Sylvain Fortier - Les projets Équiglobales

Carnet de Bord

19 août 2013

Ces histoires de propane autour du monde...

Ces histoires de propane autour du monde...

La dernière fois que j'avais rempli ma bouteille, c'était au Brésil.   Mais au Brésil, ils ne remplissent plus les bouteilles étrangères.  J'ai été chanceux, car un autre navigateur qui passait avait l'embout de ma bouteille, elle vient du Sénégal.  Donc, nous l'avions rempli en transvidant d'une autre bouteille.  L'opération avait été un peu difficile mais à trois cerveaux, nous avions réussi pas si mal à m'envoyer quelques 3 ou 4 kg.  Alors, j'étais presque heureux d'arrêter ici, en Afrique du sud, juste pour essayer de me procurer un adapteur adéquat.  J'osais espérer que ce soit le même type qu'au Sénégal.  Mais j'avais tort.  Lorsque je suis allé rechercher ma bouteille en fin de journée vendredi.  Elle n'était pas encore pleine...  Mais non, les préposés au gaz n'avaient pas trouvé la solution.  Le plus jeune d'entre eux pris alors ma bouteille en charge.  Il avait envie que ça fonctionne.  J'ai assisté à tout un spectacle.  Le plus vieux qui disait ben non!!  Ça ne fonctionnera pas, tu vas tout briser...  et le jeune qui réessayait d'une autre façon...  et le vieux qui disait encore, non!!  Tu vas tout briser...   Et celui entre les deux, il regardait la discussion entre les deux autres, il continuait à travailler en hochant de la tête.  L'un qui voulait me donner un peu de gaz tandis que l'autre lui cognait sur la tête...  C'était presqu'essoufflant de voir presque une dispute entre le pessimiste et celui qui voulait bien faire...  et il a réussi finalement!  Il ne l'a pas rempli, mais il a tout de même mis 2,5kg de gaz.  Il me remit ma bouteille et me dit tient, tu pourras au moins cuisiner un peu!  Merci beaucoup!  Mais mon problème d'adapteur n'était pas résolu.  Il me dit d'aller voir à quelques villages plus loin, il se trouve le gros fournisseur de gaz, il a tout ce qu'il faut. 

J'avais résolu de me rendre le lendemain.

Je me suis donc rendu à Resolute samedi matin.  Ce n'est pas très loin, environ 25km.  En vélo tout est plus long, il faut apprendre à prendre le temps.  Je n'ai pas amené ma bouteille mais seulement mon bruleur, plus léger et il prend moins de place.  J'ai eu un peu de difficulté à trouver l'endroit, mais après quelques indications de différentes personnes, je prenais de plus en plus confiance que je trouverais ce qu'il faut!  Une foi rendu sur place, le monsieur au comptoir regarda l'embout de mon bruleur...  Et me dit...  j'connais pas ce genre-là, j'peux rien faire pour toi...  La phrase qui tue...  Bouche bée, je me suis retiré du comptoir en laissant passer les autres...  et je réfléchis...  maudite marde, je suis au plus gros fournisseur du coin et il ne peut pas m'aider, ça va pas bien...  Finalement, lorsque tous les clients étaient sorti du magasin.  J'ai demandé au vendeur de me montrer un embout d'ici.  Je l'ai regardé attentivement et l'ai comparé à ce que j'ai...  Ils se ressemblent  en cibouleau.  Il y a sûrement quelque chose à faire avec ça, je réfléchis...  refaire des filets comme ce qu'il me faut.  C'est la solution, pas si compliqué non plus.  Il s'agit de trouver un machiniste un peu motivé.  Et sinon, on soude sur les filets et on en refait d'autres.  Ouais, mais là ce n est pas mon chum qui est en arrière de la machine...

 

En revenant tranquillement en vélo.  Je continue à réfléchir.  Et je me dis que je n'ai pas envie de me faire dire deux fois que je ne peux rien faire pour toi.  Et que si j'essaie de faire les filets comme il faut à la place avec une de mes limes à la main...  Ça peut peut-être fonctionner!?  Première chose que je fais en arrivant au bateau, analyser la situation plus en détails.  Je me rends compte que  les filets d'ici sont juste plus épais que ceux du Sénégal, donc avec un petit coup de lime le tour devrait être joué!  Le petit coup de lime s'est prolongé toute la soirée.  Environ 4h que ça m'a pris pour limer les filets sud-africains en filet sénégalais.  J'essayais après chaque 5 minute de limage voir si ça y allait...  Et oups...  le filet embarquait dans l'autre...  un huitième de tour...  Tout un cirque...  et je recommençais au fur et à mesure...  Je l'ai eu!!  J'vais pouvoir faire remplir ma bouteille!  Tout un samedi soir productif...

Dimanche matin, je me suis levé vraiment tôt.  Première journée où il ne ventait presque pas.  Je n'ai pas eu le choix de travailler sur Loréline.  J'ai changé les braquettes de l'enrouleur.  J'en ai mis des neuves, c'était nécessaire.  J'ai remonté une des winchs sur le mât.  La deuxième, je l'avais il y a une semaine.  Je devais changer les ressorts, graisser le roulement.  J'ai vérifié toutes les jonctions de l'enrouleur.  Le matin, il ventait trop pour que je prenne la chance de hisser le génois sur l'enrouleur.  Alors j'ai décidé que c'était assez pour aujourd'hui.  J'ai donc pris l'après-midi tranquille.  Je suis allé monter la montagne juste en face, il y a une superbe chute.   Les maisons sont vraiment belles.  Les gens prennent vraiment soin de leur terrain.  Il y a des arbres partout, des plantes, des fleurs et des cactus...  Des super gros cactus.   Et ce n'est pas autant barricadé que dans Cape Town.  Les gens respirent plus.

En revenant le soir, il ne ventait presque plus.  J'ai pris le temps de hisser le génois sur l'enrouleur.  Avant j'ai refait l'épissure de la drisse qui commençait à être usée.  C'est bon de sentir tranquillement que le voilier va pouvoir être fonctionnel.  Je me sens respirer un peu.  Il y a moins de boulot qu'il y avait à faire.  Et j'ai discuté avec le concepteur de mon régulateur.  Je crois que les petites modifications discutées font du sens et va lui redonner la réaction et donc l'efficacité qu'il devrait avoir.  De toute façon, franchement, de plus en plus...  les choses se dessinent tranquillement.  À la fin août, les modifications, inspections, réparations devraient être terminé.  Parce que de ces temps-ci, c'est un peu difficile à travailler, le vent, la pluie rendent les opérations impossibles.  Mais il ne m'en reste pas tant que ça à faire.  Ensuite, j'avancerai tranquillement dans l'océan...  et on verra comment ça va aller...  J'ai confiance.  Mais je ne planifie plus trop à l'avance.



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