Sylvain Fortier - Les projets Équiglobales

Carnet de Bord

2 octobre 2012

Première pêche ce matin!

Première pêche ce matin!

J'avais remarqué hier soir, une petite bande de poisson se logeant sous le ventre de Loréline. Trois poissons foncés et un plus pâle à la chair d'apparence rocailleuse. Ce dernier était légèrement plus gros que les trois autres, il semblait celui d'expérience. Cette bande sortait de l'ombrage de temps à autre lorsqu'ils voyaient quelque chose se passer plus loin, ce put être une simple bulle d'air qui passait, un brin d'algue ou bien tout autre OFNI...

Je ne suis pas un bon pêcheur, surtout pas un bon tueur... Mais cette fois-ci, si je ne mange pas du poisson, je n'en mangerai jamais!! Je devais ramener ma ligne qui traînait en arrière qui était complètement inutile à 50 m d'ici. Comme les pêcheurs me l'avaient bien dit, j'avais quatre appâts sur la ligne, j'aurais pu en mettre plus, mais bon... Alors une fois la ligne ramené à bord, je me suis amusé à leur jeter ces appâts à la gueule... Ma foi du bon Dieu, j'avais beau leur jeter et leur rejeter, ils daignaient mes leurres... Je repensais aux pêcheurs sénégalais que je regardais faire... Ils tirent... ils relâchent... ils tirent... ils relâchent... et ce mouvement perpétuel sans relâchent.... Mmmh! Alors, j'essayai subitement cet effort! Oups! Les poissons réagissaient, mais sans trop... Alors, j'essayai plus ardemment!! Par mouvements plus brusques! Oh! Oh!
Les poissons s'excitent plus!! Je commence à comprendre des choses... Alors je commence à tirer sur la ligne et relâcher rapidement... les poissons n'en peuvent plus... ils ont faim... il y a quelque chose qui se passe!! Le plus gros mord à l'hameçon!! Mais pas assez, elle ne pique pas comme il faut! J'ai l'impression que l'hameçon était trop gros... Alors je me revivre de bord et je me dis, attends un petit peu toi! Je vais me gréer d'autre ligne à pêche et je reviendrai, reste tranquille à l'ombre et j'espère qu'il n'y a pas trop d'algues accrochées là dessous afin qu'il te reste un petit appétit! J'ai donc passé le restant de la journée à gréer d'autres lignes à pêches. J'ai sorti tout mon attirail dans le cockpit et je me suis assis tranquillement en choisissant des leurres appétissants. Pendant ce temps, j'ai eu la visite d'autres copains. J'avais vu une bande semblable dans le nord de cet océan en juillet. Mais je ne peux savoir leur espèce. Une sorte de dauphins peut-être? Ils sont venus sentir le bout du nez de Loréline.

