Sylvain Fortier - Les projets Équiglobales

Carnet de Bord

22 septembre 2013

Des journées qui tiennent occuper!

Des journées qui tiennent occuper!

Devrais-je vous le dire? Dans la nuit de jeudi à vendredi, j'ai dormi sur le plancher, sur un matelas...  tout habillé...  Le vent change trop rapidement.  Lorsque le coup de vent arrive, je n'ai pas de temps à perdre.  Il faut que je sois rapidement sur le pont.  C'est plus rapide de ranger un matelas que de s'habiller...  Les prédictions météo n'annoncent pas autant de changement, du moins ce que j'avais comme fichier.  L'antenne onde courte à terre que j'utilisais ne fonctionnait plus.  Elle se situe dans le sud de l'Afrique.  La distance ne devait pas être bonne.  Les ondes passent moins bien avec les autres antennes et les heures possibles d'utilisation sont plus difficiles.  J'ai de la difficulté parfois à envoyer mes messages, c'était donc difficile de recevoir des fichiers météo détaillés et à jour.  J'ai passé la nuit à sortir sur le pont et essayer de me recoucher pour quelques minutes.

La journée s'est déroulée comme la nuit avec des coups de vent.   Il y en a un qui est passé aux environs de 40 noeuds.  J'avais bien l'impression qu'il ne durerait pas, je voyais au travers des nuages l'autre côté semblait plus clair.  Comme les autres, il n'a pas duré plus d'une heure.  Il était impressionnant.  La pluie semblait tombée à l'horizontale en même temps que l'eau de mer décollait des vagues.  Un certain moment donner le calme est apparu.  Le ciel est devenu bleu dans un coin.  Le vent a suivi la parade.  Il n'y en avait presque plus.  C'était   la première fois que je vivais une accalmie depuis le départ.  Je n'ai pas eu le choix de hisser la grand-voile et dérouler le génois.  En affalant le Yankee, je remarque une déchirure sur la chute.  Je suis tout de même chanceux, la déchirure n'est pas très grosse.  Et j'ai probablement le temps de réparer avec le temps qu'il fait actuellement.  Je m'affaire dès que le voilier est de nouveau en route.  Je répars la voile en place directement sur la proue du navire.  5 minutes après avoir commencé, la mer commence à m'asperger un peu...  puis 10 minutes plus tard je reçois une de ces vagues qui me mouille de la tête aux pieds...  Je ne comprends toujours pas comment une vague fait pour rentrer par le collet du manteau et descendre jusque dans les bottes sans même avoir mouillé le gilet...  C'est au moins la deuxième fois que ça m'arrive...

Avant de me faire mouillé, j'avais presque terminé la réparation.  Une fois revenu dans le cockpit, je vide mes bottes et je me déshabille à l'extérieur question de ne pas mouiller l'intérieur pour rien. 

La nuit de vendredi.  C'était la première fois que je voyais des étoiles cette nuit-là depuis mon départ de l'Afrique du Sud.  Orion toujours dans le ciel, je le poursuis.  La croix du Sud toujours à sa place.  Tiens voilà une superbe étoile filante, très longue et bien lumineuse!  La lune est presque pleine...  wow!  C'est vraiment trop beau.

Il annonce 30 noeuds de vent cette nuit.  Il viendra...  J'ai confiance...  Il est venu...  On s'est fait brasser la cage légèrement, mer croisée...  Ça secoue les puces!  Il y avait des éclairs à certains moments.

Samedi matin, les gros vents semblent passés.  Le ciel s'éclaircit au complet.  La matinée se passe tout de même avec  certains passages nuageux.  Comme tous les jours depuis mon départ, je vois au moins un arc-en-ciel.  Avec les nuages, quelques rafales, rien de stressant.  Je crois avoir appris à mieux gérer le génois avec ses écoutes avec un vent arrière.  Vers la mi-journée.  On sent le vent perdre son souffle.  Quoi ?  Je dois larguer des ris...  comment fait-on?  Je déroule le génois au complet.  Peine à ajuster les voiles avec un vent de travers.  Il vient du sud cette fois avec une force d'à peine 10 noeuds.  Pendant quelques heures j'ai eu un courant de 2-3 noeuds.  Je n'avançais pas beaucoup sur l'eau, mais sur le fond...  J'ai fait 15 miles en deux heures.

J'arrive dans l'océan Indien, et il n'y a plus de vague déferlante...  Est-ce que ça se peut?  Personne ne m'a jamais dit que c'était possible...  Il veut se faire un ami...  m'attirer dans son filet et ensuite il se  montrera vraiment!  Je n'ai aucun doute.  De voir mes voiles toutes dehors comme ça, au début, ça fait peur...  Que va-t-il arriver...  Pourtant, les prédictions météo n'annoncent pas plus de 25 noeuds pour la semaine.  Quelque chose cloche...

J'ai passé une belle journée en faisant un somme après midi.  J'ai fait un atelier de séchage de poisson, je lui ai remis du sel ensuite.  Par la même occasion, j'ai tout fait sécher mon linge comme il faut, autant que du linge salé se peut d'être sec un jour.  J'ai mis des espadrilles!  Wow!  Quel bonheur!  Mes pieds sont bien.  J'ai même eu le temps de plastifier ma carte de l'océan Indien.  Et l'antenne située en Afrique a recommencé à être disponible, j'ai pu envoyer des photos.  Eh oui, j'ai aussi réparé mes cardans de poêle à l'alcool, ils ont toujours quelque chose à dire pour attirer l'attention. 

Et le plus beau!  J'ai trouvé dans ma chaud'hier, neuve...  Un tout petit poisson.  Il a dû atterrir dedans avec une vague.  Je l'ai pris en photo.  Je l'ai filmé aussi.  J'aime m'arrêter aux petites choses.  Lui un jour il deviendra, je le souhaite, un poisson comme celui que j'ai  pris.  J'ai mis la photo sur mon dernier carnet de bord.  En fait, c'est Philippe de chez Numérique Technologie, ceux qui m'ont fait le site internet.  C'est lui qui reçoit tous les matins mes courriels et mes photos et les met en page.  Toute une collaboration, merci beaucoup Numérique!

J'ai remis le poisson à l'eau, il devait mesurer un pouce environ.  La vie est tellement bien faite, tellement belle...  et je suis à la bonne place pour l'admirer...  merci...



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Imprimé le : 17 octobre 2017