Sylvain Fortier - Les projets Équiglobales

Carnet de Bord

25 mars 2013

Plus de 5 semaines...

Plus de 5 semaines...

Comment dire le mot réparer... 

Pas si facile de nos jours...  suite à mon démâtage...  j'avais décidément amoché mon enrouleur de génois!  Sur le moment je n'avais pas eu d'autre choix.  Essayez d'imaginer un mât de 38 pieds de long cassé en deux parties égales qui traînent dans l'eau.  Au milieu de nulle part, il n'y a pas de grue de disponible.  L'idée c'est de remonter les pièces à bord sans aucune autre aide mécanique que ce qui se trouve à bord du voilier...  Sans compter le spaghetti  (le haubanage)  qui traîne partout entremêlé à travers les voiles, la bôme...  Comment s'appelle ce jeu qu'il faut retirer une tige de bois sans que tous les autres s'écroulent.  C'était un peu la même chose sauf grandeur nature.  Besoin de beaucoup d'imagination et de sang-froid.

À un certain moment donné, j'ai dû utiliser un de mes merveilleux cabestans.  C'était plus facile de repêcher le premier bout de mât avec une drisse qui passait à l'intérieur.  Ces images sont assez complexes à décrire d'autant plus difficile à visualiser!  Essayez seulement d'imaginer un mât de 38 pieds sur un voilier de 30 pieds...  quelque part, en essayant de remonter le mât à bord, si l'enrouleur est toujours accroché sur la proue, il est assuré de plier.  Mais pourquoi Sylvain tu ne l'as pas décroché?!  Réponse bien simple...  Lorsque je remontais mon gréement à bord, je prenais bien soin d'avoir plusieurs sécurités afin d'éviter de tout échapper en mer, le fond est assez profond, difficile de plonger pour récupérer des pièces.  Alors avant d'enlever une sécurité, je m'assurais d'en avoir d'autres.  Et lorsque je remontais ce bout de mât, c'était assez difficile d'être sur la proue et sur le cabestan à l'arrière du voilier en même temps.  En voyant l'enrouleur commencer à décrire un arc... je me disais que c'était un moindre mal...  Il n'y avait pas de miracles à faire!

C'était pourtant bien simple.  Il me suffisait simplement de changer les connecteurs qui jointent les sections de l'enrouleur.  Une affaire de rien je me disais.  En vente dans tous les bons fournisseurs de pièces... 

C'était là que le fun commençait...

Parce qu'en réalité les pièces sont discontinuées...  Les fournisseurs de la compagnie de cet enrouleur ont fait le tour des possibilités, à partir d'Europe jusqu'en Amérique du Sud...  J'ai fait des téléphones jusqu'à un fournisseur au sud du Brésil.    L'étau se refermait tranquillement sur les possibilités.  Avec des moyens restreints, les solutions suivent aussi.

Est-ce qu'il faut vraiment se rendre à une pénurie mondiale pour qu'on prenne conscience que la matière est finie sur la planète? Ou bien vont-ils arrêter de produire des pièces discontinuées, ou bien pour être plus claire...  arrêter de produire de nouveaux modèles à tous les ans...  et tout ça pourquoi...  pour nous imaginer que l'on peut produire à l'infini...

Sacrament des fesses...  Probablement que même si j'avais eu les moyens...  mon chum m'aurait dit on va te le réparer mon gars...  Au début, il n'était pas trop sûr de la possibilité de reproduire ces pièces qui à première vue semblaient compliquées à faire!!  Mais en étudiant la chose comme il faut...  Mmmmhhh...  Il y avait moyen de faire quelque chose avec ça.  Il est parti de rien, un cylindre d'aluminium plein et du UHMW.  Plusieurs séances ont été nécessaires avec quelques cassages de têtes, un peu de jus de coude, de bons outils et de la patience.  J'ai eu mon voyage de terre en fin d'après-midi dimanche.  Les pièces finalisées au grand complet, on n'a plus besoin de penser à ça.  Et ce qui a été le plus plaisant dans cette conception, c'est l'apprentissage dont j'ai eu droit.  Je commence à être un peu machiniste sur les bords.  Maudite m....  que c'est plaisant la vie!  Réaliser que ce n'est pas si compliqué, s'agit d'être bien outillé et de le vouloir aussi... 

Mon enrouleur est surdimensionné pour la grosseur de mon voilier, alors pourquoi vouloir en acheter un neuf, lorsqu'il fonctionne encore très bien?! 

Et là, je ne vous raconte pas tout...  C'est à n'en perdre les culottes ces histoires là...  Mes ridoirs sont sans sertissage.  Donc, je les installe moi-même.  Parmi  mes anciens ridoirs, il y en a 6 qui sont encore bons.  Mais en les dévissant, j'avais brisé les olives qui se trouvent à l'intérieur afin que les haubans rentrent à sert.  Mais bien sûr, celles que j'ai commandées n'étaient pas de mêmes dimensions que les anciennes...  je vous laisse  deviner la suite.  Un autre acharnement mental s'ensuivit.  Un petit tour de magie et le tour était joué...  C'est le cas de le dire...  Pour Noël, j'aimerais un tour...  une meuling...  une usine finalement!!

Vous pouvez voir sur la photo le cerveau de la gang...  et une partie des pièces ainsi crée...

La photo d'en haut, le profil de l'enrouleur avec la vieille connexion insérée. 

Celle du bas, les nouvelles pièces sont à droite et à gauche la moitié des anciennes.

Y'a fait chaud, mais on l'a eu!  Comme je disais si bien à mon équipe du vendredi ou je travaillais, des machines...  avec des sentiments...



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