Sylvain Fortier - Les projets Équiglobales

Carnet de Bord

7 octobre 2012

La nuit porte conseil!

La nuit porte conseil!

La nuit porte conseil!

Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais c'est lorsque je me réveille que j'ai souvent mes idées de génie.

Alors je me réveille.  Et je me dis, si j'ai un bouquin à écrire, je sais comment je vais le commencer!  Je redéfinirais ce qu'est l'Humain et la Société à ma manière, en cherchant les racines de chacun d'eux.  Je crois que leur définition dans le dictionnaire est incomplète.  On définit des choses et avec le temps on en perd les racines, l'évolution sans doute...  Mais quoi, il faut des bons outils pour travailler.  Commençons par bien définir les choses, ce serait déjà un bon pas dans la bonne direction.  Mais sur ces définitions je ne vous en dit pas plus, à votre tour de réfléchir, il faut bien que je me garde de la viande un peu, sinon il ne me restera plus rien.  Je donne tout et je ne pense même pas un peu à moi-même...  alors, passons!  Mais qui est-il, lui pour redéfinir des mots?  Rien de plus et rien de moins qu'un être humain avec des idées...  Le meilleur dans tout ça, c'est que je crois avoir inventé un mot!!  Mais ça fait déjà quelques années de ça, il ne reste plus qu'à le proposer à l'Académie française. Peut-être un jour...  Revenir aux racines...  Qu'est-ce que la vie, pourquoi la société, l'être humain est fait pourquoi !????

Je me suis couché pour faire un somme aujourd'hui afin d'être en forme ce soir.  Je n'ai pas beaucoup dormi dans la nuit d'hier à cause de deux dépressions.  Et ce soir, je passe l'équateur pour la première fois de ma vie!!  Je voulais m'assurer d'être réveillé au moment du 0 degré 0 minute de latitude.

Présentement, je suis de travers au vent.  Sa vitesse est d'environ 20 noeuds, ma grand-voile est arrisée à deux ris.  Je suis très conservateur sur ma toile parce que la mer est méchante.  Ce matin, elle était courte et violente, ce qui ne nous aidait pas pour progresser, il est impossible de prendre de la vitesse dans une mer comme celle-là.  Elle ne fait que cogner cette coque qui ne cherche qu'à se frayer un petit chemin.  À cette heure-ci, elle est plus douce.  Sa hauteur se situe entre un à deux mètres, parfois un peu plus.  Mais elle a rallongé, je parviens donc à la monter lentement et à la redescendre tranquillement.  Parfois, elle cogne c'est sûr, lorsque ça lui chante.  Bang!  Comme ça, en passant un petit coup de masse!  Les chaudrons ont fait volte-face!  Cling! Cling!  La vague balaie le pont au complet, le cockpit se fait asperger d'un bout à l'autre.  J'ai bien fait de faire mon somme à l'intérieur.  Mais enfin, la vitesse commence à avoir de l'allure.  5 noeuds c'est respectable.

J'avais perdu mon albatros depuis le pot-au-noir!  Je ne le voyais plus.  Disparu, ou bien c'était un oiseau du nord.  J'avoue que cette zone est une vraie barrière.  Les oiseaux doivent s'en ficher pas mal.  Mais toujours est-il, ils m'en ont envoyé un autre.  Comme ça gratuitement, je ne sais pas s'il va rester, mais il est encore mieux que l'autre.  Il est plus brun.  Plus agile encore que le premier, on n'arrête pas le progrès!  C'est sa deuxième journée à m'escorter.

Je vous jure que c'est impressionnant la mer.  Le voilier est gîté à 20-25 degrés et puis là, on monte et on descend ces montagnes de mer...  Et tout d'un coup, il y en une plus grosse que les autres qui vient soulever et même projeter cette masse de 12 000 livres qui devient subitement et momentanément encore plus gîter.  On sent littéralement la masse de Loréline se soulever d'un bout à l'autre et vous êtes à l'intérieur, la vague, vous l'avez juste en dessous de vos pieds...  Incroyable, impressionnant faut le vivre!!  Et à travers tout ça, je me demande ce que je vais manger, faut qu'il y ait un chaudron qui serve ce soir...  Mais tout est plus compliqué, le simple fait de couper des oignons, les mettre dans une poêle, ils sont aussi bien se ramasser sur le plancher!!  L'envie de nous casser la tête nous passe facilement, croyez-moi!  À chaque coup de couteau, obliger de prendre une pose, se tenir sur le poteau, sortir le pied le plus loin possible  afin d'affliger à cette jambe un angle le plus petit qu'il soit avec le sol afin de ne pas être projeter, redonner un coup de couteau... 

Je ne crois pas que de passer l'équateur en voilier change un homme, je m'en vais toujours planter des arbres au Brésil...  distribué un peu d'énergie!

Faites pas les fous !

 

Je vous laisse avec une image d'une partie de ce fameux pot-au-noir que la vie m'a servie il y a de cela...  quelques jours...  si bien apprêté...



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