Sylvain Fortier - Les projets Équiglobales

Carnet de Bord

9 septembre 2013

False Bay Yacht Club

False Bay Yacht Club

Vous vous demandez quoi faire l'été prochain?  Je vous suggère un p'tit tour de voilier dans False Bay, en Afrique du Sud.  Premièrement, parce que vous n'aurez pas le choix de venir au club de voile, FBYC.  Le personnel est vraiment sympathique.  La secrétaire a presque autant d'années de service que la marina existe.  Mais elle réussit toujours à vous accueillir avec le gros sourire, How are you this morning?  What can I do for you today!!  Et elle se plie en huit pour faire vos quatre volontés.  Toujours avec la même souplesse que j'ai entendu dire...  Pour ne parler que d'elle, sinon je n'ai pas fini de tous les nommés et ils ne m'ont même pas payé.  Vraiment, pour rester pris, c'est la meilleure place!  Sans compter le paysage, je n'en reviens pas à tous les matins comme c'est beau. 

En me levant ce matin, il pleuvait.  Normalement ça ne change pas ma journée.  Je vais essayer de faire de même aujourd'hui.  Je voulais peinturer ma chaudière.  Elle a pas mal de vécu.  Et oui Joël, celle que tu as presqu'échapper à l'eau!!  J'ai encore la vidéo quelque part.  Donc, elle a un tour de l'atlantique et plus tout le millage jusqu'ici.  Elle commençait à être rouiller comme un vieux char et même percée à certains endroits.  Vous commencez à me connaitre...  Avant de jeter quelque chose aux poubelles, j'essaie de le réparer quelques fois avant.  Donc, il y avait une job de fibre de verre requis dans ce coin-là!  Je l'ai donc peinturé ce matin.  Je me suis placer juste en dessous de mon dodger rigide, il y a assez de place. 

ma chauhiere d'aujourd'hui

Ensuite, je me préparais à partir faire une épicerie  lorsque j'ai entendu quelque chose d'inhabituel à l'extérieur...  Souvent, il y a un loup de mer qu'on voit régulièrement.  Il vient nager lentement, tourner autour des embarcations, lâcher quelques cris...  ou simplement respirer.  Il vient parfois la nuit aussi, il nage tranquillement et on l'entend respirer comme un humain.  Ou bien on entend les tonnes d'oiseaux qui jacassent de partout, certains se trouvent sur des bateaux voisins, d'autres sont juchés sur le brise lame qui protège la marina.  Il y a un spectacle particulier à tous les jours.  Ce matin, j'ai filmé un oiseau prenant son bain.  C'est trop beau à voir.  Mais là, ce bruit-là, je ne l'avais jamais entendu...  En me sortant la tête dehors, à la pluie...  voilà une baleine sacrebleu...  Il y avait une baleine à côté de Loréline.  Pas à 20 pieds, à 5 pieds, si j'avais été dans l'eau je l'aurais presque touché...  Je ne sais pas ce qu'elle fait aux animaux, mais elle les attire!!  Une baleine à bosse je crois, une southern right whale, comme ils disent par ici.  Elle nageait tranquillement, tout en montrant sa grosse tête et son dos de temps à autre.  Elle s'est éloignée...  Impressionnant...

Ensuite, j'ai enfourché ma monture sur roue avec mes superbes pantalons imperméable nouvellement conçus...  Ouais, ils sont imperméables jusqu'à ce que l'eau pénètre dans le tissu...  Environ dix minutes...  On s'en fou, ça fait partie de la vie d'être mouillé.  Pendant ce temps-là, la végétation s'abreuve, les arbres aussi!!  Et celui à côté des canons, on voit tout de suite que la pluie lui donne de la vigueur. 

