Sylvain Fortier - Les projets Équiglobales

Carnet de Bord

5 novembre 2012

Gréement de fortune

Gréement de fortune

Suite à une décision précipitée de revenir à Jacare afin de diminuer les frais de marina et de retrouver la petite communauté de marin internationale, mon jeu du touski à bien fonctionner.   Maintenant je suis capable de monter un mât de fortune.  Je suis donc reparti jeudi matin très tôt, le 1er novembre vers 6h30, à marée haute bien sûr.  Comme depuis le début de mon voyage, le vent ne voulait pas coopérer, cette journée-là il avait tourné à l'est...  Ma voile de fortune n'a pas été très utile.  Elle servait de support psychologique...  plus qu'autre chose.  Mais en restant près de la côte, je réussissais à dépasser un voilier au loin à l'horizon, qui lui, était pris dans le courant qui descend vers le sud!!  Moi, j'avais presque un noeud et demi de contre-courant montant vers le nord!  Finalement, mon pilote automatique m'a fait défaut en plein milieu du trajet.  Il est vieux et je ne croyais pas l'utiliser de toute façon, il a surchauffé.  Vivement les voiles et le régulateur d'allure.  Parce que toute une nuit, à la barre.  Après une journée de navigation...

Je suis rentré à Jacare sur la fin de la marée montante du matin, vendredi.  Juste à temps pour m'accrocher sur le ponton d'accueil avant le revirement de bord du courant de marée.  Brûlé physiquement, mais rendu à destination.  Des marins sont venus m'accueillir...  Après un récit assez bref, j'avais besoin de dormir...  ce que je n'ai pas vraiment fait, mais je me suis au moins reposé quelques heures...  Cette journée-là, j'ai défait mon gréement de fortune, examiné un peu le tout.  Franchement, il y a du boulot...

Et mon petit doigt qui semble ne pas vouloir revenir.  Je regarde sur la photo du 31 octobre, on voit mon doigt dans les airs, et bien c'est ça, il ne répond pas d'un côté, il ne plis plus, mais il a un peu de force pour se déplier.  J'ai l'impression d'avoir sectionné les tendons qui le referment...

Bon, en tout cas, je lui fais de la physio régulièrement.  Hier soir, je l'ai attaché avec son voisin afin qu'il reste le plus fermé possible, d'un coup que les tendons se ressouderaient...  Sinon, si c'est juste ça.  Mais c'est là que l'on se rend compte de l'importance d'une si petite partie de notre corps.  La poigne n'est pas aussi efficace.

Samedi, je suis allé chercher du bois pour me faire des tréteaux afin d'y déposer mes pièces de mâts pour pouvoir les couper comme il faut.  Je croyais m'en faire quatre.  Mais le transport du bois en vélo a limité la quantité de cette précieuse matière.  En après-midi, j'ai réussi à en concevoir que deux.  À l'égoïne, et au marteau, je n'avais jamais pré percé du bois pour pouvoir y planter un clou.  J'ai d'ailleurs toutes cassé mes petites mèches (une dizaine environ) et un peu plus je sortais mon huile de coupe...  C'est tu assez fort à votre goût.  Et c'est du bois de moindre qualité que j'ai acheté...  je n'imagine pas le meilleur. 

Dimanche, j'étais donc prêt pour la coupe de ces bouts de mâts.  Le plus  compliqué est le traçage, il faut être droit au maximum.  Après avoir reçu l'avis de certains cerveaux dans le coin.  J'ai dû réfléchir plus, car les solutions n'étaient pas satisfaisantes.  Par chance, j'ai des chums perfectionnistes qui m'ont déjà ouvert à certaines méthodes pour le traçage d'une courbe sur du plat.  J'ai donc trouvé la méthode parfaite...  Et avec une scie à métaux, je me sentais mieux qu'avec un outil électrique.  Ce dernier est trop efficace et c'est trop facile de faire une mauvaise coche.  Alors à la main, je crois avoir fait une coupe presque parfaite, à quelques millièmes près.  J'ai donc coupé les trois bouts de mâts à réparer, car le pied doit être fait aussi, les rivets ont arraché des bouts.  Chose faite, il me restait qu'un dessin à faire avec des cotes pour pouvoir diffuser le profile ainsi trouver un manchon ou bien en faire un.

Pour ainsi dire, je n'ai pas eu le temps d'arrêter et de réfléchir vraiment sur tout ça.  Mais hier soir, dimanche en fin de journée...  Un ami m'a suggéré de me renseigner auprès d'un français ayant fait le tour du monde en solo, il a démâté aussi, mais dans des circonstances beaucoup plus dure que les miennes.  Faites une recherche vous allez trouver Alain Kalita sur internet.  J'ai beaucoup réfléchi en écoutant cette vidéo.  

Je crois que je suis en train de perdre la raison...  La raison pour laquelle je fais tout ça...  voyez-vous?  Ce n'est pas pour revenir chez moi en avion...  C'est le chemin de la facilité...  celui contre lequel je me bats...  sans me battre vraiment, mais celui  que je dénonce...  celui qui nous détruit... qui détruit l'humanité...  faut que je trouve le moyen autrement...  J'ai épuisé mon crédit...  je suis allé au bout...  je suis devant un mur...  il ne faudrait pas que je vende mon âme au diable en personne...

Donc aujourd'hui, je dois aller faire mon entrée au port de Cabedelo pour commencer.  Ensuite, j'enverrai quelques messages à des compagnies qui semblaient intéressées à mon départ, j'ai sérieusement besoin d'un coup de main.  Je me donne deux semaines pour me revirer de bord et trouver quelque chose...  il n'y a pas de sinon possible...

Si vous êtes une compagnie et que vous êtes intéressé à soutenir ce projet innovateur, simplement à m'écrire, j'étudierai toutes les possibilités.  Merci de votre attention.



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