Sylvain Fortier - Les projets Équiglobales

Carnet de Bord

21 septembre 2012

Satisfait de mon passage au Sénégal

Satisfait de mon passage au Sénégal

Je suis vraiment satisfait de mon passage au Sénégal.  Rien ne s'est passé comme j'avais prévu.  Mais somme toute,  peut-être mieux que j'avais espéré...

Après la journée de plantation à l'université, je suis retourné voir l'équipe au Parc de Hann.  Bien sûr ils m'ont offert le thé.  Servi à leur manière, il est trop bon!  Ensuite, ils avaient une livraison de plants à faire aux Almadies.  D'accord, je les ai accompagnés.  Pour ce que j'ai fait...   Ce n'est pas mon genre de regarder faire les autres lorsqu'il y a quelque chose à faire!  Mais, le propriétaire m'a fait visiter sa demeure pendant que mes amis faisaient le vide de la marchandise.  Je m'en suis bien tiré, mais j'ai toujours une conscience avec ça.  Je me reprendrai bien un jour.  En revenant à la pépinière, le responsable m'a dit : si tu veux des badamiers, j'en ai pour toi!  D'accord!  j'en prendrai quelques-uns!  Mais ici, en Afrique, il faut savoir que rien ne se passe comme nous l'avions prévu...  J'ai bien essayé de le revoir ce Lieutenant Dione, mais il travaille trop.  Je suis même passé à la maison.  Il a une belle famille.  Je reviendrai le voir un jour dis-je à sa femme.

En contrepartie, j'ai trouvé!!  Quoi ?  Des badamiers sur la plage!  J'étais allé voir dans une pépinière privée.  Mais eux ils cultivent plus les plants commerciaux, ceux décoratifs.  Probablement plus payant!  Mais moi j'avais besoin de plants qui résistent à l'eau de mer, l'air salin.  Lieutenant Dione m'avait dit des cocotiers ou des badamiers.  Mais ces derniers font un meilleur ombrage quant à moi, c'est le but recherché!  Cette pépinière m'a tout de même donné un de ses arbres, qui était laissé pour compte dans un coin.  Le monsieur me dit que c'était une bonne cause que je défendais, cet arbre avait besoin que quelqu'un s'en occupe.  Prends-le, il est pour toi, plante-le, donne-le à quelqu'un qui en prendra soin...

C'était bien, mais je voulais en planter plus d'un sur la plage.  Où allais-je en trouver...

Parfois on cherche, mais ce que l'on cherche est à portée de main...  Il s'agit de lever les yeux, regardé un peu plus loin que le bout de ses pieds, que le bout de son nez...  C'est en descendant de la passerelle du club de voile sur la plage.  C'était samedi matin, la journée après la plantation à l'université.  Je regarde un peu autour, des pêcheurs, des pirogues, des chiens, quelques arbres, en dessous de l'un d'eux...  Mais qu'est-ce que c'est?  Je m'approche tranquillement, un monsieur s'approche de moi en même temps...  Nous nous saluons, poignée de main, il parle français!  Cet homme est un sage...  un vieux sage...  En dessous de ses badamiers, il en fait pousser d'autres avec des graines qu'il prend des arbres matures.  Il me dit qu'il y en avait bien plus avant sur la plage, mais les pêcheurs ont besoin de place pour leur pirogue...  Que pouvons-nous leur reprocher...  N'avons-nous pas fait pareil chez nous?  Couper des arbres pour laisser placer à nos machines, nos rues, nos maisons, nos industries...  Que pouvons-nous reprocher à un peuple qui veut se développer, de prendre le même chemin que nous avions emprunté?  Cette discussion pourrait prendre une autre direction que mon travail premier...  planter des arbres...

Alors, je lui en achète un pour commencer.  Ce n'est pas tout d'avoir des endroits pour les planter, il faut trouver des méthodes pour les protéger des moutons et des hommes.  La plage n'est pas un endroit sûr pour un arbre!

Ces deux premiers, nous les avons plantés en face de la maison de ma petite famille.  Entourés de pierre ils sont.  Cette journée-là, j'ai aussi aidé à la mise en place d'un tuyau de fausse sceptique.  C'était dimanche.  Comme à l'habitude, le soleil était parmi nous.  Il fait trop chaud.  Mais, je m'adonne bien à partager leur dur labeur quotidien.  Je réalise beaucoup de choses dans ces moments.  Et je crois que ce ne peut qu'être motivant pour eux de voir qu'il y a un blanc qui est là pour autre chose que seulement tirer profit d'eux.  Cette journée-là, j'ai bien discuté avec un frère rencontré en attendant mon père.

Je crois que les gens ont apprécié le geste que nous avons posé.  Je crois aussi qu'ils en prendront bien soin, ils savent que c'est pour eux les arbres.  Leur donner un peu de fraîcheur, de l'air pur et de la bonne énergie! 

Mais je continuerai à dire qu'il est bien facile de juger les autres, mais de se regarder nous, ce que nous faisons, juger nos gestes quotidiens est une tâche bien plus complexe.  Alors oui, ces arbres sont pour eux!  Mais le geste est bien plus pour nous, regarder ce que l'ont fait, se juger soi-même...



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