Sylvain Fortier - Les projets Équiglobales

Carnet de Bord

26 mai 2013

Essayez d'imaginer...

Essayez d'imaginer...

Un voyage qui devait prendre deux heures en a pris sept...

Le Brésil c'est un grand pays!  Un pays assez développé, très industrialisé, possédant de grandes villes avec de grandes infrastructures efficaces... répondant bien aux besoins de sa population!   Du moins, c'est ce qu'on peut imaginer vu de l'extérieur.

Alors, j'ai des petites nouvelles pour vous moi!  J'avais décidément besoin de m'évader un peu de la réalité dans laquelle je me suis mis...  Il fallait bien que j'en trouve une autre similaire!  Je me suis dit : allons décrocher à Recife!  Je me suis levé comme à l'habitude vers 5h30.  Je n'avais pas envie de courir.  Mais malheureusement je dois avoir trop pris le temps pour me préparer à partir.  Je ne voulais rien oublier.  Prendre mon premier café pendant que je commençais à faire mon sac.  Je faisais le tour du bateau du coin de l'oeil d'un coup que j'aurais oublié la veille de placer un objet parmi ceux rassemblés dans le même coin pour ne pas les oublier.  Je pensais à tout.  Ma brosse à dents, ma serviette, savon, shampoing, palme, caméra, costume de bain...   

Mais pas à tout...  Par exemple que je pouvais être pris sur la route à cause des inondations près de Recife.  Et bien oui!  Recife et ses alentours paralysés par une pluie pas si importante que ça, comme ça arrive assez souvent.  Mais le système de drainage des rues est inadéquat et dans plusieurs parties périphériques du centre-ville inexistant.  Au lieu de prendre 2 heures pour la route, il m'en a fallu 7 heures...  Dommage j'avais laissé ma caméra dans la soute à bagages.  À certains endroits, les habitants marchaient dans l'eau jusqu'à la taille.  La file de voitures sur l'autoroute ne finissait plus d'avancer  à pas de tortue et ce n'est même pas un jeu de mots.  Probablement que les gens avaient simplement de la difficulté à rentrer chez eux, alors pas moyen de sortir de l'autoroute, c'était bloquer partout.  Mais nous sommes arrivés.  J'ai réussi à rejoindre ceux qui m'attendaient vers midi à l'aide d'un bon samaritain dans la rue, il faisait nuit déjà.

Mais je ne comprends pas comment un gouvernement peut produire des jeux olympiques lorsqu'il n'est même pas en mesure de répondre aux besoins primaires de sa population.

Nos priorités font pitié à voir aller.  Divertir le peuple plutôt que de répondre aux besoins vitaux...  Après ça on se dit des sociétés évoluées et chez nous vous croyez qu'on montre l'exemple...  Va falloir réviser nos valeurs... 

Je commençais à remettre mes petits problèmes de lumière et de batteries en perspective.  Mais je crois tout de même que lorsque l'on confie quelque chose à quelqu'un, il doit en être responsable.  Mais lorsque je vois l'état de la planète, j'ai des doutes sur la capacité de l'humain à être responsable...  Il faut remettre un peu d'ordre là-dedans...

Je suis revenu de mon séjour de relaxation mercredi.  Après avoir fait un détour par une plage où...  les dauphins viennent nager près de la plage!!  Mon rêve!  Nager avec les dauphins.  Je n'ai pas réussi à leur toucher, mais j'ai nagé très proche.

De retour sur Loréline, j'osais espérer pouvoir poser le mât durant la fin de semaine.  Et effectivement, les marées étaient assez hautes pour que je puisse le faire.  Mais les gens de la marina ne travaillent pas la fin de semaine...  Si je voulais le faire.  Je devais le faire au plus tard vendredi à 16h.  J'avais du pain sur la planche.

Alors jeudi matin à la première heure, j'ai enfilé la dernière drisse.  J'ai peinturé les bouts de orange que j'avais à faire dont les barres de flèche, la bôme...  posez les barres de flèche, finaliser la tête de mât, je dois l'enlever pour poser les galhaubans.  J'ai commencé par les mesurer de nouveau pour être sûr de ce que j'avais.  Ensuite mon mât commençait à ressembler plus à un mât.  Les étais...  je les ai sortis et mesurés aussi.  J'ai eu peur qu'ils soient trop courts de 14 pouces...  J'avais deux chiffres dans mon livre, l'un sans ridoir et l'autre avec.  Je m'imaginais une solution de rechange...  Il a fait chaud un bon 30 minutes.  Le temps que je regarde bien comme il faut mes notes, j'ai remesuré le hauban sur le quai.  Jusqu'à ce que je réalise que je devais bien rajouter aussi le ridoir sur celui-ci...  il était donc de la bonne longueur...  Parfois je suis capable de me faire des belles peurs.  En posant l'étai, avant de lui mettre son ridoir, j'en ai profité pour assembler l'enrouleur de génois.

Et mon moteur, ce petit diable qui m'en veut parce que je le délaisse.  Il avait de la difficulté à faire passer son poison dans ses veines.  Une petite révision rapide et hop! Une petite tape sur les fesses pour lui dire que je vais tout de même essayer de lui faire plus attention.

Après deux jours de labeurs intenses, il ne me restait que quelques heures avant que la cloche sonne.  Et plusieurs haubans  restaient dans le fond du bateau que je devais réfléchir à leur longueur, couper et installer.  En y réfléchissant bien, j'ai décidé de mettre un vieux pataras.  Afin d'éviter de faire une erreur de coupe.  Et mes bas haubans je ne les poserais pas tout de suite.  Je me sauvais beaucoup de travail et de cassage de tête, et je voulais surtout mon mât debout rapidement, ensuite je ne pourrai pas me tromper dans les longueurs des haubans.

Une fois le vieux pataras mis en place et tous les bouts attachés temporairement sur le mât, avec l'aide de 5 autres marins, nous avons apporté le mât à la potence.  Dont un marin, mon cousin français déçu de ne pas m'aider à transporter la potence, tenait la caméra.  Il ne se doutait pas que c'est très utile pour moi.  J'avais été déçu des deux journées de préparation, car il pleuvait et je n'avais pas été capable de prendre d'images des mes étapes.  C'est pas mal d'ouvrage prendre des images tout en travaillant, ça prend deux fois plus de temps.  Le temps, je ne l'avais pas et entre deux pluies de 5 minutes espacées de 15 minutes, ce n'est pas le temps de jouer à la mère lorsque l'on veut que les choses se fassent.  Une fois Loréline sortit de son trou qui la gardait prisonnière depuis plus de 6 mois...  Je lui ai présenté l'étrave vers le large...  Quel bonheur, elle se secouait les reins!  Mais ce n'était pas tout de suite ma belle, il fallait reprendre possession de son panache avant.  Patience!  Une fois juste à côté de la grue manuelle,  son panache fut relativement facile à mettre à sa place. 

Monter dans le mât du voisin c'est bien!  Mais monter dans le nôtre c'est encore mieux!  Et en plus, la sensation du mât en le grimpant, il a l'air comme neuf, souple et rigide, sans aucun jeu nulle part!!  J'ai hâte d'essayer ça.  Mais avant il y a encore une multitude de petits détails à faire et vérifier!



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