Sylvain Fortier - Les projets Équiglobales

Carnet de Bord

2 octobre 2013

Un p'tit coup de vent

Un p'tit coup de vent

Dimanche, j'espérais bien qu'il me passe à côté. J'avais un peu trop d'espoir. La nuit s'en venait, mais la noirceur prenait place aussi à cause de l'épais nuage qui commençait à nous recouvrir... C'était vraiment sombre. Pas de place à laisser passer le moindre petit rayon de soleil à son coucher. Je commençais à comprendre ce qui arrivait. De plus en plus conservateur je suis, j'enroulais un peu le génois en prévision. J'aurais peut-être dû sortir mon yankee, mais il aurait fallu de toute façon l'affaler durant les heures qui suivirent, j'avais bien fait. Le vent soufflait 25-30 noeuds avant le coucher du soleil. Il n'allait pas diminuer... Nous étions babord amure, de ce côté pour enrouler c'est parfait. De l'autre amure, je dois empanner à cause de mon 2e étai juxtaposé. Un moindre mal, je commence à être habitué, mais ce n'est peut-être pas l'idéal.

Mais le sérieux coup de vent se préparait et je le sentais. J'étais tout habillé, j'aurais peut-être dû déjà enrouler plus, mais sur le moment on n'est pas sûr de l'intensité que ça va prendre alors on attend. Et vlan! D'un coup, le bateau prend une sérieuse gîte, le coup de vent vient de rentrer. J'ouvre la porte à l'instant. C'est la folie et je sors dans le cockpit. Je ne pose pas de question, je dois enrouler. Les embruns et la pluie arrivent de partout. J'enroule presque tout le génois, j'ai l'impression que le vent atteint 40 noeuds peut-être 45... Il ne me reste qu'un petit triangle de toile en avant, quelques mètres 3 ou 4. Je me demandais si je ne l'enroulais pas tout, car avant de le border, je continuais d'avancer à 5 noeuds... Le coup de vent n'a pas duré plus de trente minutes je crois. Mais par la suite, je n'ai pas donné beaucoup plus de toile pour la nuit. Le vent devait être soutenu à 30 noeuds, rafale à 35. Il est très difficile de dormir dans ces conditions.

Lundi matin, les conditions n'avaient guères changé sauf que je voyais mieux ce qui se passait. Les rafales ressemblaient à celles de la nuit passée. Le vent avait peut-être diminué de 5 noeuds en moyenne. Mais les rafales étaient incessantes. Elles faisaient rage toutes les heures environ. La meilleure a dû grimper à 40 noeuds probablement 45. Difficile à dire rendu là. Mais, il ne me restait que 2m de toile environ. Je me suis placé en fuite simplement pour ne pas me donner trop de misère. Le bout de tissu bordé à plat, égale des deux côtés. De cette façon, le voilier est plus facilement manoeuvrable. C'est-à-dire qu'il a plus de difficulté à partir au lofe! Sacré régulateur, lui, il ne se fatigue pas... Il n'est pas parfait. Mais il ne manque pas grand-chose.
Dans cette mer, j'apprends encore mieux à gérer le fameux point d'écoute de génois. Le point de tire de l'écoute est vital. Je n'utilise presque plus mon chariot d'écoute, j'utilise un simple cordage et parfois j'attache l'écoute de génois sur la cadène la plus en avant du voilier, en avant du mât. On voit toute la différence.

Lundi soir le vent et la mer se calmaient, je pouvais commencer à penser à dormir un peu. Malgré la fatigue, je reste en contact sensoriel. Et je me réveille lorsque le vent commence à tourner ou mollir. Il venait du sud durant la tempête. Il tournait tranquillement vers l'ouest durant la nuit. Je me suis levé quelques fois pour larguer un peu de toile... Toujours avec prudence, je ne sais pas pourquoi j'ai peur des coups de vent.

Mardi matin le vent arrivait du sud-ouest. Il soufflait à 20 noeuds environ. Le génois était presque tout sorti. J'ai vraiment bien dormi. La mer est toujours aussi belle, entre un et deux mètres, une belle grosse houle qui arrive sur la hanche tribord. Juste confortable pour avoir du plaisir à naviguer.

Durant la journée, ma radio a arrêté de fonctionner... La musique pour moi c'est comme un peu vital. Lorsque le vent sévit très fort, j'ai plutôt tendance à n'écouter que l'environnement de la mer. Mais lorsque c'est tranquille et paisible, mon esprit peut plus s'occuper à partir dans mes réflexions sur la vie... Alors là, j'écoute de la petite musique. La radio m'a lâché aujourd'hui, c'était le branle-bas de combat dans le circuit électrique. Jusqu'à la vérification sur les branchements aux pôles des batteries. Rien de spécial visuellement. Mmmh... Je suis parti du début, y a-t-il du courant à la radio... non... C'était un fil corrodé suite à l'usure due au frottement sur un tuyau. Si je ne l'avais pas coupé afin de le brancher ailleurs, je n'aurais jamais vu son point de friction, il était en arrière du tuyau.

Les prévisions pour les prochains jours. Avec un anticyclone au nord de nous, des vents d'ouest de 10 à 25 noeuds pour la prochaine semaine. On va se croiser les doigts, à venir jusqu'à maintenant nous avons été chanceux. J'en remercie les forces du ciel et de la mer. Nous avons dépassé le 50e degré de longitude Est sans trop de misère, et on continue...

Anticyclone ne signifie pas nécessairement le gros soleil. Du moins, où l'on est. En périphérie, il y a des nuages et des brins de pluie.



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Imprimé le : 20 août 2017