Sylvain Fortier - Les projets Équiglobales

Carnet de Bord

10 septembre 2012

Arrivée à destination, baie de Hann, Dakar, Sénégal!

Arrivée à destination, baie de Hann, Dakar, Sénégal!

Ancrage le dimanche 9 septembre à 22h45 UT.

Sur la photo, vue du côté nord de la presqu'île, dans le coin de Yof, banlieue de Dakar, on voit bien Les Mammelles, la tour de contrôle de l'aéroport, pis le clown qui raccommode son génois qui rague...

Comment résumer cette arrivée?!  Si vous regardez mon positionnement GPS...  Vous constaterez que je suis arrivé du mauvais côté de la presqu'île de Dakar!  Je pourrais dire que je voulais faire le tour pour admirer le paysage...  voir la ville de Dakar sous un autre œil...  Après avoir marché plusieurs de ces rues en 2008 lors de mon premier séjour, j'avais eu un bon aperçue de sa vie intérieure, ses marchés, ses marchands, ses racoins, ses habitants, ses mosquées!!  Franchement, j'avais vraiment apprécié toutes les facettes de cette grande ville.  Tellement j'y avais pénétré profondément, certains marchands me disaient à leur plus grand regret, tu commences à être sénégalais!!  J'espère donc!  C'est une partie de moi maintenant!  Mais comme je suis sociologue à mes heures.  J'aime bien voir les choses de différentes facettes, sous différents angles de vision.  Ça nous permet de voir des choses que l'on n'aurait pas vues autrement.  On analyse les choses de façon différente avec un peu de recul!!

Alors j'avais fait le souhait de pouvoir longer la côte de Dakar...  Au fond de moi-même...  car certaines occasions, le vent ne nous permet pas d'aller exactement aux endroits où nous voulons...  La loi de la nature!!  Je pourrais ici vous entretenir sur quelque chose que j'avais réalisé justement ici même!!  La comparaison entre un oiseau et un avion...  L'oiseau, lui lorsqu'on le regarde voler...  il suit ce que le vent lui dicte, les différences de pression, il va selon ce que la nature veut bien...  Mais un avion lui va droit au but!!  Il défie les vents, les différences de pression, les nuages...  Il va!!  En ligne droite...  Ça porte à réflexion sur la technologie versus la nature...  Je vous laisse réfléchir là-dessus, sinon je pourrais m'éterniser...  Je traiterai ce sujet ailleurs...

Alors, pour faire une histoire courte d'une histoire qui allait me prendre des pages pour en faire le tour!!  Depuis les Canaries, voiles en ciseau, rien ne bouge...  Vendredi soir...  Hi! Hi! Hi!  Pas drôle du tout...  On approche des côtes, mais surtout de l'endroit où les perturbations peuvent devenir des ouragans...  On ne sait jamais, en deux temps trois mouvements... coup de vent! On est prêt pour écorner les bœufs...  mais celle-là je l'ai vu venir. 

Il a plu des cordes 30 minutes environ.  Le temps d'enlever le sel que j'avais sur le corps.  Et ensuite les cumulonimbus sont apparus au loin.  Ils s'en venaient.  Mais je croyais les avoir dépassés avec ce coup de vent.  Le vent était de travers et nous roulions à 6.0 nœuds.  Mais j'avais tort.  En quelques heures, ces nuages de 53 000 pieds ( je me suis fait dire par après) me recouvraient complètement...   Cette différence de potentiel faisait jaillir des éclairs de partout.  J'étais encerclé et je continuais d'avancer, après avoir pris mes 3 ris et enroulé le génois ( il ne me restait presque plus rien en avant, nous faisions des pointes de 7.3 nœuds.  De travers aux vagues, le cap était mauvais, je ne pouvais pas remonter ce vent, la mer passait par-dessus bord régulièrement.  Je ne pensais pas descendre dans le bateau, je me sentais obligé de rester sur le pont au cas où je devrais faire un coup vite.  J'étais encore nu après cette douche d'eau douce, c'était la douche d'eau salée! 

Après cette nuit-là, car je n'ai pas dormi, j'étais brûlé!  Mais le jour venu je ne m'endormais pas, le soleil est trop chaud...  J'arrivais à devoir prendre une décision.  Je tire un bord maintenant ou j'attends.  Peut-être au bord le vent adonnera mieux...  Mauvaise décision, j'ai tiré un bord juste avant de me coucher le soir directement vers la côte.  Je savais qu'en cas de fatigue extrême ma montre ne me réveillait pas.  En fait, j'ai appris beaucoup cette fin de semaine.  J'avais bien regardé, je savais, que je passerais au nord au cas que je ne me réveille pas...  Mais si le vent avait changé et si... et si...  je suis passé à un mile de nous échouer, à 15 minutes environ...

Si bien que, j'ai dû longer la côte de Dakar, j'espère que les images seront bonnes.  J'ai pris la journée au complet pour faire le tour de la presqu'île de Dakar.  J'ai eu le temps en masse de réfléchir sur mes torts et aussi de faire de la couture.  Je vais l'avoir mon taud d'ici à l'année prochaine!!  Le vent était faible, mais il m'a bien servi toute la journée.  Et nous avons terminé en beauté avec un vent de travers, directement entre l'île de Gorée et la pointe de Dakar, où le passage est prohibé!!  Je pensais à toi Yves, tu m'avais dit ça passe par là!!  Je me suis souvenu que j'avais passé là en 2010 avec Le Romarin II, Dieu aie son âme, il est encore ici.  J'avais bien peur qu'il finisse pourri, comme plusieurs autres, pourris dans le fond de la baie!!  Ce n'est pas mon voilier.  Le mien!  J'aime ben mieux aller l'échouer dans la baie de Beauport ou bien sur une plage à Dakar!  Au moins il navigue!!  On commence à avoir du millage ensemble.  On termine un autre lègue de 2300 miles et des poussières.  Pour cette année 4 800 miles.  35 000 miles devant l'étrave!

Pour aujourd'hui, allons voir ce que nous réserve la terre!



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