Sylvain Fortier - Les projets Équiglobales

Carnet de Bord

4 février 2013

Il faut rester éveillé...

Il faut rester éveillé...

Durant plusieurs années, j'ai réfléchi,  j'ai parlé, j'essayais de convaincre l'inaction...  Cette paralysie que je ne comprenais pas...  Et par la suite, j'ai commencé à faire.  Non pas que j'ai déjà été passif, mais j'ai plutôt renforci en moi l'idée de la proaction.  Au lieu d'agir en réaction à une situation, je décidais d'agir avant que l'action ne devienne inéluctable.  Encore la semaine passée, j'étais sur mon vélo, comme à tous les deux jours environ.  J'attendais à une lumière lorsqu'un passant me dis : Il ne fait pas chaud, hein! 

Pour être franc, j'ai toujours de la difficulté à répondre à une phrase comme celle-là.  D'autant plus lorsque la personne semble trouver pénible la température ambiante.  Le confort, la facilité nous paralyseraient-ils?  Une fois pris dans la complaisance, il nous serait laborieux de nous en dissocier?  La nature humaine au fond serait-elle oisive?  Recherchant depuis le début des temps les méthodes afin de s'exempter le dur labeur de la vie, cette nature serait devenue frileuse...  Mais vers où croyons-nous que nous courons de cette façon?  Mais le vrai plaisir n'est-il pas dans le chemin suivi plutôt qu'à la ligne d'arriver?  Et une fois parvenu, que nous reste-t-il à faire...  Quoi d'autre que recommencer...  Pourquoi alors ne pas savourer ce que nous vivons quotidiennement peu importe l'ampleur de la difficulté vécue?

Ayant de la difficulté à m'exprimer à l'écriture, j'ai cherché un proverbe décrivant bien la situation :

Rien sans peine, pas même le vrai plaisir ! L'indolence n'est pas la mère des jouissances, mais de l'ennui, tandis que l'activité donne à la fois au travail son mordant et au loisir sa saveur.  Rien sans peine, rien de grand surtout ! C'est l'effort qui augmente la force et la langueur qui rend impuissant. La mollesse est un poison, la paresse un suicide. Consentie ou non, l'inertie est le crépuscule de la mort pour l'individu. Passez, malheureux qui vous êtes ensevelis vous-mêmes sous la chape de plomb de l'oisiveté.

Henri-Frédéric Amiel 

Ensuite, je continuais à lire.  Et j'ai trouvé une phrase qui décrit bien l'état du monde à l'heure actuelle. 

L'homme ! Il vit, mais ne dispose pas de sa vie ; il pense, mais ne sait rien ; il vit en troupeau, mais c'est un individu ; c'est un individu, mais il est incapable de vivre seul ; il fait partie de la nature, mais il la détruit pour la transformer en biens sociaux ; et par son activité il finit par anéantir aussi bien la nature que la société. Pourtant, le pire est qu'il s'est imposé des lois qu'il n'est pas capable de respecter : ainsi, il est obligé de vivre dans le mensonge et le mépris.

Imre Kertész

Pour ma part, je crois profondément que nous avons le choix. 



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