Sylvain Fortier - Les projets Équiglobales

Carnet de Bord

28 septembre 2012

La morale de l'histoire...

La morale de l'histoire...

Lorsque l'on est persuadé de quelque chose, on serait mieux de vérifier une autre fois encore, attendre un peu avant de parler... je me tournerai la langue sept fois...
Ce matin, j'étais persuadé, je tirais mon dernier bord. Un peu avant le lever du soleil, en me levant mon cap était de 120 degrés avec la dérive due au courant. C'était un ciel des ténèbres, couvert de ces nuages qui n'attendent qu'à vous engloutir. Je suis dans la zone qui ne produit que des cumulonimbus. J'entendais le tonnerre gronder à quelques endroits autour de moi. Je vire donc de bord. Maintenant bâbord amure, le vent venait du sud sud-ouest ( environ de cette direction, car il change constamment dû à l'activité intense au niveau de ces latitudes). Wow, nous faisions un bon cap maintenant, presque directement sur Salvador. Je regardais les prédictions météo... Si tout se maintient, le vent tournera tranquillement... et hop!! On rentre à bon port!!
Ben voyons donc!! Où avais-je la tête? Je ne suis même pas sorti de la zone de convergence encore!! Une heure plus tard dans les maritimes, c'est le cas de le dire... le vent s'essoufflait... une mauvaise vague poussait la proue, le génois à contre... virement de bord sans le vouloir... oups... le monsieur était pas de bonne humeur! Le cap variait cette fois-ci entre 90 et 120, aussi bien dire que je retourne en Afrique! J'essaie de rétablir le cap, pas moyen. Là je suis vraiment heureux... Je dérive, il n'y a plus de vent du tout et j'ai une vitesse variant entre 1 et 2 noeuds, vers l'Afrique!! J'enroule le génois, et affale la grand-voile à un ris, pas étarquer au point d'écoute, de cette façon elle peut faseyer sans claquer. De cette façon, je suis certain que ce n'est pas un vent du ciel qui me fait dériver. Le voilier roule, tangue, il fait tous les temps un peu comme un manège à la ronde, mais sans aucune séquence. Donc, il y a vraiment beaucoup de plaisir à subir ce mouvement. Quelqu'un qui a le mal de mer n'a pas envie d'être ici actuellement. Je me sens vraiment au 7e ciel. J'implore le ciel de me ramasser au moins, un coup de vent quelque chose... Je veux juste avancer quelque part.
Je n'avais pas besoin de lui demander, c'était déjà prévu dans le scénario! Le nuage noir se dessinait, m'engouffrait tranquillement. Mais je m'en suis bien tiré. Seulement avec un ris, ce n'est pas un gros coup de vent. Mais j'en ai profité pour récupérer un peu d'eau de pluie! Ça fonctionne vraiment bien. J'ai même eu le temps et assez d'eau pour me laver au complet, les cheveux aussi. L'eau sortait en abondance de la chute de la grand-voile.

J'ai donc pris dans le pif, quelques nuages comme celui-là ce matin. Je me considère vraiment chanceux, car sinon je faisais fausse route. Et après tous ces coups de vent, comme par enchantement, mon albatros réapparaît comme à tous les coups. J'en reviens juste pas, un oiseau peut-il adopter une embarcation comme ça... j'ai mon voyage de terre... et le plus drôle, le copain de mon hirondelle le suivait juste en arrière. Et là, j'ai remarqué une différence entre sa queue et celle qui est venue mourir sur Loréline. La tâche sur sa queue est différente, à moins que j'aie mal vu, ce serait peut-être une différence entre mâle et femelle... je vérifierai...
J'ai toujours été bon pour me remettre en question, mais dorénavant, lorsque je penserai que c'est le dernier bord, je me tournerai la langue 7 fois!! Merci, malgré tout, aux coups de vent!

Le corps a besoin d'entraînement pour être en forme, pour être souple...
L'esprit aussi... en a besoin, j'ai hérité de l'impatience de mon père, je m'entraîne là-dessus, prendre les choses comme elles viennent, pas facile...
Mais vous savez, les questionnements, les coups de vent, la dérive aux oubliettes, ces tourments, ces ténèbres, de l'eau plein la face... Non seulement tout ça, mais c'est ici, dans cette zone de convergence que l'on peut admirer le mieux les formations nuageuses se produire. Il y en a partout, tout autour de vous. Et ce, pendant plusieurs jours... J'y suis arrivé autour du 24-25 septembre et j'en sortirai d'ici peu... donc j'y serai resté environ une semaine. J'ai donc pu voir, toutes sortes de formations nuageuses... de ces stratocumulus d'où bourgeonnent certains pour devenir les plus grands de cette atmosphère. C'est tellement majestueux, je ne trouve pas le terme, de voir les nuages se développer, comme un chou-fleur qui pousse. On les voit en temps réel se faire! Et il y en a partout, donc sous tous ses angles on peut les voir. Certains vous tombent dessus avec leur décharge de pluie, certains autres ne font que passer en vent... On peut voir aussi parfois des altocumulus simplement, j'en ai vu en pleine nuit. Comme si le ciel se fragmentait en boule de coton... Splendide!! Laissant passer au travers, la lumière de quelques étoiles... La lune est présente presque toute la nuit de ces temps-ci, alors on voit bien les nuages! Parfois, il y a des éclaircies. Ceux-là passent rapidement, le temps de sécher la peau mouillée par l'eau du dernier coup de vent!

Mais en fait, il n'y a pas de règle dans cette zone. Les conditions climatiques changent tellement rapidement, donc le vent peut varier subitement ou bien une autre fois être régulier un certain bout de temps et changer ensuite lentement. Les vagues sont alors très souvent irrégulières et indéterminées. Tout un coup, oups, il y a une vague de 2 mètres... D'où elle sort celle-là?! Ce sont sûrement des vagues croisées qui en ont formé une plus grosse... et la voilà! sorti de nulle part! Sinon, la mer varie d'un moment à l'autre, mer croisée... le plus souvent... très souvent assez inconfortable...
Alors qui a envie de venir faire un tour de bateau à oualle!!



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