Je suis allé à la quincaillerie, il me manquait quelques petits trucs.  J'ai trouvé de l'alcool à brûler.  J'en ai acheté un échantillon juste pour l'essayer.  Il n'est pas très cher, moins cher qu'au Sénégal du moins.  Et je suis passé à l'épicerie.  Où j'ai été témoin d'une scène d'humanité très représentative...  C'était dimanche et il pleuvait.  Alors, les magasins étaient pleins à craquer.  Les files d'attente pour payer débordaient de partout.  Comme d'habitude, j'essaie d'évaluer la plus rapide.  Et je me place en arrière, mais de côté pour éviter que les gens aient de la difficulté à passer en arrière de moi.  Mais il y avait tellement de monde que les gens passent de tout bord tous côtés.  Je fais de mon mieux pour alléger la tâche de tout le monde autour.  Je me déplace quand il le faut.  Un monsieur vient se placer dans la file en arrière de moi, un peu de côté aussi.  Mais voilà que quelques minutes plus tard, un autre monsieur se place en avant de la madame en avant de moi....   Je commence à comprendre.  Je vais commencer à moins me faire marcher sur les pieds, à force...   Alors, je lui dis poliment.  Il me répond qu'il va prendre son rang quand il arrivera.  Mais bien sûr, il avait prévu de passer derrière moi.  Mais le monsieur en arrière de moi ne se laisse pas marcher sur les pieds non plus.  Et moi je n'ai pas d'autre choix que de le défendre.  Et pendant ce temps, la madame en face de moi était rendue à la caisse.  Ici, il faut faire peser les fruits et les légumes et le commis mets une étiquette sur le sac.  Sinon, la caissière ne sait pas le prix.  Et je suis déjà arrivé à la caisse et à cause de la file, j'ai dû laisser les fruits en place et c'est pas mal fâchant, décevant.  On ne veut pas faire attendre tout le monde.  Elle me regarda et me dit, j'ai oublié de les faire peser...  Je lui ai répondu, je vais y aller à votre place...  Il n'y avait que deux sacs.  Alors, j'ai couru à la balance.  Pendant que le monsieur était encore à s'obstiner pour gagner un rang dans la file, moi je courais à travers la foule pour que la madame ait ses fruits...

La morale de cette histoire, je vais vous la dire...  La journée que l'humanité va comprendre qu'il faut travailler pour les autres, chacun pour quelqu'un d'autre... Pas pour soi mais pour aider son voisin... Celui qui court, celle qui court pour être la première...  pour être le premier devant tout le monde...  Sans tenir compte des gens autour...  Je me demande bien pour aller où?!  Pour faire quoi...   Je crois que l'on perd l'essence de l'humanité...  Je suis revenu à la caisse, la madame était contente...  On a discuté...  J'étais un peu déçu de l'humanité encore une fois...  Mais elle était toute contente que je l'aie aidé...  Toute surprise...  Je persiste à faire de belles rencontres...  Il me reste un peu de paix intérieure à aller chercher avec tout ça...  Cette compétition qui gruge l'humanité, ces gens qui passent par-dessus les autres pour leur petit nombril...  Mais le positif l'emporte toujours dans l'histoire...

Je suis passé revoir mon fameux Capitaine Doc en haut de la montagne à Just Nuisance Grave.  Il est vraiment trop fier de son arbre.  Il dit que parfois il s'assit en face pour le regarder pousser.  Les gens le prennent pour fou.  Mais lui il aime ça.  Il lui donne bien de l'eau.  Il m'a dit qu'il fait des trous dans la terre pour aider l'eau à bien descendre aux racines.  Les feuilles ont déjà grossi.  Il voulait un autre arbre.   Si j'avais du temps je pourrais en planter plus.  Mais comme je m'amuse à dire parfois aux gens que je rencontre.  Ce n'est pas un seul homme qui va changer le monde, mais tout le monde ensemble.  Si tout le monde prend conscience, nous pouvons y arriver.  La prise de conscience commence par l'individu.

Un jour j'avais fait vivre une expérience à une amie.  Bon, aussi à des amis parfois lorsque l'occasion se présente.  Mais cette fois-là, je m'en souviens plus.  Elle avait une plante énorme à la maison et elle déménageait.  Elle voulait me la donner.  Mais ma maison débordait déjà, c'était une vraie jungle.  Je suis sensible à ces choses-là, car une plante, c'est une partie de la vie qui nous entoure.  Il ne faut pas tuer des plantes pour rien.  Et elle le savait, son père fait pousser des fleurs comestibles.  Il ne restait que cette plante dans la maison.  Elle était vraiment belle.  Je la regardais tranquillement.  La terre était sèche.  Je lui ai donc donné de l'eau pour l'abreuver.  Et je lui ai dit : Écoute! Elle tendit l'oreille au-dessus du pot à plante...  Et oui, je vous jure, on entend la terre boire l'eau...  Essayez!  Vous allez comprendre.  Et si vous ne l'entendez pas, ce n'est peut-être pas assez silencieux dans la pièce, attendez que le frigo s'éteigne... 

On appelle ça, prendre le temps de prendre conscience de ce qui nous entoure...  Et lorsque je hisserais les voiles de Loréline de nouveau, c'est tout ce que j'entendrais...  La vie qui circule partout autour...



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