Sylvain Fortier - Les projets Équiglobales

Carnet de Bord

26 septembre 2012

Hirondelle juchée sur la barre franche de Loréline

Hirondelle juchée sur la barre franche de Loréline

Actuellement il y a une hirondelle juchée sur la barre franche de Loréline!

Elle s'y est pris combien de fois?  J'étais à l'intérieur à faire de la communication par radio amateur.  Et je l'ai vue du coin de l'œil, elle voulait passer par l'arrière dans l'arche sur lequel se situent les panneaux solaires et tout le reste.  Durant le temps que nous avançons...  Loréline, elle se brasse les fesses d'un côté comme de l'autre se frayant un chemin à travers les vagues.  Et je vois cette puce jouer à l'acrobate...  Elle réussit à passer à travers l'arche, mais elle manque son atterrissage sur la barre...  continue son envole... revient en arrière du voilier, s'en ligne de nouveau...  réussis à mettre les griffes sur la barre, mais elle est vernis...  donc ne réussis pas à s'accrocher...  elle reprend son envole...  et recommence ce cirque une dizaine de fois.  Certains moments elle réussit à s'agripper plus longtemps, quelques minutes, j'ai même eu le temps de prendre des images.  Je la croyais bien en place, je croyais lui servir à manger et à boire.  Mais décidément, elle la barre ne cesse de bouger, elle reprend son envol.  Elles sont deux!  L'autre arrive près du balcon arrière et voit les planches expressément faites pour s'asseoir et relaxer.  Elle en emprunte une partie extérieure.  Du premier coup!  Pas de vernis, donc la prise est plus facile!!  Elle se sent en sécurité, donc elle prend le temps.  Une dizaine de minute peut-être, tandis que l'autre réessaie son exploit...  Mais abandonne après le premier essai.  Lorsque je retourne, celle sur la planche vient se nicher sur la barre!!  C'était peut-être la première, je ne sais plus.  Elles se ressemblent effectivement.  Mais celle-ci semble plus petite avec le dos du cou plus proéminent.  Les épaulettes teintées bleu marine, la gorge jaune beige, un col brun, la poitrine et le ventre blanc.

Hier, comme tous les jours depuis mon départ, cet albatros vient me saluer.  Mais hier, il insistait comme jamais auparavant.  Il m'a même adressé la parole!  Lorsqu'il était assez près du bateau!  Je ne le comprenais pas.  Mais il insistait...  Son vol au ras de l'eau tendait à s'approcher de nous.  Que vois-je alors?!  Une tortue...  Et bien oui!  Il m'indiquait une tortue à la dérive qui se laissait flotter.  Elle prenait son air sortant la tête de temps à autre.  Je passais près d'elle, à une centaine de pieds environ.  Je voyais cette grosse masse passer son chemin par l'arrière...

Les dauphins sont farouches quant à eux lorsque le voilier n'est pas en mouvement.  Ils doivent avoir peur de cette grosse masse inerte.  Probablement qu'ils pensent qu'elle est blessée, donc dangereuse s'ils approchent.  Je les ai vus aussi dimanche.  Assez loin, environ 200 mètres.  Ils nageaient tranquillement.  Je ne leur voyais que le dos et leur nageoire dorsale sortir de temps à autre.

Le temps semble passé tellement lentement parfois, personne pour me distraire, je jouerais bien aux cartes.  J'ai tellement bossé durant la dernière année que même lorsque j'ai du temps parfois, j'ai envie de ne rien faire...  Et je dirais même plus, lorsque le bateau n'est pas en mouvement, c'est encore pire...  la motivation baisse à son plus bas niveau...  Et ce n'est pas parce que le bateau est quasi stationnaire qu'il ne bouge pas...  je n'ai pas vu la mer d'huile depuis longtemps...  je ne la souhaite... mais lorsqu'il y a une houle aussi petite soit-elle...  le voilier, lui, il roule...  alors vous imaginez le confort à bord!!  J'ai besoin d'une certaine stabilité afin d'être à l'aise pour faire quelque chose, un minimum!  Mais j'aime bien justement, prendre le temps de me distraire avec tout ce qui bouge autour de nous...

 

L'hirondelle s'est approchée de moi, je suis dans la descente, elle est venue près de la porte...  j'ai allongé mon bras, peut-être trop rapidement...  elle est repartie...  30 secondes plus tard, elle revint sur la barre.  Et la voilà prendre son aise sur un banc dans le cockpit...

J'ai déjà eu un oiseau sauvage qui était venu dans mes mains, une fois sur le fleuve!! 

Maintenant, elle s'est endormie!! 

Trop concentré par petit bout de vie...  j'oublie de naviguer...  je fais cap vers l'est maintenant...  bâbord amure...

J'essaie alors de sortir sans la déranger, elle se lève la tête, me regarde, me laisse passer sous le vent...  je la contourne...  je règle le régulateur... pour faire un virement de bord... oups elle prend son envol, me passe entre les bras...  comme par hasard...  pendant que je choque les écoutes, elle essaie de revenir...  elle manque son coup...  je reviens à l'intérieur pour lui laisser l'espace pour faire ses manœuvres...  elle revient aussi tôt sur la barre du premier coup, pendant que je vous écris ces lignes elle s'est rapprochée de la porte de la descente, juste en dessous de la capote (comme disent nos cousins français) ou du dodger en québécois....  la pluie tombe doucement, je crois qu'elle s'est mise à l'abri...  j'espère juste qu'elle ne perdra pas son copain pour un amour éphémère...



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