Sylvain Fortier - Les projets Équiglobales

Carnet de Bord

24 septembre 2012

Mon plaisir!

Mon plaisir!

Sortir de la baie de Hann à la voile, sans même penser une seconde à la tentation du diable!!

Je m'en viens bon!  Selon la météo, le vent devait être du sud-ouest toute la semaine.  J'ai pour mon dire, si j'attends après la météo pour partir, je risque d'attendre longtemps.  Pour décider de la journée de départ j'attends d'être prêt, parfois même plus ou moins...  et là, je fixe la journée s'il n'y a pas d'ouragan en vue.  Ensuite, prêt pas prêt j'y vais!

 La journée où j'ai levé l'ancre de la baie de Hann, il y avait un vent du sud.  Un vent parfait pour faire de la voile, tirer des bords pour sortir de la baie, question de se réchauffer, vérifier si nous n'avons pas tout perdu durant cette escale!  Et tant qu'à faire, mettre le diable de côté!  J'examine alors le terrain de jeu.  Deux voiliers en arrière possiblement problématiques, sinon les autres autour sont loin, à distance convenable hors de danger.  Mon oeil décide que j'ai de l'eau pour la manoeuvre...  Après avoir tout rangé bien sûr, rouler l'annexe... Je vérifie si je peux tirer sur l'ancre à bras...  D'accord,  le voilier avance, alors je serai bon.  Je lève la grande voile, le vent n'est pas assez fort pour prendre un ris.  Ensuite, je libère toutes les écoutes afin de pouvoir dérouler le génois rapidement et d'empanner dès que possible, il faut que tous les cordages soient près à être utilisé.  Je me dirige sur la proue de Loréline, je fais le tour de l'horizon pour être sûr que je n'ai rien oublié...  Tout a l'air normal.  Je tire sur l'ancre tranquillement, le voilier avance tranquillement, je prends le temps de rentrer la chaîne dans sa baille en même temps.  Excellent réchauffement pour les bras.  Arrive la fin des 100 pieds de chaîne, reste l'ancre à décoller.  J'appuie mes pieds comme il faut sur le balcon avant.  En forçant de tous mes muscles sur la chaîne, l'ancre ne décolle pas tout de suite, mais en maintenant la force, je la sens...  elle décolle....  vite! vite! vite!  Je remonte la chaîne, je poste l'ancre sur son davier assuré rapidement sur un taquet.  Le voilier commence à culer, je cours en arrière.  Il tourne à tribord, du côté que je ne voulais pas ...  J'ai moins de place de manoeuvre.  Avec la barre, je l'aide à tourner.  Le mouvement ne se fait pas rapidement, il manque d'inertie.  Du même coup, je déroule le génois...  Une petite course s'installe.  Le vent est maintenant de travers.  Mais la vitesse pas suffisante pour passer le voilier en arrière, qui était plutôt une dizaine de mètres à tribord.  Je dois alors rester à bâbord de lui.  Mais je manque d'inertie pour vraiment bien faire le virage, je choque l'écoute de grande voile.  Loréline prend de la vitesse, gagne de l'inertie...  et hop!!  Je frôle le voilier...  j'empanne du même coup!  Et je me retrouve vent de travers tribord amure pour passer juste en arrière du voilier qui était juste en arrière de moi au départ!!  Je pourrais lui toucher la coque de la main, mais j'ai les mains pleines...  la barre dans un pied...  les écoutes dans les mains je les choque et borde chacun leur tour...  je fais du sport présentement...  J'embraye donc le régulateur, ce qui me permet de me lever la tête et d'apercevoir les autres voiliers.  Je les passerai tous par l'arrière, ensuite je lofe auprès du vent.  Je sais qu'il y a des filets de pêcheurs dans cette baie, je devrai donc tirai quelques bords pour en sortir.  Je reste attentif.  Je salue pour une dernière fois certains pêcheurs qui passent près de nous.  J'ai le bonheur de passer entre l'île de Gorée (la photo)et le Cap de Dakar. 

Ensuite, je m'en vais vers le pot-au-noir...   je n'ai pas le vent idéal pour  aller vers l'ouest descendre dans le goulot le plus mince du pot-au-noir.  Au départ, je croyais tirer des bords pour aller le rejoindre...  Mais finalement, il me semblait que le vent n'était pas mal du tout, avec un cap presque direct vers le point où je descendrais franc sud.  Le cap était bon effectivement, mais je n'avais pas pensé que le pot-au-noir est plus grand qu'on le pense, il monte assez haut en latitude.  Je me suis donc retrouvé dedans plus tôt que prévu...

Le vent a commencé à diminuer considérablement samedi après midi.  Pour me laisser tomber complètement 24h plus tard.  Le temps est long sur l'océan à essayer de sentir s'il y a une moindre brise et de tenir le voilier dans un cap qui semble bon lorsque la peau sent quelque chose. 

Juste avant la nuit je voyais l'horizon qui me réservait quelque chose, il était noir abusivement...  et les nuages semblaient prendre du panache!| Un petit coup de vent s'ensuivit quelques heures après le coucher de soleil.  Juste pour avancer un peu, quelques miles, et dormir un peu... une heure peu-être...  ensuite la pétole...

La nuit a été longue...  il y avait toujours une légère houle, les voiles qui se lamentaient, un bruit au mât que je n'ai pu détecter  la provenance.  Il est survenu juste après avoir pris un ris afin que la grand-voile arrête son bruit de coulisseau de bôme...  La nuit a été longue à ne pas dormir, un oeil sur le compas, une main sur la barre...  Je regarde le GPS...   j'avançais parfois dans la bonne direction parfois vers l'est... avancer... à 0.5 noeud...  si le vent peut se lever...

Par grâce ce matin, je me suis levé...  j'étais entre-deux-eaux, dans un sommeil comateux...  une brise me soufflait à l'oreille!!  Aller, largues ton ris!  Le temps de décoller mes yeux et nous étions repartis!



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