Sylvain Fortier - Les projets Équiglobales

Carnet de Bord

21 août 2013

Le soleil est enfin apparu, après une semaine d'absence...

Le soleil est enfin apparu, après une semaine d'absence...

quasi totale...

Ça fait du bien au cerveau...  J'ai besoin de divers matériaux pour faires les modifications sur Loréline.  Du contreplaqué marin, je change les poulies du régulateur de place.  Je mettrai deux emplacements possible, chacune donnera un angle différents aux drosses, je pourrai changer directement en mer si l'angle n'est pas satisfaisant.  Aussi je vais rechanger l'axe qui tient les bas-hauban dans le mât, je fais seulement de la prévention.  Au Brésil, je n'avais trouvé que de l'acier inoxydable de mauvaise qualité, ici je trouverai ce que j'ai besoin.  Mais le lundi matin, les artisans du club, du moins les propriétaires, sont lent à se présenter au travail.  Après avoir fait quelques heures d'internet tout en attendant les artisans.  Car l'ordinateur dont j'ai changé le disque dur, il n'arrête pas de faire des mises à jour...  C'est vraiment très long.  Parfois je le laisse seul tranquille et je vais faire d'autre chose, mais il  n'est pas recommandé de laisser seul très longtemps un objet qui peut représenter des mois de travail pour un employé semble-t-il...

Après un certain bout de temps, je ne suis plus capable d'attendre, ils prennent leur café...  Je les verrai demain, il annonce de la pluie, aujourd'hui il fait beau, je vais aller voir le marin que j'ai rencontré la semaine passée.   Il a quatre enfants, il se construit un catamaran, il veut partir faire le tour du monde et présentement il a une ferme où il ferait pousser des arbres.  Et non loin de chez lui,  il y a aussi une pépinière.  La première que je suis allé voir,  il y a environ deux semaines.  Je ne suis plus sûr de quel genre d'arbre elle m'avait parlé.  Faut que j'aille vérifier au cas où.

Une petit balade entre 20 et 25 km je crois qui m'attend.  J'aime bien prendre le temps, arrêter et admirer le paysage, discuté avec les passants.  J'en ai appris ainsi plus sur les babouins.  J'ai pris le temps de parler avec l'escouade de babouins.  En fait, ils n'ont jamais vécu dans des arbres.  Ils vivent dans ces montagnes, ils dorment dans des grottes.  Ils ont un émetteur gps sur eux et aussi vhf.  La responsable peut savoir le temps qu'il fera demain juste par la grotte que le clan décide de dormir le soir.  Il y en a plusieurs dans la paroi, des grottes.  Leur alimentation repose sur les arbustes, leurs fleurs et leurs fruits.  De cette façon, ils aident à la dispersion de ces espèces végétales lorsqu'ils font leur besoin ailleurs dans la montagne.  Mais il y a aussi une autre partie importante de leur alimentation qui repose sur les mollusques.  Donc, ils descendent sur le rivage afin de se nourrir à même la mer.  Nous avons mis la route en travers de leur chemin.  Les gens les nourrissent juste par plaisir, ce qu'il ne faut pas faire.  Le fait des nourrir les attirent encore plus près du chemin, mauvaise nutrition, brise leur dentition, les rends dépendant et ils se font frappés par les automobilistes trop pressés.  Alors l'escouade des babouins est là pour les faire passer le chemin sans danger.  Et s'assure qu'ils ne redescendront pas jusqu'à ce qu'ils aient choisis leur grotte pour la nuit.  L'escouade doit être présente tôt le matin pour ne pas les manquer jusqu'à ce que le soleil commence à être moins chaud selon elle.  À cette heure, ils ont déjà choisi leur grotte pour la nuit!   Je n'ai pas encore pu les photographier, la journée que je les avais vu, je n'avais pas mon appareil.

Je continuai donc mon chemin tranquillement.  Il y a une ferme d'autruche de l'autre côté de la montagne, je les ai admiré un peu. 

La ferme du monsieur était un peu plus loin.  Il n'y était pas.  Mais en échange, j'ai rencontré la famille africaine qui y habite et y travaille.  Ils ont une petite case, et ils entretiennent ce qu'il y a à entretenir.

Et sur la ferme il loue aussi une petite maison.  J'y suis allé voir.  J'ai fait une belle rencontre.  Un nous musicien de musique de l'ouest africain qui la reproduit sur guitare, j'ai hâte d'écouter son CD qu'il m'a donné.  Je lui ai laissé ma carte et avons discuté beaucoup, et pris le thé.  Sur les fermes ici, ça ne va pas du tout.  Bien sûr les employés noirs sont définitivement sous-payés.  Ils y a quelques mois ils ont commencé à se manifester pour obtenir le double de salaire.  Juste pour dire à quel point ils sont exploités.  Probablement qu'ils vont l'avoir.  Les grosses fermes pourront se le permettent, mais les petites, elles devront peut-être fermer par contre.    Tout ce que je vous raconte, ça fait deux fois que je me le fait raconter, alors j'ai tendance à commencer à le croire.  Et le plus hilarant dans tout ça.  C'est que les fruits et légumes cultiver ici, se retrouvent en Europe, les plus gros, les plus beau pour moins cher semble-t-il...  Et nous croyons que l'air de la colonisation était révolu... 

