Sylvain Fortier - Les projets Équiglobales

Carnet de Bord

14 août 2013

J'avais besoin d'énergie...

J'avais besoin d'énergie...

Je suis allé direct sur la source!

Lorsque j'arrive è terre après 47 jours en mer. C'est un peu difficile de faire de longue distance en vélo. Donc, j'y vais tranquillement. Les premièresjournées, je ne fais pas plus que 25-30 km. Le temps que le coeur et les jambes se réhabituent, j'espace d'une journée entre les séquences. Je me brûle trop sinon. Après mes premières journées de vélo, en arrivant le soir, je ne suis plus bon à rien. Je préfère y aller lentement. Après quelques semaines à terre je peux commencer à m'amuser plus!

J'ai décidé que c'était le temps d'aller à Cape Town en vélo. Il m'avait dit que mon ordinateur serait prêt lundi de la semaine passée... Il y a toujours bien des limites. Ce n'est que 45 ou 56 km, tout dépendant de la personne qui vous renseignent. Je ne sais pas pourquoi sur les cartes il n'y a pas le kilomètrage. Et je me dis que si mes jambes me le permettent, je ferai l'aller retour, sinon je prends le train pour revenir.

C'était vraiment plaisant de me lever avant le soleil et de partir à terre en annexe en pleine nuit avec ma frontale. Ça me rappelle mes navigations qui me semblent être loin dans ma tête... Je me dis toujours que je vais pédaler lentement et à un moment donné je vais avancer et probablement me rendre... C'est ce que j'ai fait, mais une fois rendue sur les pédales, pas capable d'y aller à moitié! Mais on a toujours plus le temps d'admirer le paysage en vélo qu'en voiture. Ça avançait bien. Mais la vie nous ramène toujours à l'ordre. Ce matin-là, elle m'a mise de la vitre sous les roues.

Comme de fait, je me suis dit, un petit 100km, il ne peut rien arriver! Je n'avais donc pas mon petit kit du parfait mal pris. Je n'arriverais pas aussitôt au centre ville que prévu. Mais par chance que lkes villages se suivent un après l'autre. En plus, j'ai eu la chance de faire ma crevaison à moins d'un km d'un magasin de construction où il y a è peu près de tout. En arrêtant m'informer au premier passant, il m'indiqua cette possibilité. Maybe they get spare kit! Le meilleur dans tout ça, j'avais besoin de me racheter un gros tournevis que j'avais égaré auparavant. En moins d'une heure j'étais reparti. J'ai dû prendre 3h30 pour finaliser le trajet. En vélo ce qui est plaisant, je peux faire le tour de la ville pour les magasins plus rapidement qu'à pied ou en transport en commun. Je voulais essayer de trouver des ressorts pour mes winchs. Mais, ils ne vendent plus seulement des ressorts, les blocs viennent avec. Je suis à la veille de me chercher de la broche pour m'en faire, les blocs ne peuvent pas briser, je commencerai pas à les changer par plaisir. Je me suis même rendu dans le seul magasin Harken d'Afrique du sud, je leur ai suggérer l'idée. Ça m'a permis de faire le tour des magasins spécialisés. Est-ce que je pourrais savoir pourquoi un magasin s'autorise à vendre le même kit 1 fois et demi plus cher qu'ailleurs... Un monde de spéculations... ça va nous tuer un jour... j'en reviens pas qu'on puisse tolérer ça... l'humanité.... son intérêt personnel... j'ai des frissons... maudite coscience... ça pas d'allure... et moi qui me tape des km en vélo et du milage sans émisssions de CO2... des fois je me demande qu'est-ce que je fais à faire tout ça...

