Sylvain Fortier - Les projets Équiglobales

Carnet de Bord

17 juin 2013

On largue les amarres!

On largue les amarres!

Au début de voulais partir au début juin, la première semaine.  Ensuite, étant donné les imprévus, je me voyais dans l'obligation de reporté le départ la semaine suivante, mardi que je me suis dit.  Pour conclure, je voulais prendre le temps d'être prêt, j'ai donc reporté une deuxième fois le départ à jeudi le 13 juin 2013.  Cette fois-ci, il n'était pas question de jouer avec cette journée de départ.

De même sorte que je reportais ma discussion avec le propriétaire de la marina.  Et comme j'étais persuadé d'avance, il ne voulut pas accepté sa responsabilité.  Mais je me faisais un devoir de lui rappeler quel devait être son travail.  Ensuite, je ne me battrai pas avec lui.  Je fuis les nombrils du monde et la journée qu'ils voudront entendre raison, ils écouteront.  C'est à moi à savoir me protéger d'eux.  Je dois avoir ma leçon depuis le temps. 

Je suis donc parti du Brésil avec des sentiments déchirés.  Ceux qui font à leur tête...  Et ces brésiliens si accueillant!  Si dévoués, simplement vrai!  De bonnes personnes, intéressantes connaitre, des amis que je laisse derrière mais je reviendrai un jour! 

Outre ma discussion plutôt enivré par deux idéologies complètement différente, je devais faire ma sortie du pays.  Ce que je fis mardi matin en même temps que deux comparses navigateurs.  À tous les jours je ramenais mes sacoches de vélo plein de nourriture, parfois j'y retournais une deuxième fois durant la journée.  Sans compter la communication internet que je devais faire.  Et oui, depuis mon arrivée le 30 avril, nous n'avions pas d'internet à la marina.  Mais si!! Me répondait ce fameux propriétaire, si dévoué à sa clientèle qu'il en oubliait de mettre du savon dans les toilettes, nous ne pouvions se laver les mains en sortant...

Je devais donc sortir dans un genre de cyber-café pour communiquer, d'où ma difficulté à  rejoindre mon monde.  Désolé de mon inefficacité!   J'avais tellement de choses à faire que je devais priorisé les priorités.  M'organiser pour sortir de ce trou du ras au plus vite!!

Sinon, notre dernière soirée dans le village de Jacaré fut inoubliable!  Dans la rue avec les habitants, Bougah, faisait un feu.  Sam, cet Irish y faisait du pop-corn dans un chaudron!  Les jeunes avaient leur pétard et leurs feux de Bengale.  Et les marins français comme les anglais étaient réunis chez Bougah!  Je devais me coucher tôt et j'ai dû refuser la dernière bière pour la route proposé par Sam.

Debout vers 5h00 jeudi matin, je réussi à faire les dernières petites choses malgré les quelques grains subis coups sur coups.  J'étais à l'épaule de Sam, il me demanda, are you shure that you wanna go?  Did you see the sky?

Et bien oui, j'avais vu le ciel, mais de l'autre côté des nuages j'avais aussi vu le beau soleil qui s'en venait à travers une belle éclaircie!

Il me largua les amarres!  Pendant qu'il finissait de se préparer, je faisais mes ronds dans l'eau afin de vérifier mon mât.   Ça y était, nous étions partis!  En sortant de la rivière, la mer nous attendait.  De bonne vague, un bon vent solide.  Parfait pour revérifier mon mât.  Quelques ajustements en cours. 

Mon plan de route était de suivre la côte un peu pour m'assurer  d'être proche en cas de pépin avec mon gréement.  Le vent venait du sud, je devais tirer des bords jusqu'à la nuit.  Mais la nuit tombé, un peu fatigué, impossible de bien dormir j'étais trop près du bord et je me méfiais de la terre et des cargos qui s'en venaient et ressortaient de Recife.  J'ai presqu'atteint cette ville.  Mais, l'étau se resserrait, je devais bientôt penser à passer ce contre-courant qui va vers le nord avec une vitesse de 2 noeuds à certains endroits.  Il se situe juste un peu plus au large d'où je naviguais, je me méfiais de lui, j'aurais préféré le passer plus au sud.  Mais d'un coup, le vent se calma.  Je revins donc à la réalité, si le vent tombe je suis cuit, je dérive vers les récifs.  Je dois absolument faire face à la musique le plus tôt possible...  en espérant que le mât va bien se comporter. 

Le vent était tellement à peine perceptible...  que lorsque je suis rentré dans le courant j'ai fait du reculons sur à peu près 30 miles nautiques.  J'étais sur le bord de la dépression, je me voyais incapable de passer ce courant, le vent était contre moi et le courant aussi.  La proue pointait vers le sud et je dérivais vers le nord.   J'ai donc tiré des bords pour tenter quelque chose, je ne sais pas trop quoi au juste...  Désespéré, je me voyais rentrer cet été chez nous.  Pendant une grosse heure je me suis, ça pas d'allure!  Il n'y a vraiment rien à faire je vais retourner dans le pot-au-noir!

