Sylvain Fortier - Les projets Équiglobales

Carnet de Bord

6 septembre 2013

Il faut continuer à semer l'espoir...

Il faut continuer à semer l'espoir...

5 septembre 2013, jeudi

Des numéros...

Je reviens de mon tour de vélo.  L'internet ne fonctionnait plus à la marina aujourd'hui.  Je devais avoir une entrevue radio avec une radio de Paris.  Une chance que j'avais de l'avance.  J'ai donc emprunté mon moyen de déplacement et je me suis dirigé vers un restaurant à Fish Hoek.  J'avais une heure et demie pour me rendre avant le début de l'entrevue.  Je suis donc passé voir mon ami congolais.  J'avais une question qui me trottait dans la tête.  Il fallait que je lui demande en personne.  Je voulais savoir à propos des mines en Afrique du sud qu'elles sont les conditions de travail  des travailleurs...  Et bien il n'y a pas de miracle à faire...  Que ce soit du côté de l'or ou de l'argent, les conditions sont encore extrêmes aujourd'hui.  Il m'a donné un exemple d'un mineur qui était passé dans le journal une fois.  Il n'avait jamais pu se marier de sa vie.  Il gagnait à peine 120$ par mois.  Sans parler des conditions physiques de travail... 

Je suis reparti sur mon vélo...  Tranquillement...  J'aurais aimé faire la lumière sur ces choses-là.  Qu'on essaie d'y voir plus clair un peu...  Je reviendrai en Afrique un jour.  C'est sûr.  Mais là, j'avais une entrevue, il fallait que  je me rende.  Ce n'était pas tellement loin, trente minutes de vélo environ.  Je suis arrivé 20 minutes avant l'heure.  J'ai eu le temps de me brancher, regarder quelques messages sur mes boites de messagerie.  Et 10 minutes avant l'entrevue je me branche sur skype pour lui dire que je suis là.  Il me répondit deux minutes plus tard qu'il avait mis quelqu'un d'autre en attente, car il a eu peur que je ne sois pas là.  L'entrevue n'aurait pas lieu.  Dire que simplement avec cet événement, je réalise comment on prend l'être humain pour un numéro.  Et moi qui ai quitté une superbe discussion pour me faire dire que je ne suis qu'un numéro.  Et j'essaie d'imaginer les mineurs...  Ils ne sont même pas capables de se marier...  Et moi, j'aurai de la misère à me marier parce qu'on manque de respect les uns envers les autres...  Quel monde de fou! 

Je continuais à pousser sur les pédales...  Je devais me rendre de l'autre côté des montagnes pour aller chercher un filtre à carburant pour mon moteur de voilier.  Je m'en sers à peine et il faut que je l'entretienne autant, sinon plus parce qu'il s'encrasse plus sans utilisation....  Le monde à l'envers...  Sur le chemin, je croise visiblement un sans-abri.  Je me dis que c'est le temps de m'entrainer.  M'entrainer à quoi?  À photographier ou filmer des gens pauvres...  C'est ce que je disais à mon ami congolais, je ne suis pas capable de les prendre en image, j'ai l'impression de les violer...  violer leur intimité...  et il me semble qu'on les a assez violés comme ça...   Mais il m'a répondu que ce n'était pas un viol, car tu veux simplement montrer aux gens la vérité.  Mais moi, ma tête, mes émotions, je suis trop sensible.  Alors, je me suis dit qu'il fallait que je m'entraine.

En revenant du magasin, je me suis arrêté voir le sans-abri.  Je lui ai demandé où il voulait dormir.  Ici!  Sur le bord de la rue?  Oui!  Et s'il pleut?  Je rentre au centre d'achat...  Visiblement, il allait probablement pleuvoir.  Je lui ai dit de faire attention à lui et de ne pas dormir dehors s'il pleuvait.  Je lui ai donné mon orange.  Et je n'ai pas été capable de le prendre en photo...

Vous savez, semble-t-il que la plupart des mines qui se trouvent en Afrique du Sud appartiennent à des intérêts canadiens.  Je n'ai pas eu le temps de vérifier.  Certaines compagnies cautionnent encore des viols pour s'accaparer certains villages à certains endroits en Afrique...  Et les Chinois...  L'humanité...  je ne suis pas capable de m'en laver les mains...

espoir chez un résident en haut de lamontagne

Et les Américains qui se demandent comment bombarder la Syrie, avec quelle arme...  Dire qu'il y avait un nouveau président qui disait vouloir changer la face des Américains...

Parfois, je me dis...  Sylvain, fermes là...  va planter des arbres...  et je regarde les autruches en passant et je me demande si elles ne sont pas américaines, quel beau portrait...  J'ai l'impression qu'elles me font un clin d'oeil...

Alors, vendredi, je suis retourné planter des arbres.  Trois autres white Milkwood qui poussent...  En l'honneur de mon bon ami Christian.  Je lui avais dit que je planterais ses arbres en Australie, mais étant donné que je connais le coin ici, c'est plus facile pour le moment.  Il m'en restera un pour toi et deux pour la gang à Isabelle...   Je croyais pouvoir tirer un revenu de ces arbres.  Mais il est très difficile de tout faire en même temps.  Préparer le bateau pour un autre départ et planter des arbres.  Il faudrait que je reste plus longtemps.  Peut-être bien que je prépare le terrain pour une prochaine fois...

espoir à côté d'un bidonville, le 2e à cet endroit!

 



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