Si nous ne changeons pas nos politiques internationales rapidement, nous sommes sur le bord d'une crise humanitaire extraordinaire sans précédent...  Il n'est pas si simple de dire, on va s'occuper de notre petite affaire, car le monde est rendu une grande culture internationale.  Et nous sommes tous inter-relié...

Alors moi mon travail cette année, c'est de faire prendre conscience...  Je plante des arbres à l'internationale pour conscientiser les gens locaux, mais bien plus notre culture...

Alors, je continue mon chemin toujours en poussant sur les pédales, j'arrête pour admirer les paysages manger une bouchée.

Un peu plus loin se trouve la pépinière.  Cette fois-ci j'essaie de rentrer un peu plus profondément dans le domaine, je suis curieux.  Je vois un peu les gars travailler avec leur brouette.  Bien sûr, ils ne me laissent pas tranquille.  Salut comment ça va?  ...  Je regarde pour des Milkwood...   Oui, viens par ici!  Et il m'amène aux mêmes arbres qu'ils m'avaient présentés la première fois que je suis venu...  C'est pour dire...  J'aime bien avoir deux fois la même information, ça me rassure.  Malgré qu'après mon histoire de régulateur, je serai encore plus prudent...  J'ai un cerveau et je suis capable de réfléchir...  Lorsque j'ai des objections face à quelque chose, parfois ce n'est pas pour rien.  Et je ne suis pas le seul...  tout le monde est capable, c'est juste que mon cerveau a un hamster un peu trop efficace depuis un peu trop longtemps...  mais c'est comme ça, la vie nous mène où elle le veut bien.

Alors, je pars accompagné de mon White milkwood sur mon vélo!!  Et je suis heureux...  Je rencontre encore mon nouvel ami sculpteur, je prends le temps de lui jaser un peu.  Il me dit qu'il habite dans le village à côté.  Je lui réponds que s'il connait une place pour un arbre, j'aimerais qu'on le plante ensemble...  Mais il n'est pas trop certain...  Alors je continu,  je monte la montagne tranquillement.  Je croise des résidents justes à côté de l'arrêt d'autobus.  Le village s'appelle Red Hill.   Je leur raconte un peu ce que je fais tout en pédalant, je monte une bonne côte, je suis très lent...  Je décide de retourner et de leur demander s'ils ne voudraient pas un arbre!  Ils me disent bien sûr!  Juste à le planter là, dans le champ!  Il y a plein d'eau pour lui.  Ils me répondent que le monsieur qui habite à côté adore les arbres.  Il y a un paquet de plantes justement sur sa petite parcelle de terre.   Parfait ça, je plante donc mon arbre qui devient leur...  Cet arbre est en l'honneur de M. Tremblay.  Merci, M. Tremblay de votre confiance.  Nous sommes en train de construire...

L'arbre de M. Tremblay, un white Milkwood

Je suis donc retourné à la pépinière immédiatement.  J'ai recroisé mon sculpteur, lui ai raconté l'histoire de la plantation de l'arbre.  Il ira le voir en finissant sa journée!  On va se revoir, il se peut que j'en plante plus qu'un à cet endroit.

Mon deuxième arbre, je voulais le garder pour un endroit particulier...  Mais je me suis dit, je vais aller voir en haut de la montagne si jamais le monsieur qui a une terre serait là.  Je l'avais rencontré il y a deux semaines et il voulait bien avoir un arbre.  Mais j'y étais retourné et je n'avais pas eu de signe de lui.  Je décide de prendre une chance.  Je remonte la montagne tranquillement en poussant sur les pédales.  Arrivé en haut, il ne semble pas là, il n'y a pas de voiture du moins.  Je décide d'aller voir, Just Nuisance Grave.  Il se trouve un peu plus loin toujours en haut de la montagne.  Et je ne sais toujours pas ce qu'est ce site.  Une fois rendu, les gens me parlent d'un chien qui s'appelle Just Nuisance, mais je ne sais toujours pas ce qu'est une Grave.  Les gens essaient de m'expliquer, mais c'est du chinois pour moi, il faut que j'aille voir plus loin.  J'arrive à des bâtiments.  Je commence à comprendre que ce sont des quartiers militaires, une école navale!  Just Nuisance était un chien qui aidait les marins semble-t-il, et Grave c'est une pierre tombale...  Tout s'explique...  Je raconte mon histoire aux gens sur place.  J'ai un arbre dans mon sac.  Alors le capitaine me dit comme ça, tu peux en planter un ici!  Devant mon bureau!  Parfait ça!  Il m'a même fourni la pelle, j'en ai une avec moi, mais pour lui faire plaisir j'utilise la sienne!  Il donne le premier coup de pelle, nous discutons en même temps je lui raconte mon premier arbre qui  pousse encore au Sénégal...

Après notre cérémonie, il me parle des navires qu'il a été capitaine dessus.  Il me montre des photos, dont une photo où il sert la main à Nelson Mandela.  Sur ce, je dois m'en aller.  Je  lui dis comme ça en passant que si jamais il verrait une dernière fois ce Nelson de lui dire que nous garderons sa mémoire et que nous travaillons pour un  monde meilleur...  J'aurais tellement aimé lui dire en personne...

Je dédie donc cet arbre à mon ami Christian...  les autres s'en viennent...   merci d'être là!

L'arbre de C hristian pour Capitaine Doc, un white Milkwood

Si j'avais les moyens, je ferais ça toute ma vie.  Mais, il faut que je rentre à la maison, et ce ne sera peut-être pas par le chemin le plus court... 

 



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Imprimé le : 24 juin 2017