J'ai ressorti mes chartes de pilotages, j'ai commencé à mieux étudié la situation.  J'ai ressorti aussi mes cartes météo.  J'ai regardé  le tout très attentivement.  Et j'en ai conclu, pareil comme pour traverser une rivière en canot de rafting!  Mes cours de guide de rafting m'auront toujours été très utiles!  J'ai repris confiance en la situation.  Tout n'était pas perdu!  Je dérivais tranquillement.  Au plus fort du courant, j'avais 3,5 noeuds de vitesse vers le nord....  Avec un petit penchant vers l'est...  et voilà...  après de durs moments  je traversais tranquillement le courant. 

Je suis arrivé dans le courant qui me portera vers le sud samedi vers midi.  Il m'a fallu une bonne journée pour traverser le contre-courant. 

À travers tout ça j'ai commencé à pêcher.  J'ai sorti mon arsenal.  J'ai commencé par ma simple ligne à pêche.  Merci Bob pour tes bons conseils!!  Mais elle n'a pas suffi.  J'ai dû sortir mon arme secrète.  Elle est encore à l'essai dont je ne divulguerai pas  ses détails.  C'est très technique aussi.  Et pour concurrencer les histoires de pêcheurs.  J'ai pris deux poissons jusqu'à maintenant.

Le premier je l'ai sorti lors de ma première journée de pêche, vendredi.  La journée suivant mon départ.  J'ai utilisé ma technique à l'essai.  Une fois l'arme secrète mise à l'eau, j'ai commencé à lire un bouquin et je ne vous dirai pas c'est lequel, certains d'entre vous pourraient passer de drôle de commentaires.  Mais dix minutes après m'être plongé dans ma lecture, claque!  Un poisson a mordu!    Je le remontais tout tranquillement, iln'était pas très combattif.  Il ne m'a pas donné de misère.  Un petit thon, une bonite!  Je venais de m'empiffrer un sandwich  au thon avec des oignons mayonnaise.  J'avais drôlement envie du thon!  En voilà un autre au bout de la ligne.  Mais celui-là, j'en ai mangé du frais en sushi!  J'ai pris le temps de le faire en filet pour pouvoir en manger le soir même et il en avait assez pour le déjeuner du lendemain. 

Donc, ça nous met à samedi.  Après m'être lécher les doigts de ce juteux poisson don de la mer!  Je ne pouvais faire autrement que de rejeter mon arsenal dans cet immense réservoir de chair vive!  Je recommencer alors mon cirque.  Avant de sortir l'arme secrète, j'essaie une heure ou deux juste une ligne pour voir si ça pouvait fonctionner comme ça.  Mais ensuite, je fais mon manège d'hier.  Et lorsque je m'assois pour lire mon livre.  Dix minutes plus tard! Tac!  Un poisson mord encore à la ligne!  Celui-là par contre, la ligne pli!  Wow!  On dirait une vraie bête qui tire au bout!  Elle était très combattive. Je n'ai pas le choix de lui laisser un peu de fil...  Elle en prend et je la ramène...  et elle en prend et je la ramène...  Un bout 15-20 minutes avant que je l'aperçois.  Un de ces thons!  Une bête!  En tout cas pour c'est la première  fois que j'attrape aussi gros.  Je réussi par la sortir de l'eau juste avec la ligne, bien tordue sous son poids, je n'avais pas mon pic près de moi.  En regardant dans mon livre, c'est un thon à ventre rayé, il mesure 1,04m de long et doit peser environ 10kg!  Je dois en avoir pour une semaine. 

Bien sûr, lorsque j'attrape un poisson je retire tout ce que j'ai à l'eau, je ne veux pas gaspiller de poisson.  Lorsque j'en aurai plus je remettrai ma ligne à l'eau. 

Mais le temps qu'il m'a fallu pour en retirer les filets.  Environ 1h30 pour un côté et le deuxième a été beaucoup plus rapide, la peau s'enlevait comme une pelure de banane.  Il faut tenir compte que le bateau bouge pendant ce temps-là et je ne suis pas sur une table.  Je me mets par terre dans le cockpit pour ne pas en mettre partout.  Une chance que j'avais eu le petit hier pour voir un peu son ossature.  C'était une bonne pratique.

Pas besoin de vous dire que j'ai mangé du thon de toutes les façons.  Et je fais des tests, j'en fais sécher, d'autre sera salé.  Et lorsque le stock diminuera je referai mon expérience de pêche en espérant que le truc fonctionne bien!

Le poisson que vous voyez, c'est mon premier.  Mon deuxième, vous ne le verrez pas tout de suite.  Une histoire de pêcheur se doit d'être une histoire de pêcheur!  Peut-être en prendrais-je un plus gros!

La vie est bonne avec moi.  Merci!



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