Sylvain Fortier - Les projets Équiglobales

Carnet de Bord

6 octobre 2013

L'océan Indien..

L'océan Indien..

Eh oui!  Je me suis encore fait avoir durant la nuit de vendredi.  Pourtant, j'ai bien regardé l'horizon avant d'aller au lit, le ciel était tellement beau, pas un nuage.  Je me suis dit que la veille j'avais dû mal regarder autour.  Mais cette fois-là je n'ai pas pris de chance, j'ai au moins affalé la grand-voile et j'ai laissé le génois tangonné.  Nous avancions tellement bien.  Et hop au lit!  Les nuits de ces temps-ci ne me laissent pas dormir tranquille.  Et ces coups de vent...  Le pire c'est d'enlever le tangon dans cette mer là, en plus durant la nuit, afin de pour pouvoir enrouler la voile parce qu'il vente vraiment trop...  J'ai du plaisir à en parler parce qu'il ne s'est rien produit de plus, mais sur le moment il fait chaud un tit peu.  Je commence à me débrouiller malgré tout.

Eh oui, l'océan Indien.  Je viens de passer mon deuxième objectif pour traverser cette mer-là.  Le 60e degré de longitude Est.  Et j'ai de plus en plus l'impression qu'ils ont assimilé les peaux rouges, ou du moins les  rendre plus civiliser.  La mer a l'air d'être moins sauvage que dans les récits de navigateurs.  Peut-être que je fais attention de ne pas descendre trop au sud aussi .  Ou bien les peaux rouges savent que je suis un authentique pacifique.  Que j'ne viens pas pour ruiner leur culture!   On ne sait toujours pas quelle culture était la plus sauvage entre les blancs et les peaux rouges, tout dépend de la culture d'origine de la personne qui analyse l'histoire bien sûr...  Je suis à relire justement un bon livre intitulé Les premières nations du Canada.  C'est un peu une analyse sociologique des Amérindiens et de la colonisation de  l'amérique du nord écrite par Olive Patricia Dickason, une métisse.  Ce n'est pas compliqué à lire du tout.  C'est plutôt très intéressant de voir de quelle façon les colonisateurs n'avaient pas nécessairement une approche franche et considéraient leur mode de vie avec prétention.  Et nous avons tout vidé les ressources qui abondaient.  Les sois-disant sauvages avaient réussies par leur mode de vie à maintenir l'abondance des ressources pendant des milliers d'années et voilà qu'il nous a fallu que quelques centaines d'années pour tout vider, les castors, les bisons, les loutres de mer, les baleines...    Aujourd'hui, les forêts... 

Saviez-vous qu'on utilisait les fanons de baleines pour produire les corsets...  Ah bon, ce monde d'apparence ne date pas d'hier...   Il faut avoir l'air...  au lieu d'être...

Saviez-vous aussi que nous avons appris des Inuits la meilleure technique de chasse pour les baleines?  Il va sans dire que de chasser la baleine était assez meurtrier pour les pêcheurs.  Les Inuits ont développé la tête de harpon détachable...  En harponnant la baleine, la tête du harpon pénétrait sous la peau et se détachait du harpon.  Sur cette tête, il y avait des tendons attachés et reliés à des intestins d'animaux gonflés.  La baleine prise avec ce gréement avait plus de difficulté à redescendre dans l'eau.  Elle se fatiguait plus vite et refaisait surface plus rapidement.  On pouvait ainsi la harponner une deuxième fois plus facilement, et ce, jusqu'à ce que mort s'ensuive.  Avant les contacts, les européens se laissaient trainer en arrière de la baleine, ce qui entrainait souvent des chavirages et des morts. 

Certains qu'on est les meilleurs...  Sans nous autres, ils n'auraient pas été capables de tous exploiter les ressources comme ça...  Ça prenait du génie!

Juste à cause de ce que je viens de dire, les Indiens vont me sauter dessus...

La journée de samedi s'est passée paisiblement, on avance bien.  Je commence à le savoir, les peaux rouges attaquent seulement la nuit bien sûr. 

Dans la nuit de samedi, le centre d'un anticyclone nous fonce droit dessus.  Le vent tourne en notre défaveur, nous faisons cap au nord un peu trop à mon goût...  Çä ne va pas bien du tout...  Je tire un bord, et ce n'est pas mieux pen toute, nous faisons cap légèrement vers l'ouest... 

Dimanche, rien ne va plus, nous sommes au neutre...  Il faudrait que je dorme un peu, mais c'est impossible avec cette houle.  Le vent devrait reprendre d'ici quelques heures, si l'anticyclone continue son chemin comme prévu.

Effectivement dimanche soir, le vent reprend de plus belle.  Loréline se remet en route tranquillement.  Et durant la nuit, je me lève quelques fois pour prendre des ris, enrouler un peu le génois. 

Peut-être nous reste-t-il encore des gênes de nos ancêtres colonisateurs...  Si nous voulons sauver le naturel, dont nous avons besoin pour vivre, il faudrait se poser les bonnes questions.

Se souvenir aussi qu'il ne suffit pas de parler...  Ah! ce monde d'apparence...

Un jour une amie m'a dit que j'avais l'air...  Je lui avais répondu que je n'avais pas une barbe pour avoir l'air...  je suis marin.



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