Sylvain Fortier - Les projets Équiglobales

Carnet de Bord

9 octobre 2013

Toute une belle navigation!

Toute une belle navigation!

Durant la nuit de dimanche. Le nerf sensoriel bien en fonction. Je me suis levé quelques fois. Comme d'habitude, il y avait des coups de vent. Je prends un ris. Retourne au lit... Un peu plus tard, il redonne un autre coup un peu plus fort, je me relève... La nuit se déroule comme ça, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de grand voile et que je puisse dormir quelques heures tranquille.

Au matin, le vent avait repris ses élans plus réguliers... Il provient du nord-ouest avec une belle puissance d'environ 15 à 20 noeuds. Nous sommes donc bâbord amures au grand largue. La houle d'une hauteur de 3m environ provenant de la même direction. Tous les éléments sont assez bien enlignés pour que la navigation soit vraiment agréable! C'est très confortable et très relaxant. La grand-voile se repose. Et moi, j'ai trouvé la meilleure position pour lire, la toilette! Loréline, elle s'amuse avec les vagues et fait des pointes de 6.5 noeuds sur l'eau. On mange des miles, tranquillement. La mer est tout de même folle un peu, c'est la raison pour laquelle je ne peux pas lire à l'extérieur... ses embruns n'avertissent pas, ils se jettent sur nous...

Le ciel est couvert! Mais il n'y a pas de brins de pluie. Il y a juste un ti-brin en mer... C'était mon surnom au Pub, salutations à la gang! Votre carte me suit toujours, merci! Phil, je commence à être bon pour dépecer des calmars, c'est toi qui me l'a montré en passant... Je m'en souviens comme si c'était hier! J'espère que ça va bien. Mais malheureusement, la famille des calmars nous a quittés.

La nuit de lundi, se passe vraiment bien, pas de tangon sur le génois à cette allure. Je peux dormir profondément, malgré que je me réveille régulièrement. On fait de la vitesse, c'est fou. Mais Loréline le prend bien dans cette mer-là. Le confort dépend autant de la force du vent que de l'état de la mer. Et les deux sont parfois indépendants. Il peut y avoir des vagues résiduelles de la dépression qui vient de passer... Tout un méli-mélo dans ce coin-ci de la planète.

La journée de mardi se passe vraiment bien aussi. De la belle grosse houle de 2-3 mètres qui déferlent bien comme il faut. Parfois on reçoit notre masse d'eau sur le côté, ça cogne dur! Un coup de masse. Mes lignes à pêche sont à l'eau, mais je crains qu'en haute mer comme ça... ça ne morde pas fort...

D'une journée à l'autre et d'une heure à l'autre les conditions de mer changent. Le vent change et la houle change. Mais en général, c'est une mer croisée qu'on a à faire. Parfois, Loréline se fait brasser d'un bord et de l'autre. Car les vagues peuvent se succéder très rapidement. Elle a beau peser 12 000 livres, la mer s'en fiche pas mal. Loréline aime bien ça, parce qu'elle se sent comme une plume. Le bonhomme finit par s'y faire. Jamais eu le mal de mer, alors pour le reste, c'est juste une question de confort. Des fois c'est un peu spécial juste de se faire un café! Je me tiens le temps que la vague passe.

Je ne suis pas si mal pris que ça! Ce soir spag à la sauce béchamel, tomates séchées! Tiens v'là une bonne idée. Des fois, je mets un oeuf dans la sauce! Tout dépend des moyens qui me restent à bord.

Des fois c'est tellement drôle. La mer a de quoi à dire. Je l'entends elle s'en vient! Et finalement, flouk flok! Difficile à faire les bruits comme ça! Et shrout! la vague balaie le pont complètement, Loréline perd son cap. Son derrière se fait déplacer de 4 pieds d'un coup juste comme ça en même temps que je vous écris. Si je sors dehors pour donner un coup de barre, je me fais mouiller de la tête au pied. Je ne suis pas habillé pour la guerre à tout moment. Les journées que je peux, je reste simplement en pantalon. Ils sont toujours humides. C'est difficile de rentrer dedans le matin, ça prend 5 minutes et je les ai réchauffés. Si je mets mes salopettes... elles sont trop humides, je reste humide toute la journée, alors quand c'est possible je m'habille le moins possible. Juste assez pour être au chaud. J'en ai effectivement d'autres salopettes, mais je les garde en cas d'extrême besoin. Si elles sont toutes humides, la fois que j'aurai vraiment besoin d'être au chaud, je serai mouillé?? Non ça me tente pas, alors je mets toujours la même paire et j'endure. Parce que c'est difficile à croire, mais une fois que mes pantalons sont mouillés d'eau salée, dès que l'humidité ressort un peu, même si je croyais les avoir fait sécher. Y'a vraiment rien à faire, l'humidité dans les pantalons ressort. Donc le matin, c'est sûr que je m'habille mouillé!

Je ne suis pas si mal pris que ça! Ce soir spag à la sauce béchamel, tomates séchées! Tiens v'là une bonne idée. Des fois, je mets un oeuf dans la sauce!
C'est vendredi soir passé je crois. Je suis sorti pieds nus sur le pont. Je me suis demandé d'où venait l'expression... ça doit être de là!

En fait, je vous l'ai pas dit, ch't'un va-nu-pieds... Au diable les apparences!

Ouais, une haute pression qui s'en vient, elle m'arrive directement sur moi. Je vais être au près du vent ce soir.... Exactement comme lundi... j'aurais aimé passer à côté, plus au sud de son centre. Il faut que je descende trop au sud et ensuite il y a une jolie dépression... Donc, je pense que je vais rester où je suis.



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Imprimé le : 25 juin 2017