J'ai rencontré un de mes plus grands alliés... J'ai demandé à un passant pour qu'il nous prenne en photo. Cet arbre là est trop beau, trop noble, il semble avoir resister au temps, résister à la ville.... au ciment... ils sont deux un à côté de l'autre, ils se tiennnet pas la main, leur racines se croisent... ils sont trop fort, ils dégagent trop d'énergie... en passant sur leurs racines l'énergie sort du sol, même pas besoin de toucher leur écorce qu'on reçoit une décharge électrique en passant par dessus... Lorsque je dis ça à mon photographe, je dois avoir l'air d'un méchant moineau. Mais si les gens comprennaient, on en couperait moins et on replanterait la planète au complet...

Mais aujourd'hui, je vois la ville. Les montagnes en arrière plan sont prises dans les nuages, recouvertent par eux. On imagine donc seulement la ville comme détacher de son environnement, l'image est très maccabre lorsqu'on y songe bien. Une ville seule sans environnement extérieur, que du béton, de l'asphalte.... et quelques arbres ayant résistés... Quelques coins de verdures... et dans un de ces coins de verdures, j'y ai croisé une personne ayant des troubles de mobilité. Unijambiste, il lui manque l'autre pied aussi, il ne peut pas se déplacer seul. Il donne l'impression qu'il dort à cet endroit, il y a des pelures d'orange dans le coin et quelques autres déchets qui donnent l'impression que c'est décidément son gite... il est assis dans le gazon et il quette aux voitures qui passent. Plutôt, il vend une revue, je ne sais pas trop c'est quoi... Habituellement, au Sénégal, j'offrais au premier qui ne me demandait rien, la moitié de mon orange... Mais lui, je lui ai donné toute mon orange. J'ai le coeur brisé et je me demande encore pourquoi on laisse des gens comme ça... On parle de l'humanité ici... c'est le respect qu'on lui porte... je suis dépassé par les évènements et continue à appuyer sur les pédales, mon vieux vélo rouillé...

Cape Town est une superbe ville malgré tout. Il y a des agents de stationnement à tous les coins de rues. Donc, c'est facile d'avoir de l'information pour se repérer. Et il y a des agents de sécurité partout! Des policiers bien identifiés dans les rues, et plusieurs magasins ont leur agent de sécurité à l'entrée. Tout est surveillé. Des hommes sandwich, en voulez-vous en v'là! J'en avais jamais vu autant que ça. Ça reste l'afrique, donc il y a toujours ces petits stands de vendeurs de fruit, de vendeur de n'importe quoi... des petits réparateurs de chausssures... ces petits fast-food improvisés sur le bord de la rue, où sont les meilleurs hot-dog en ville! J'ai toujours aimé l'Afrique!

J'ai l'habitude de visiter au moins une église à chaque endroit que je vais. Question de sentir un peu l'esprit de l'endroit. Mais ici tout est barré et barriquadé... va falloir que j'assiste à une messe si je veux sentir l'intérieur. Parfois, on voit des belles maisons. Avec des vraies murs de forteresse les entourant... Avec des pics sur le dessus... surmontés de files électriques... ils ont peur... les gens s'emprisonnent...

Pourtant, les gens sont ultra sympathique partout...

J'ai réussi à avoir mon ordinateur réparé en fin de journée. Il commençait à être temps que je rentre à la maison. J'avais fait pas mall de km dans la ville et il fallait que je rentre à la maison. Je croyais être en forme pour faire le retour en vélo. Mais la vie en a décidé autrement. J'ai fait une deuxième crevaison. Cette fois-ci, c'était la valve par contre, je n'ai jamais réussi à en réparer une. Mon fameux kit de réparation est toujours à la maison... J'ai tout de même été assez chanceux. Le prochain magasin de vélo était trop loin et il allait être fermer en arrivant, mais la station de train était à 15 minutes de marche...

Je suis arriver à mon annexe, il faisait noir. Il ventait du nord. En plein sens opposé où je devais aller. Je suis arrivé détrempé sur Loréline, la vague levée par le vent était trop forte. J'avais pas la choix, je voulais rentrer à la maison!



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