Sylvain Fortier - Les projets Équiglobales

Carnet de Bord

23 novembre 2012

Destination hôpital...

Destination hôpital...

J'avais bien dormi et réfléchi...  j'avais décidé de faire confiance...  C'est l'inconnu qui fait peur...  Ne suis-je pas ici pour découvrir?  Ma mission était bien simple ce matin, trouver l'hôpital qui fait le genre d'opération dont j'ai besoin.  Et me renseigner sur la possibilité d'opération, le délai d'attente, un peu tout quoi...  En me levant, je fais toujours un peu de communication, entre autres, je finalise mon carnet de bord.  Donc, ma journée commence un peu plus tard.  Mais j'en viens à bout, et juste après ou en même temps, je travaille un peu sur le bateau, question d'avancer les travaux.  Ça me permet de mieux penser à ce que j'écris.  Et en écrivant, ça m'aide à faire le point.  Ensuite, j'en déduis d'autre chose parfois.  Donc, c'est en écrivant mon carnet de bord ce matin-là que je finalisais ma réflexion.  De là, je partais avec l'idée de faire confiance, juste après son envoi mercredi matin.

Vers 9h30 heure locale, j'étais prêt à sauter sur mon vélo.  En sortant du bateau, je croise l'employé de la marina.  Il n'a que du bien à dire à propos de l'hôpital que je cherche, il m'indique même à peu près son emplacement sur une carte.  Environ 22km à faire, parfais ça.  Notre discussion n'était pas achevée, que mon agent de la police fédérale arrive et nous salue!  Je ne le reconnais pas sur le coup.  Mais il s'avance et entame la discussion.  Je lui raconte que je cherche à me faire opérer...  Je lui présente un numéro de téléphone d'un chirurgien spécialiste de la main que je me suis fait référer à l'hôpital des traumas où je suis allé hier.  Il prend le papier et appelle le médecin.  Il lui explique la situation.  Il me dit que c'est parfait, le médecin sera là cet après-midi.  Je lui montre un papier que j'avais écrit en Portugais ( parce que si je n'essaie pas d'apprendre et je me fis toujours sur quelqu'un pour me traduire, jamais que je n'apprendrai, j'ai même commencé à apprendre les chiffres dans mon agenda...) afin d'expliquer ma situation plus facilement à tous ceux que je rencontrerais à l'hôpital.  Je ne me ferai pas prendre deux fois à faire des pieds et des mains pour expliquer quelque chose d'aussi banal.  Encore mieux que ça, il décide d'écrire une note en bas de la page.  Signée de sa main, agent de police fédéral...  Je n'ai donc pas pu refuser son invitation à venir me reconduire, sa copine habite dans le coin de l'hôpital...  J'embarque mon vélo dans l'auto...

Sur le chemin, il me dit, que je mène une bonne vie, alors pas le choix, il faut que ça me soit rendu...  Une fois rendu à destination, il prend même le temps de venir avec moi à la réception leur expliquer la situation.  Lorsque tout l'hôpital est au courant, il me quitte en me disant s'il y a quoi que ce soit, appelle-moi en me laissant son numéro de cellulaire perso.  Par la suite, c'est sûr que les préposés voulaient me prendre une radio graphie...  mais nao, nao fatura...   Ils ont fini par comprendre...  Je savais que le médecin décèlerait facilement sans radio.  Je n'ai pas reçu de coup, c'est impossible qu'il y ait une fracture.  En regardant ma coupure qui ne paraît presque plus, le chirurgien n'en est  pas revenu qu'elle soit aussi belle...  Crazy Glue...  Super bond...  les autres riaient de la situation...  je crois que le médecin n'en revenait pas...

Alors je ne suis pas encore sûr que je me fasse opérer ici.  Mais l'opération commence à être urgente.  Il me dit que le tendon n'est peut-être plus assez long, il devra peut-être prendre une partie d'un autre sur un autre doigt...  Mais que c'est une petite opération, et que je peux facilement ressortir le jour même.  J'attends des nouvelles pour un rendez-vous.  La liste d'attente est longue.  Mais étant donné l'urgence de l'opération, il veut essayer de me passer rapidement.

Sur le chemin du retour...  J'ai croisé le plus beau couple du monde sur leur vélo deux places.

Le monsieur m'a interpellé lorsque je passais à côté d'eux.  Je n'ai pas eu le choix de me retourner en les voyant...  le monsieur a déjà fait tout le Brésil en vélo.  Et là, ils s'en vont à Rio...

Son rêve à lui, de naviguer... et moi d'être accompagné...

J'ai eu des nouvelles pour l'opération ici au Brésil.  Le spécialiste a l'air vraiment intéressé à faire l'opération, pour lui ce doit être un petit bonbon, après tous, il ne fait que des gros cas de traumas où il y a du sang partout.  Alors entre deux traumas, se détendre sur un petit doigt...  Mais, je dois absolument faire la file à l'hôpital.  C'est une question de 3 ou 4 jours d'attente.  Sur le coup, ça ne me plaît pas beaucoup.  Mais ensuite les gars me disent, tu pourras t'amuser avec les infirmières...  tu vas sûrement en rencontrer une de ton goût...

Ouais l'être humain n'a vraiment pas évolué depuis le début, il n'est guidé que par son instinct de se reproduire et de dominer l'autre...  Quoi que se reproduire, c'est une bonne méthode d'apprendre la langue...

En parallèle, mes voiles sont déjà recousues!!  J'ai eu la chance de rencontrer un couple qui navigue depuis des années.  Ils ont une machine à coudre à bord et ils gagnent leur vie à rapiécer les voiles sur leur chemin.  Ils sont vraiment bons et sympathiques en plus, des cousins!!

Autre petite anecdote, comme s'il ne m'en arrivait pas assez!!  J'ai tellement fait de boutiques sur le bord de la route principale afin de trouver différentes pièces pour les réparations...  Hier je m'en allais porter, toujours en vélo bien sûr, mes dernières pièces à faire souder et mon chandelier à faire détordre.  Je crois avoir trouvé un bon machiniste qui ne fait pas mal tout.  C'est tellement drôle, en pédalant sur la route, les gens me reconnaissent, alors on s'envoie la main.  Ils ne savent pas pourquoi je suis là.  Sauf que j'ai démâté, ce sont les seuls mots que je connais, mastro quebrado.  Mais je ne passe tout de même pas inaperçu, en vélo, avec mon dictionnaire à essayer de baragouiner des phrases qui ne sont que du code morse pour l'instant.  Mais je crois qu'on s'aime bien.

Ah oui, une autre chose!  Hier, sur la route, je suis arrêté pour m'acheter des bouchons pour les oreilles afin de mieux dormir les nuits qu'il y aura de la musique.  Le magasin semblait avoir de l'équipement de protection.  En prenant mon portefeuille, j'avais un petit crabe accrocher sur mes sacoches.  Mais comment a-t-il grimpé là?  Il a fait une quinzaine de km bien accrocher sur mes sacoches.  Je l'ai donc débarqué, ça me fait peur ces bibittes-là.  Et il a aussi tôt remonté à bord...  J'aurais bien voulu le ramener à la maison, mais j'avais vraiment trop de route à faire, il se serait fait écraser d'une façon ou d'une autre...  Il se promenait sur la roue!  Un équilibriste...



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