En passant leur chemin, je me rends compte que nous n'allons pas du tout à la bonne place. Suite à notre empannage, ces bestioles remarquent que nous les suivons, ils nous ont donc attendus avant de poursuivre. J'ai eu le temps de sortir ma caméra, mais en la sortant... virement de bord inattendu... Je vous dis ce vent, cette brise, ce souffle d'un mort agonisant... est difficile à gérer et demande toute mon attention sinon il y a toujours une vague ou quelque chose qui nous fait perdre notre route et toute ma patience aussi infime soient-ils et si mal définis... Cette nuit-là je devais dormir dehors... Bon d'accord, je dors dehors depuis plusieurs semaines maintenant. D'ailleurs, la première nuit passée à l'intérieur fut celle de dimanche le 30 septembre. Je parle de nuit... c'est plutôt quelques heures d'accord?! Je ne dors jamais plus de quelques heures à la fois. Ce somme, devrais-je dire, fut pris à l'intérieur, car il pleuvait, je n'avais d'autre choix. Mais sinon, lors des coups de vent possible, je m'oblige à dormir ou somnoler à l'extérieur. Alors donc, le somme de la nuit passée fut à l'extérieur afin de m'assurer de ne pas perdre quoi que ce soit comme souffle qui passerait par ici! Bien sûr j'ai gardé un oeil ouvert toute la nuit sur ce fameux GPS qui m'assure de la trajectoire finale de l'expédition, il y a souvent un courant de l'océan qui nous fait dériver (justement, le fait d'être arrivé trop tôt en longitude, m'a fait pénétrer dans un contre-courant si on veut, celui qui me pousse vers l'Afrique ) aussi une dérive due simplement à l'effet du vent. Durant les derniers jours, j'avais une dérive totale pouvant aller jusqu'à 50 degrés... C'était la première fois cette nuit que j'arrivais à photographier la lune comme il faut, j'ai trouvé le truc, je crois! Je me suis levé lorsque j'ai senti une légère brise... Mais Loréline était difficile à se tenir seule. Je devais rester près afin de donner un petit coup de barre de temps à autre. Même qu'au début j'ai dû tenir la barre la première, ensuite j'ai pu la lâcher un peu. Ce n'est que vers 13h UT que je crois que le vent devient stable avec une certaine puissance, même l'éolienne nous parle une fois de temps en temps. C'est bon signe! Ce matin, j'ai taquiné le poisson! J'ai essayé le leurre qui me semblait le plus attrayant! Non, vraiment pas, ils en ont eu peur... J'essaie un autre alors! Oh! Oui! Les trois plus foncés sont dessus, lequel l'aura en premier, mais au début ils sont farouches. Mais ensuite, vlan! Le plus poisson des trois mord à l'hameçon... Je ne lui laisse pas de chance, ils sont petits. Alors je le monte presque tout de suite sur le pont. Mais au fond de moi -même, ça a été un peu trop facile, il gigote, il veut se défaire. Je le laisse donc faire. Il n'est pas bien ferré, donc il se décroche donc de l'hameçon. Je ne cours pas après. Il a été trop facile, je me dis. Si je suis dû pour en avoir un, j'en aurai un tout de suite après. Alors, ma capture se rejette à l'eau par elle-même... Ça ne me dérange pas, elle n'est pas blessée du tout. Dans la minute qui suivie avoir changé de leurre, car j'ai craint que l'hameçon ne fût pas bon, je remets la ligne à l'eau à la même place. Le plus vieux, je ne le revois pas vouloir mordre. Hier soir, il a eu son compte. Alors, il se tient loin des trois jeunes qui s'essaient. Les trois se jettent immédiatement sur l'appât! Dans l'espace d'une minute, l'un des trois est pris à l'hameçon! Il se rue dessous le bateau. Mais il est petit, je ne le laisse pas se battre bien longtemps. Je le remonte facilement. Mais cette fois-ci, je suis décidé à lui faire voir ma poêle à frire! Je le mets tout de suite dans le cockpit. Où il ne peut s'échapper. Il est vraiment beau, il est doré. C'est peut-être une dorade, mais pas Coryphène. Je n'ai pas ce poisson dans mon livre. Lorsque sa vie s'éteint, il devient blanc comme les dorades... Il a une ligne foncée au-dessus de la tête! Je prends bien le temps de me faire de beaux filets, j'enlève même la peau! Je jette les restes par-dessus bord, je me dis de toute façon, ses copains vont bien manger les bouts qui restent.

Eh bien, j'en ai vu trois poissons sortir du dessus de la coque... Mais où était le quatrième durant tout ce temps?! Une fois le travail terminer, je suis convaincu que si je voulais je les aurais tous à bord... Pour m'en convaincre, je remets ma ligne à l'eau juste pour les titiller voir... absolument, mon leurre et ma technique sont excellents dans les circonstances... Mais je les laisse vivre... La mer n'est-elle pas le meilleur conservateur d'aliment que nous ayons?! S'ils veulent bien me servir de repas, ils y seront encore demain... Et rien de mieux que de la nourriture fraîche...



« Retour

Sylvain Fortier - Les projets Équiglobales
2591, boulevard du Versant Nord
Québec, Québec, Canada
G1V 1A3
Téléphone : 418 928-8378
Courriel :

Imprimé le : 20 août 2017