Sylvain Fortier - Les projets Équiglobales

Carnet de Bord

6 mai 2013

Un petit coup de lime par ci...

Un petit coup de lime par ci...

Je commence à écrire, il est dimanche matin.  Je me suis levé, comme à tous les jours vers 5h.  J'ai toujours apprécié ces moments de quiétude.  Rien ne bouge dehors! Le soleil se lève tranquillement.  Il est temps de commencer la journée tranquillement.  Comme dirait le marin que j'ai rencontré ici même la marina : Tout se passe tranquillement en navigation. 

 Ils sont rares les Américains que j'ai rencontrés sur l'eau.  Un bon vivant qui s'est même construit son annexe rigide en bois et fibre de verre.  Il a compris, c'est la meilleure annexe à avoir.  Mais ça prend le bateau pour l'entreposer lors des navigations.  Je rêve du jour où...  Peu importe, il est sur l'eau depuis maintenant 30 ans...  J'ai du pain sur la planche...

Comme tous  les matins, il y a des pêcheurs qui viennent sur le bord des voiliers tirer leur filet qui s'ouvre en cercle avec des plombs.  L'autre matin, un vieux de la vieille tirait une pierre à l'eau.  J'imagine pour faire peur au poisson.  Je ne comprends pas trop, il tire le filet à la même place que la roche...  Jusqu'à maintenant, je n'ai pas vu de poisson se faire sortir de la rivière.  Mais j'aime bien les examiner, j'aimerais bien avoir un petit cours un jour.  Mais je ne suis pas là pour ça...  Je dois réparer mon mât...  Ah oui!  Vous devriez les voir, les pêcheurs arrivent à moteur et tranquillement ils l'éteignent et termine leur manoeuvre à la rame...  J'aime bien!

Mon voyage en avion s'est bien passé.  J'étais assis à côté d'un brésilien qui étudie aux États-Unis.  Parfois je me trouve incroyable, nous avons commencé à nous parler une heure avant l'arrivée...  Parfois, je suis dans ma bulle!  Ou était-ce un concours de circonstances... 

La dimension de mes paquets...  maudite marde...  Le téléphoniste d'Afrique du Sud de la compagnie aérienne américaine m'avait dit 50 livres maximum par paquet!  Exactement comme ce qu'il était écrit sur le site internet.  Mais une fois à l'aéroport, je pouvais charger 70 livres dans chacun! 

Deux de mes paquets sont restés pris à Miami.  Nous n'avions qu'une heure entre les vols.  Ils n'ont sûrement pas eu le temps de tous charger.  Je n'étais pas seul à faire la file pour la réclamation de bagages.  En avant de moi, une Brésilienne dans le même avion depuis Montréal.  Je n'avais pas le choix de lui demander si elle parlait français ou anglais.  Je suis bien tombé, elle fait un doctorat à Sherbrooke!  Sa soeur venait la chercher, elles m'ont transporté jusqu'à mon arrêt de bus.  C'était une journée fériée et semble-t-il que c'est plus dangereux ces journées-là...  Elle me dit en plus que j'avais l'air d'un touriste!  J'aimerais bien un jour avoir l'air simplement moi-même...  Je devrai faire avec, parce qu'après quelque jours, ma peau se disputait avec le soleil à savoir si je ne recevrais pas des coups!  À un moment donné il faut se rendre à l'évidence.

Cette journée de congé signifie aussi qu'il n'y a pas de train cette journée-là.  Je suis vraiment mis dans la misère, parce que mon chariot en aluminium n'a pas tenu la route du tout, je n'ai pas pu faire de longue distance.  Les roues se sont usées très vite et le faible cadre d'aluminium à bientôt fait de tordre sous la charge.  Une chance qu'il y avait deux paquets restés à Miami!  Je n'aurais pas fait 500 pieds.  L'autobus pour aller à Joao Pessoa c'était facile, mais ensuite, il fallait que je prenne le bus de ville, un peu plus difficile.  Mais les Brésiliens sont tellement sympathiques, il y en a toujours un pour m'indiquer ou me prévenir de quelque chose.  Mais si je parlais portugais, je m'intégrerais tellement mieux, j'ai tellement l'impression de passer à côté de toute une culture.  Ce n'est pas avec des olà, Bom dia, obrigado, que je vais à la rencontre du peuple, de la culture...  sociologue mal chaussé que je suis, blanc comme un drap avec un chapeau de touriste pour éviter de cramer au soleil.

Loréline quant à elle...  Elle va bien, baignant paisiblement dans son milieu naturel!  La lumière de proue cassée, 6 pouces d'eau dans la cale, quelqu'un avait bloqué l'éolienne, donc les batteries se sont vidées et la pompe a arrêté de fonctionner...  Les planchers ont eu le temps de se tordre et de craquer...  Bon, au moins elle n'est pas dans le fond de l'eau, il y a moins de travaux à faire qu'il y aurait pu en avoir.   Encore une fois, par chance que je n'avais pas tous mes sacs.  Le temps de faire un ménage sommaire, vider l'eau.  Ranger un peu le nouveau matériel qui rentrait progressivement.  Mes deux autres sacs sont arrivés 36 heures plus tard.  Juste comme je commençais à voir clair un peu.  Donc, c'est vendredi matin que je recevais le manchon.  Je pouvais commencer à regarder la partie critique du travail à faire.  Sans mât, un voilier n'avance pas.  À travers toutes les autres petites pacotilles.  Enlever de la rouille par-ci, par-là.   Commencer à réparer la main courante...  Reposé le pied du chandelier qui avait été tordu.  Il y a même un soudeur qui est passé sur le ponton par hasard, j'en  ai profité pour lui faire souder la base du balcon avant.  Il avait été déchiré.  J'ai eu le temps de commencer à sabler le côté de la coque brisé par la tête de mât.

À travers tout ça, quelques brassées de lavage, certaines choses sentaient la moisissure.  Et c'est le cas de le dire brassée, je fais tout à la main.  J'ai fait un peu de vélo pour me rendre à l'épicerie, il faut bien que je mange.  C'était ma première mission, après avoir asséché les fonds de cale, sortir le vélo et manger!

Maintenant, je commence à mieux dormir, à travers un paquet de haubans, autant mes vieux que les neufs, je me trouve un petit coin.  Le lit en avant est plein et il reste encore du matériel sur celui d'en arrière.  Je ne sais pas trop pourquoi, mais j'aime ça dormir dehors!

Je viens de comprendre, la roche c'est pour faire à croire aux poissons qu'il y en a un qui vient de sauter, comme ça probablement que les prédateurs risquent de venir faire leur tour!!

Je suis lent à comprendre, mais quand j'enregistre, ça reste sur le disque dur!

Le petit coup de lime, je ne vous en ai même pas parlé...  Bien sûr que le manchon n'allait pas rentrer du premier coup, il avait été un peu trop bien ajusté.  Alors j'ai ressorti la lime...  et j'ai limé...  et je m'en suis blasé, il y en avait trop à enlever!  J'ai donc sorti la meuleuse ou rectifieuse!  C'est plus rapide.  Mais ne désespérez pas mes bons professeurs de lime 101, j'ai terminé avec des bons petits coups de lime!!  Afin d'enlever toute limaille possible.  Et je terminerai au papier sablé...  Toutes ces soirées passées à apprendre à limer n'auront pas été vaines.  Il va me rester à apprendre à pêcher le poisson!



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