemain d'un champ de bataille... La force du vent restait tout de même assez fort que l'on pouvait admirer son souffle sur la mer. Vous devriez voir ça... Les ondelettes qui démarrent ces vagues des plus puissantes! Après cette nuit des plus ténébreuses... Le soleil a commencé à sortir tôt le matin! Le vent se calme au fur et à mesure que la journée avance et je déroule le génois tranquillement. Il y a un anticyclone plus au nord qui s'en vient nous envoyer de bons vent de l'ouest nord-ouest durant quelques jours... on devrait bien avancer.

Le soir de vendredi, le ciel dégagé complètement... les étoiles... la lune qui commence à être pleine à moitié... Une nuit où on n'a pas envie d'aller au lit... Trop beau!! Mais je n'ai tellement pas dormi la nuit passée que le corps ne se fait pas prier... On y va assez tôt merci! de toute façon, on se lève d'ici quelques heures... Loréline navigue très bien seule, et ces nuits-là, elle avance vraiment bien en plus. Il n'y a déjà plus une seule crête blanche sur la mer.

Samedi matin tout a déjà changé... La mer!! Les vagues immenses... Les crêtes blanches par dessus la tête. Durant la nuit, la dépression avait terminé son passage, les vents avaient tourné au sud puis remonté au nord. C'est un peu difficile de bien suivre l'évolution des vents, ils changent trop rapidement et si on veut dormir... Il faut parfois laisser aller le voilier dans la direction qu'il veut. Ça ne donne pas toujours les meilleurs résultats. Mais entre dormir quelques heures et rien pen toute... Le choix se fait par lui même de toute façon.

Donc, samedi matin, nous avions descendu un peu plus au sud. Mais il était préférable d"être plus au nord, les vents seront moins fort pour les prochains jours. Mais avec des vents en provenance du nord, il est un peu difficile de remonter. La mer est forte là... La vague cogne sur notre petite coque... Bang!! des vrais coups de masse!! Donc vent de travers, signifie aussi vagues de travers. De toute façon, même si nous sommes au grand largue, étant donné que la mer est croisée, on finit toujours par recevoir une vague assez puissante sur le côté. Il n'y a rien à faire par ici, on ne s'en sort pas aussi facilement.

Donc là, je monte au nord, je descends au sud pour essayer d'éviter, avoir moins de vent, plus de vents, ne pas avoir de vent contraire... Ça finit que je ne sais plus si ça vaut la peine de faire tout ça. Mais une chose qui est sûre, si j'étais au 40e... je me ferais rincer en ti-pêcher... et je vivrais tout de même les anticyclones, parfois leur centre passe directement là.

Je continue à croire que j'ai une bonne latitude étant donné la saison où je me trouve.
En fin de journée samedi, les vents et la mer se sont calmés. J'ai un peu déroulé le génois. Il n'y a presque plus de crête blanche. Mais, il y a toujours une de ces vagues qui vient nous déplacer solidement... Bang! Loréline qui part au lofe... La mer qui passe sur le pont comme une rivière! Le clan des pieds noirs qui se sont jetés sur mes pelures de pommes de terre ce matin. Ils sont vraiment drôles.

J'aime ça, parce que j'apprends, j'apprends un autre type de mer, d'autres types de systèmes atmosphériques. Présentement, je suis en plein milieu de cet océan, c'est spécial toutes les fois... un autre océan... Tous les jours, je sens, je vois, je vis... La navigation hauturière, il faut vivre ça... Il faut le vivre pour comprendre ce que c'est. La mer qui se déplace, le voilier qui glisse dessus, se fait pousser par le vent, à travers des montagnes d'eau, partir au surf là dessus... Sentir cette masse qui se retrouve à n'avoir aucun poids dans cette immensité remplie de force incroyable, infatigable...
Sentir la force de la coque qui déplace l'eau en avant... lorsqu'il ya pleins de forces qui la pousse de partout... rien ne l'arrêtera, sauf un caillou ou un cargo... Lorsqu'on est en avant, sur la proue du navire, c'est là qu'on le sent le plus, je crois. On peut voir aussi la vague engendrée. Donc, on entend vraiment bien le roulement de l'eau produit par la force brute de l'atmosphère... C'est complètement fou à ressentir...

La nuit de samedi dans la noirceur totale, sans étoile. Nous avons vu la moitié de lune au début par contre. Mais en se levant à quelques reprises, l'humidité frôlait le 100%. Nous la respirions. Mais Loréline s'en fiche pas mal, elle se fait rincer un peu les ouïes pendant ce temps-là. La question que je me demande, qu'est-ce qu'ils font les peaux rouges durant la nuit? Je ne les vois jamais voler... Comment font-ils pour nous retrouver au matin? Je prétends qu'ils ont des éclaireurs cachés un peu partout à travers la mer...

Dimanche matin, les prévisions météo... ouais... pas tout à fait exactes... Je devais avoir 20-25 noeuds... Nous ressentions 10 peut-être 15 parfois! C'était la journée idéale pour tenter le poisson! Envoient les lignes à l'eau! Le temps de vérifier quelques pièces sur le gréement de Loréline. Je revenais en arrière en marchant bien sûr. Je voyais ma ligne de tribord drôlement profonde dans l'eau... Je me dis non, non, non!! En arrivant dans le cockpit, je vois ti pas celle de bâbord enfoncé elle aussi... Ah! Ben voyons donc! Je tire sur celle de tribord. Effectivement, elle a de la tension! Il y a du poisson. OooohH! De la tension qui a de l'allure en plus... Je sors mon crochet avant de remonter la ligne, je me doute de son utilité! J'ai même défait ma filière pour me faciliter la tâche. Il était combattif à part de ça... Il ne voulait pas. Il s'est même emmêlé dans l'autre ligne. J'étais à remonter les deux poissons. La ligne entre les dents pour aller finalement chercher mon crochet... Et hop! Envoyes par ici... Et lui, je l'ai remis à l'eau vivant. Ça pas d'allure deux poissons pour un gars. Et j'ai entrepris l'autre. Même chose, sauf qu'il était déjà un peu fatigué. Plus facile à remonter. Ils étaient la même grosseur les deux, environ 30 pouces.



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